Chavanel, l'incorrigible

Fidèle à lui-même, Sylvain Chavanel a roulé devant toute la journée dimanche, au sein d'une échappée dont il n'avait presque aucune chance de tirer un quelconque bénéfice. Ce fut effectivement le cas. Mais le coureur de l'équipe Cofidis n'entend pas modif

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Crédit: Eurosport

Sylvain Chavanel est le meilleur coureur français de cette année 2008. Cela ne se discute même pas. Il n'a jamais autant gagné, qui plus est sur des terrains très divers, et pas dans des courses de seconde zone. Forcément, on attend donc beaucoup de lui sur ce Tour. L'homme fort de l'équipe Cofidis n'a pas mis longtemps à se mettre en évidence. Mais était-ce vraiment le moment opportun? Dimanche, Chavanel a tout de même fourni beaucoup d'efforts pour un gain absolument nul. Pour tout dire, on a un peu de mal à le suivre, et pas seulement parce qu'il va vite.
On ne reprochera pas au Poitevin son goût de l'offensive. Surtout pas. Mais comme souvent par le passé, il ne le fait pas toujours à bon escient. Qu'avait-il à gagner dans sa longue escapade avec son ancien coéquipier Thomas Voeckler ? Pas grand-chose. Le peloton n'a jamais laissé aux échappés une marge de manoeuvre suffisante pour se trouver réellement en danger. Chavanel ne pouvait même pas espérer le maillot à pois, puisque Voeckler, qui le portait, s'était posté à l'avant pour le conforter, ce qu'il est d'ailleurs parvenu à faire.
Boyer : "Laissez-le être généreux"
Alors, que diable allait-il faire dans cette galère? A l'écouter, l'ancien protégé de Jean-René Bernaudeau doit son échappée à un concours de circonstances. "Ce n'était pas forcément volontaire. Il y a eu une échappée avec des costauds, j'ai suivi. Ensuite, les Bouygues ont roulé pour revenir et c'est là que je suis ressorti avec Thomas", explique-t-il. Pour quelqu'un qui ne voulait pas spécialement être devant, Sylvain Chavanel a donc tout de même tenté à deux reprises de partir. Au moment de dresser le bilan de sa journée, il oscille entre regrets et fatalisme: "c'est vrai que j'ai passé beaucoup de temps à l'avant de la course pour n'en tirer aucun bénéfice, mais c'est le vélo".
Mais à deux jours du premier contre-la-montre du Tour, discipline dont il est champion de France en titre et dont il a fait un rendez-vous important pour lui, on peut légitimement se demander si Chavanel n'a pas commis une erreur en dépensant autant d'énergie. Bien sûr, s'il avait gagné l'étape... Mais quelles chances avait-il d'aller au bout face à des équipes de sprinters qui n'ont que peu d'occasions de briller dans cette première semaine atypique? Quasiment aucune. Interrogé sur le sujet, Eric Boyer monte au créneau pour défendre son poulain. "J'entend toujours dire qu'il fait des efforts pour rien, mais Sylvain est comme ça. Laissez-le être généreux ! Il faut arrêter d'être frileux."
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