La roue tourne parfois très vite en cyclisme. Et pas toujours dans le mauvais sens. En une semaine, Cadel Evans est passé du fond du gouffre au pur bonheur. La victoire de l'Australien dans le Tour de Romandie a vraiment des allures de petite résurrection. Jamais il n'y aurait cru dix jours auparavant. Avant la Flèche Wallonne, sur un terrain qui sied à ses qualités, Evans s'est retrouvé complètement vidé de ses forces. "J'avais des mots de tête terribles et je ne voyais plus bien d'un oeil", explique-t-il. Inquiétant.
L'ancien vainqueur de la Coupe du monde de VTT passe alors des examens et craint même de développer un syndrome de Hunter. Finalement, tout est rentré dans l'ordre. "Nous avons trouvé le moyen de traiter le problème. Je ne sais pas exactement ce que j'avais, mais l'important est que ce soit fini", poursuit-il. A voir la manière dont il tournait les jambes cette semaine, tout semble effectivement aller pour le mieux. "J'ai retrouvé en Romandie la forme que je pensais avoir il y a deux semaines", confirme Evans.
"Un bon test"
Il en éprouve autant de satisfactions que de regrets car, à l'évidence, c'est sur une autre terre francophone qu'il souhaitait briller. "Bien sûr que je suis très heureux d'avoir gagné ce Tour de Romandie, mais pour être honnête, il ne figurait pas vraiment parmi mes objectifs. En fait, j'avais tout spécialement préparé les Ardennaises depuis le début de la saison" , peste-t-il. Il n'y a pour autant pas de quoi s'étonner outre mesure de le voir à son avantage en Suisse. Evans y réside depuis plusieurs années en compagnie de son épouse italienne, Chiara. Il était donc comme chez lui cette semaine...
Pas question de toute façon de faire la fine bouche en crachant sur ce succès, même à contretemps: "La course déroulée de manière parfaite pour moi et je sentais que je marchais bien cette semaine". Le bilan est positif sur toute la ligne. Venu pour se tester en montagne, Evans a vite été rassuré. Il n'a jamais perdu le contact avec les meilleurs, terminant même deuxième de la grande étape de samedi à Sion, juste derrière Alejandro Valverde. "Même si ce n'était pas forcément très difficile par rapport à ce qui nous attend sur le Tour de France, c'était un bon test. Globalement, j'ai bien grimpé", juge Evans.
Objectif Tour
Mais c'est bien dans le contre-la-montre, dimanche, que le coureur des Antipodes a bluffé tout son monde, en surclassant ses adversaires. Devancer des références comme Leif Hoste et Bobby Julich de respectivement 22 et 38 secondes sur 20 kilomètres en dit long sur sa performance. Du coup, alors qu'on attendait un duel espagnol entre Contador et Valverde pour le maillot jaune, Cadel Evans a mis tout le monde d'accord, avec une autorité impressionnante. "Je n'avais aucune pression et j'étais parfaitement détendu, souligne-t-il. Moi, je n'avais absolument rien à perdre dans l'affaire. Après, j'ai tout donné, et le résultat est là".
Jamais l'Australien n'avait remporté un chrono à ce niveau de compétition. Nanti d'une telle référence, il peut se tourner vers le mois de juillet avec un certain appétit. Huitième du Tour de France l'an dernier, Evans apparaît dans l'immense cohorte des prétendants à la succession de Lance Armstrong. Un ton en dessous d'un Basso, d'un Ullrich ou d'un Vinokourov bien sûr, mais pas si loin, surtout s'il se met à rouler aussi fort qu'il grimpe. L'équipe Davitamon n'aura en tout pas besoin d'aller chercher plus loin son leader pour le général. Grande battue de la campagne des classiques, dans les Flandres comme dans les Ardennes, la formation belge s'est refait la cerise en beauté en Suisse, avec trois étapes (McEwen, Horner et Evans) et le classement final. Merci qui?
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dpa





















