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"Un exploit incroyable"
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Publié 03/07/2005 à 08:15 GMT+2
A 26 ans, David Zabriskie a frappé un grand coup pour son premier Tour de France. Comme Fabian Cancellara en 2004, l'Américain s'est payé le luxe de devancer le maître de la Grande Boucle et ancien mentor, Lance Armstrong. Une bonne blague dont le jovial
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Le Tour de France aime décidément les belles histoires. L'édition 2005 commence par celle d'un gamin de l'Utah, doué mais laxiste, et qui faillit bien tout arrêter l'an dernier après une grave chute. Pour sa première apparition sur la Grande Boucle, David Zabriskie est pourtant entré dans la lumière, en remportant le contre-la-montre disputé entre Fromentine et Noirmoutier (19 km). Un coup de maître pour un coup d'essaie. Un succès qui semble en appeler d'autres.
Parti anonymement en 19e position, l'Américain a vu les favoris se casser les dents sur son chrono pendant près de deux heures. "J'avais de bonnes sensations et j'espérais faire quelque chose", lâche le jeune Yankee dans l'aire d'arrivée. "Même lorsque Lance a passé la ligne, je n'y croyais pas. J'étais très nerveux en regardant sa course. Je ne réalise toujours pas".
Sacré rouleur, sacré blagueur
En trois heures, seul Lance Armstrong a failli faire redescendre le bambin sur terre. Pour deux petites secondes, Zabriskie se permet cette fois de griller la politesse à son maître et mentor. Celui auquel il doit tant. Car c'est bien Armstrong qui lui avait donné sa première chance. Via la Lance Armstrong Point's Race, le champion du Colorado junior avait pu intégrer l'US Postal pendant trois ans et apprendre dans l'ombre du géant.
Enjoué et blagueur, Zabriskie ne semble cependant pas né pour vivre dans l'ombre. En mai 2004, il frappe un grand coup en devenant champion des Etats-Unis. Il enchaîne en remportant le contre-la-montre par équipes et une étape sur la Vuelta, après plus de 100 kilomètres en solitaire. Un effort qu'il apprécie. Car l'homme est un rouleur. Et un bon.
Passé à la CSC cet hiver, il avait une fois de plus fait des siennes lors du dernier Giro. Et une fois encore sur un contre-la-montre. Sensé dresser le tableau de marche de son leader Ivan Basso, Zabriskie a trouvé le moyen de rattraper six concurrents et signer le meilleur temps. En toute décontraction. Tellement décontracté que lorsque son directeur sportif Alain Gallopin le récupéra après l'étape florentine, ce fut pour le trouver assoupi dans un parc, sac sur le dos.
Quelques vis dans le genou
"C'est un artiste, qui a envie de se libérer mais qui n'ose pas le faire, souligne-t-on dans son entourage. Il est atypique, drôle, de temps en temps léger, mais toujours agréable. " C'est sans doute pour cette raison que l'ancien champion du Colorado junior n'a pas eu trop de mal à se faire accepter de ses nouveaux coéquipiers. Son arme? L'humour. Un drôle de moyen de se faire remarquer dans l'équipe du taciturne Bjarne Riis. Mais c'est aussi par sa gentillesse et sa simplicité qu'il a su séduire. "Tout s'est bien passé parce que je suis un super mec ", déclare-t-il modestement. "Et parce que les gars de mon équipe le sont aussi", n'oublie-t-il pas d'ajouter.
S'il mise sur l'humour, c'est sans doute pour relativiser son parcours. Après être venu au vélo tardivement (à 17 ans), Zabriskie a bien failli tirer un trait sur sa carrière sept ans plus tard lorsqu'un véhicule le percuta, en 2003. De cet incident qui lui valu une jambe et un bras gauche brisés, il garde quelques vis dans le genou. Entrain et enthousiasme sont heureusement revenus, pour le plus grand bonheur de la CSC.
"Je vais avoir du mal à dormir"
"C'est formidable. Je ne pensais pas que cela puisse arriver un jour," s'extasiait-il après son succès à Noirmoutier. "Je suis transporté de bonheur. C'est un exploit incroyable. Je pense d'ailleurs que je vais avoir du mal à dormir ce soir." Zabriskie ne cachait d'ailleurs pas que le parcours était fait à la perfection pour lui.
Son coéquipier et compatriote, Bobby Julich, voit lui l'explication ailleurs qu'aux faveurs d'un bon parcours. "Nous avons assisté à l'éclosion d'un champion du contre-la-montre ", souligne Julich, 11e, à l'arrivée. "Il a tout simplement écrémé ses adversaires".
Dans un an ou dans 10 ans, l'histoire retiendra peut-être qu'Armstrong a assommé le Tour dès la 1ere étape, laissant sur place Jan Ullrich parti un peu plus tôt. Ou alors, elle notera que ce jour-là, l'élève a dépassé le maître pour deux petites secondes, plaçant les deux Américains un ton au-dessus de la masse. Zabriskie s'en moque. Il dort ce soir en jaune et avec le record de vitesse d'un contre-la-montre sur le Tour (54,679 km/h). Un bon début pour une première.
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