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Le calvaire de Basso
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Publié 23/05/2005 à 14:00 GMT+2
Malade, vidé de ses forces, Ivan Basso a vécu un véritable chemin de croix lors de la 14e étape du Giro, dimanche. Arrivé plus de 40 minutes après le vainqueur, Ivan Parra, l'Italien de l'équipe CSC est allé au bout de lui-même pour ne pas abandonner. Mai
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Crédit: Eurosport
C'est sur les pentes mythiques d'un Stelvio aux parois de glace et à la pente impitoyable qu'Ivan Basso a vécu la pire journée de sa carrière, à l'endroit même où il avait sans doute rêvé de mettre pour de bon le Giro à ses pieds. Point culminant de cette 88e édition du tour d'Italie, le Stelvio fut aussi celui de la souffrance du Varesan, amoindri par une gastro-entérite depuis 48 heures. Malgré l'aide de ses équipiers, il a perdu près d'une minute au kilomètre dans ce col mythique qu'il escaladait dès l'âge de neuf ans, en VTT, aux côtés de son père.
Incapable d'assimiler la moindre nourriture, Basso n'a pu ingurgiter que deux malheureuses bananes tout au long de l'étape. " J'ai souffert comme jamais auparavant, mais il fallait que je continue, a-t-il trouvé la force de confier après l'arrivée sur le site officiel de la formation CSC. Au sommet du premier col, j'ai essayé de manger quelque chose, mais ça ne passait pas. J'étais incapable de digérer quoi que ce soit. Du coup, je me suis retrouvé complètement vidé, sans énergie".
"Plus rien dans les jambes"
A la peine dans le gruppetto, celui qui portait encore le maillot rose la veille au matin se demande même comment il a pu rejoindre à Livigno. "Je n'avais plus rien dans les jambes, reprend-il. C'est la volonté qui m'a permis de finir, et le soutien de mes équipiers aussi. Je me suis battu, parce que je veux encore faire quelque chose de bien dans cette course. Abandonner aurait peut-être été la solution la plus raisonnable, car je souffrais vraiment beaucoup, mais je ne pouvais pas m'y résoudre ".
Martyr du Giro après en avoir brièvement été le patron, Basso peut nourrir de gros regrets. A l'évidence, il n'aura pas été battu sur sa véritable valeur. "Il a dû lui arriver quelque chose, car on ne peut pas perdre une telle forme en si peu de temps ", notait dès samedi soir Paolo Savoldelli, principal bénéficiaire de l'effondrement de Basso. Le Giro constituait l'objectif principal du protégé de Bjarne Riis cette saison. Il n'en tirera qu'une immense frustration.
Riis:"C'est très dur"
Le manager danois, qui n'a pas quitté son coureur de la journée, descendant même de sa voiture au sommet du Stelvio pour lui permettre d'enfiler un imperméable, accuse lui aussi le coup. "C'est très dur d'être assis dans la voiture et de le voir souffrir ainsi , explique l'ancien vainqueur du Tour de France. Dans le Stelvio, je lui ai demandé s'il ne serait pas mieux d'abandonner, mais il m'a répondu qu'il ne pouvait pas".
S'il n'avait tenu qu'à lui, Riis aurait probablement jeté l'éponge pour son poulain, mais il respecta finalement sa décision. "Un peu plus loin, il m'a dit qu'il voulait essayer de gagner une étape d'ici l'arrivée, poursuit le patron des CSC. Je suis désolé pour lui, car je sais à quel point il voulait gagner ce Giro. C'était vraiment une dure journée pour lui et pour toute l'équipe ".
Ne pas souffrir inutilement
Piet Daniels, le docteur de la formation scandinave, expliquait de son côté que Basso avait bu beaucoup d'eau froide dans la journée de vendredi, et que ses problèmes d'estomac venaient de là. Dans la soirée, l'Italien a d'ailleurs commencé à se plaindre de douleurs au ventre. Depuis, son état n'a cessé d'empirer. Samedi, après l'arrivée à Ortisei, où il avait réussi à limiter les pertes sur Savoldelli, Basso a vomi dans le bus de l'équipe.
Lundi, le Giro revient dans la plaine. Peut-être de quoi lui permettre de récupérer. Mais Bjarne Riis n'entend pas prolonger le calvaire inutilement. "Nous allons prendre les choses au jour le jour, mais il faut évidemment qu'Ivan retrouve des forces pour continuer, juge-t-il. Il ne sert à rien de souffrir inutilement. Il a tenu à finir l'étape dimanche, car c'est son caractère. S'il continue, ce sera uniquement parce qu'il peut gagner une étape". Pas sûr donc, qu'Ivan Basso, malgré son courage, fasse de vieux os sur ce Giro...
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