L'heure de Gilbert?

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Toujours placé mais jamais gagnant depuis le début de la saison, Philippe Gilbert a vu l'insolente réussite qui était la sienne à l'automne dernier s'évaporer. Mais le Wallon sait que c'est au mois d'avril qu'il faut viser juste. Dès dimanche, dans le Tour des Flandres, il veut répondre présent.

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Crédit: Eurosport

Une petite frustration. Rien de plus. Mercredi, Philippe Gilbert a vu sa première victoire de la saison lui échapper lors de la 2e étape des Trois Jours de La Panne. Battu au sprint par Sébastien Turgot, le Belge n'avait pas apprécié l'attitude du Bbox, qui n'avait pas beaucoup roulé durant l'échappée. "Il voulait surtout faire une bonne sortie pour tester ses jambes, explique Marc Sergeant. Mais bien sûr, quand vous passez si près de la victoire, vous êtes déçu".
D'autant que l'équipe Omega aurait bien eu besoin de cette victoire. La formation belge est une des rares à ne pas encore avoir mis dans le mille cette saison. En trois jours, Gilbert a pour sa part raté deux fois le coche, réglé au sprint par Eisel sur Gand-Wevelgem dimanche dernier avant de buter sur Turgot. Mais Gilbert a suffisamment gagné fin 2009 (1) pour prendre son mal en patience. D'autant que les points chauds de sa saison arrivent maintenant, avec le mois d'avril. L'ancien coureur de la Française des Jeux est en effet de ces coureurs, pas si fréquents, capables de briller indifféremment sur les Flandriennes que sur les Ardennaises. Gilbert peut s'imposer sur tous les terrains. A commencer par le Tour des Flandres, dimanche.
"Je ne suis pas encore au top"
Troisième l'an dernier, son meilleur résultat, il figure parmi les très gros outsiders, même si sur ce terrain, beaucoup avancent d'abord d'autres noms, comme celui de Tom Boonen, évidemment. Gilbert ne s'en offusque pas. Au contraire. Il effectue d'ailleurs la même analyse. "Je ne suis pas un des grands favoris du Tour des Flandres. Je suis un peu en dessous de Cancellara, de Boonen, de Flecha, de Pozzato ou de Breschel", estime-t-il. Fausse modestie? Pas forcément. Sa polyvalence sur le terrain des classiques lui interdit d'être déjà au top début avril. Contrairement à un Boonen, qui coupera après Paris-Roubaix, Gilbert doit atteindre son pic de forme pour les Ardennaises. "Je ne suis pas encore à 100% de ma meilleure condition", avoue le Liégeois. "Ce n'est pas le favori numéro un, mais il n'est pas loin derrière Boonen et les autres; On compte sur lui et il sera notre unique leader", juge Sergeant.
Malgré son absence de résultats, l'équipe Omega a les moyens de bien entourer Gilbert. Leif Hoste, Jurgen Roelandts et Greg Van Avermaet, ses trois lieutenants désignés, sont souvent performants sur ce type de tracés, même si les relations entre Gilbert et Van Avermaet sont loin d'être au beau fixe. D'ailleurs, Gilbert ne le cite même pas quand il évoque la stratégie collective mise en place pour dimanche. Et Van Avermaet alors? "Il n'est pas bien. Il n’a pas encore été au niveau cette saison, mais on ne sait jamais, il peut toujours y avoir un miracle”, a-t-il lancé laconiquement à nos confrères de DHnet.be. Adam Blythe aura pour sa part la charge de protéger son leader dans la première partie de la course. Ce dernier a déjà sa course en tête. "Il est bon d'être toujours devant au Tour des Flandres. Ne pas se faire piéger comme ça a été le cas à Gand-Wevelgem. Je me suis retrouvé mal placé une fois, j’étais trois places trop loin en bas de la descente du Kemmel et avec Jurgen, nous avons dû chasser trente kilomètres.” Ce qui ne l'avait pas empêché de finir deuxième.
Reste à savoir s'il aura dimanche les moyens de mater le lot des grands spécialistes du Ronde. Lui veut le croire. "Je ne suis pas encore au top, mais je me sens bien mieux que l'an dernier quand j'avais fait troisième. Et je crois qu'on peut gagner le Tour des Flandres sans être au sommet. Il n'y a pas que le physique. La tactique, le placement, peuvent permettre d'éviter des efforts inutiles sont aussi déterminants." A 27 ans, Gilbert entre sans doute dans ses meilleures années. Le talent, il l'a toujours eu. Il a aujourd'hui l'équipe et l'expérience. Ne vous étonnez pas s'il en claque une belle dans les semaines qui viennent.
(1) A l'automne 2009, Gilbert avait remporté en 10 jours la CoppaSabatini, Paris-Tours, le Tour du Piémont et le Tour de Lombardie.
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