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La grande lessive ?
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Publié 27/06/2006 à 07:50 GMT+2
Les organisateurs du Tour de France ont demandé lundi à l'équipe Astana-Wurth de se retirer de la Grande Boucle, qui débute samedi. Un coup dur pour Alexandre Vinokourov, leader d'Astana. L'Allemand Jan Ullrich serait lui aussi menacé. Le dopage est encor
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Quelque chose nous dit que la semaine va être longue, très longue. Et agitée. Très agitée. Lundi, au regard des dernières révélations parues dans la presse espagnole, les organisateurs du Tour de France ont décidé d'agir. Ils ont demandé à l'équipe Astana-Wurth de se retirer de l'épreuve, suite à la gigantesque affaire de dopage qui fait trembler le cyclisme espagnol sur ses fondations. En cas de refus, ASO s'adressera au Tribunal Arbitral du Sport pour obtenir la récusation de l'équipe ibérique, comme le prévoit le règlement.
"Je prends les choses tranquillement. Je suis serein. Je ne lis quasiment pas les journaux", nous confiait lundi Alexandre Vinokourov, principale tête d'affiche d'Astana. Malheureusement pour lui, Jean-Marie Leblanc et Christian Prudhomme ont une lecture plus attentive de la presse. Désireux de trancher avant le départ du Tour, samedi, en Alsace, ils ne pouvaient plus attendre. L'ex-équipe Liberty est sur la sellette depuis l'interpellation de son directeur sportif Manolo Saiz dans le cadre de l'Opération Puerto déclenchée le 23 mai dernier. Pour calmer le jeu, Saiz a annoncé qu'il quittait la scène. Mais cela n'a pas suffi à éteindre le feu.
Le TAS devra trancher
Dans son édition de dimanche, El Pais annonçait que sur les 58 coureurs identifiés comme ayant utilisé des substances dopantes, et qui étaient des clients du docteur Fuentes, le personnage central de l'affaire, 15 au moins appartenaient à l'équipe anciennement dirigée par Manolo Saiz. Toujours selon le quotidien madrilène, la Guardia Civil a retrouvé également le calendrier de compétitions de l'équipe Liberty en 2005 avec le programme de dopage annoté.
Même si l'enquête n'est pas encore terminée, loin de là, les organisateurs du Tour ont estimé que le faisceau de présomptions était suffisamment important pour passer à l'action. Le 13 juin, ils avaient déjà exclu la formation Comunidad Valenciana, elle aussi impliquée, mais le cas était plus simple à trancher, puisque cette formation avait été invitée par ASO. Là, la situation est plus complexe. Dans un premier temps, le Tour de France avait ainsi laissé le soin d'agir à L'UCI dans la mesure où l'équipe de Manolo Saiz avait automatiquement accès à la Grande Boucle en tant que titulaire d'une licence ProTour.
La semaine passée, la commission des licences de l'UCI a accordé une licence sous réserve à Astana sans se prononcer sur le volet éthique. Elle a estimé n'être pas en mesure, " sur la base des éléments actuellement disponibles", de prendre une décision. Reste à savoir si en vertu de ces éléments, le TAS accédera à la demande du Tour, sachant qu'il apparait peu probable qu'Astana accepte de se retirer d'elle-même. Pour Vinokourov, qui a fait jouer ses contacts politiques au Kazakhstan pour débusquer le nouveau sponsor Astana, une éviction du Tour de France serait un terrible coup dur.
Au tour d'Ullrich?
Le Kazakh, qui a rejoint Liberty cet hiver, n'est pas impliqué personnellement dans cette affaire. Il paierait donc pour les errements des autres. Mais le patron de la Grande Boucle est fermement décidé à ne pas faire de quartier. Ce n'est pas la première fois que le Tour se lance dans un tel bras de fer. En 1999, déjà, les organisateurs avaient fermé la porte avant le départ à Manolo Saiz, qui les avait insultés l'année précédente, à Richard Virenque, impliqué dans l'affaire Festina, et à l'équipe TVM. L'appel de Saiz et Virenque devant la commission disciplinaire de l'UCI leur avait permis d'être réintégrés au bénéfice d'un vice de forme.
Il faut donc s'attendre à de nouveaux rebondissements dans les jours qui viennent. Il se murmure que Jan Ullrich et Oscar Sevilla, les deux coureurs T-Mobile cités parmi les clients du Dr Fuentes, pourraient eux aussi être récusés par l'organisation du Tour. A moins qu'ASO ne dispose d'informations directement en provenance de la police ou de la justice espagnole, seul l'article publié lundi par El Pais accuse pour l'heure Ullrich. "Nous avons la morale pour nous", avait lâché Jean-Marie Leblanc voilà deux semaines. Quid du droit? Si l'Allemand, principal candidat au maillot jaune avec Ivan Basso, était interdit de départ, on ne serait en tout cas pas loin du tremblement de terre. On espérait que ce premier Tour post-Armstrong marquerait un nouveau départ. Une nouvelle ère. Une nouvelle chance. Ça n'en prend pas le chemin...
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