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Armstrong: "Je suis prêt"

Armstrong: "Je suis prêt"
Par Eurosport

Le 03/07/2009 à 07:00Mis à jour

Dans un entretien exclusif accordé à Eurosport, Lance Armstrong a fait le point avant le départ du Tour de France. Quatre ans après sa dernière apparition, l'Américain revient sur la Grande Boucle. Il se dit à la fois excité et nerveux. Mais surtout, le Texan se sent fin prêt. Chacun est prévenu.

Que ressentez-vous à l'heure de retrouver le Tour de France, trois ans après?

Lance ARMSTRONG: Je ressens des émotions diverses. Je suis excité, nerveux, heureux mais surtout, je suis prêt. Je crois que je me suis bien préparé. Je connais le Tour, je sais ce que ça implique et ce qu'il faut faire pour être devant ou pour gagner. Il n'y a pas de point d'interrogation pour moi. Mais ça fait longtemps que je ne suis pas venu ici, et ce sera un moment très spécial pour moi dans les premiers kilomètres.

Pour beaucoup, Alberto Contador est le grand favori du Tour de France. Est-ce aussi votre avis?

L.A. : Je crois que c'est juste de dire cela, si l'on se base sur cette saison et sur la précédente, avec ses victoires sur le Giro et la Vuelta. Il s'est aussi beaucoup amélioré dans les chronos. On ne peut pas le lâcher en montagne et il arrive presque à rivaliser avec les meilleurs en contre-la-montre. Il est donc logique que vous en fassiez le grand favori de la course.

Quel sera votre rôle au sein de l'équipe Astana?

Selon vous, le chrono de samedi donnera donc des indications importantes...

L.A. : Oui, je pense. Ce n'est pas un petit chrono. Ce n'est pas court, ce n'est pas plat et ce n'est pas un prologue habituel du Tour de France. C'est un vrai contre-la-montre avec 400-500 mètres de dénivelé. Il y a suffisamment de montée pour provoquer des différences. Alors, chacun devra tirer des conclusions, à l'intérieur de l'équipe et en dehors, et vous le ferez vous aussi.

Ne craignez-vous pas que vos adversaires profitent d'éventuelles tensions entre Alberto et vous?

L.A. : Nous devons faire attention à ça et garder un bon esprit dans l'équipe. La cohésion est déterminante. Vous ne pouvez pas vous permettre d'être divisés. Si c'est le cas, des coureurs comme Sastre, Menchov, Evans ou les Schleck vont en profiter. L'important, c'est de nous focaliser sur notre travail. Soyons pros, soyons des coéquipiers. Notre situation est délicate car il ne s'agit pas seulement d'Alberto et moi. Il y a aussi Levi Leipheimer. Nous avons donc une équipe très forte, mais cela implique quelques complications.

Où et quand va se jouer ce Tour?

L.A. : La montagne fera la différence. Après le chrono de Monaco, il n'y aura plus de chrono avant la dernière semaine. La première semaine est compliquée, vallonnée, venteuse. L'arrivée à Arcalis est difficile aussi. Mais je crois quand même qu'il ne faut pas trop s'emballer sur les 15 premiers jours. Tout se décidera dans la dernière semaine de course, qui est terrible.

Vous avez reconnu plusieurs étapes de montagne. Lesquelles vous ont marqué?

L.A. : L'étape du Grand-Bornand est une étape typique de montagne du Tour, avec l'enchaînement de plusieurs cols, le Roselend, les Saisies, la Colombière et l'ajout du col de Romme qui est une montée très difficile: 9 kilomètres à 9%. En plus, il faisait très chaud le jour où je suis venu. Mais de toute façon, rien ne sera décidé avant le Ventoux. C'est ce que les organisateurs voulaient, du suspense jusqu'au bout. Le Ventoux sera un évènement encore plus grand et plus fort que par le passé.

En dehors des coureurs Astana, qui peut ambitionner de ramener le maillot jaune à Paris?

L.A. : Je pense à Carlos Sastre. Pour trois raisons. D'abord parce qu'il a gagné l'année dernière. Ensuite, je l'ai trouvé très fort sur le Giro. Enfin, et c'est le plus important pour moi, il est toujours très costaud dans les troisièmes semaines de course et cette année, la dernière semaine est vraiment terrible. Comme en plus il y a assez peu de chronos, il a de bonnes chances de victoire. Pour moi, il est vraiment un des grands favoris. Mais vous ne pouvez pas non plus écarter Menchov ou Evans.

Vous attendez-vous à souffrir pendant les trois prochaines semaines?

L.A. : Vous souffrez toujours dans ce sport. En cyclisme, il y a toujours de la douleur et de la souffrance. C'est le sport le plus dur du monde. Vous ne pouvez le comparer avec aucune autre discipline. Alors, bien sûr que je vais souffrir. Normalement, si vous êtes au top de votre condition, c'est une forme de souffrance assez plaisante. Mais nous verrons bien...

Où en est votre relation avec le public français?

L.A. : Disons que c'est une relation très variable. Mais en ce moment, elle est plutôt bonne. Je suis là depuis une semaine et je n'ai pas eu une seule réaction négative dans les rues, que ce soit ici à Monaco ou à Montpellier quand nous avons reconnu le contre-la-montre par équipes. C'est une bonne indication pour moi. Je crois que nous avons un respect mutuel. J'ai du respect pour ce pays et pour l'évènement qu'est le Tour de France. Et je crois que les gens respectent le coureur que je suis. On ne s'aime pas toujours, mais notre relation a évolué et je suis optimiste pour les trois prochaines semaines.

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