On a avait presque oublié qu'il pouvait revendiquer la victoire finale. 12ème du classement général au départ de la dernière étape du Tour du Bénélux, Bobby Julich ne faisait plus partie des favoris des pronostiqueurs après un début d'épreuve discret. 89ème du prologue, où il avait perdu de précieuses secondes sur les pavés détrempés de Malines, le Texan s'était contenté de suivre le rythme des leaders, sans faire de vagues.
Et sans jamais douter de son potentiel. "J'avais de bonnes jambes depuis le début de l'épreuve, et je savais que je pouvais gagner. J'ai fait beaucoup d'efforts sur cette course, car mon ambition était de l'emporter depuis le premier jour", affirmait-il après sa victoire. Une confiance concrétisée par un contre-la-montre parfait, qui lui a permis de reprendre les 37 secondes qui le séparaient de Rik Verbrugghe.
"Il a survolé la course"
Pourtant, le Texan n'était pas favorisé par un tracé des plus plats sur cet ultime chrono. Adepte des parcours plus accidentés, le médaillé de bronze du contre-la-montre des Jeux Olympiques d'Athènes s'est adapté à la situation. "Nous savions qu'on avait une chance de victoire, mais aussi que cela viendrait au prix d'un gros effort. Ce n'était pas la route idéale pour Bobby, mais il l'a survolée dès le départ. Il était sur une autre planète" , commentait son directeur sportif Scott Sunderland.
Une galaxie de victoires (Julich avait déjà remporté le Paris-Nice, le Critérium International et une étape du Tour du Pays Basque cette saison) dont le Texan avait fini par oublier l'existence. Après sa prometteuse 3ème place sur le Tour de France 1998, Julich a en effet connu une période de disettes à faire désespérer les plus optimistes.
De l'ombre à la lumière
Six longues années, passées respectivement au sein des équipes Cofidis (1997-1999), Crédit Agricole (2000-2001) et T-Mobile (2002-2003), sans la moindre victoire. "J'étais perdu" , confessait-il après sa victoire sur le Tour du Bénélux, en repensant à cette période noire. Au début de la saison dernière, peu de directeurs sportifs auraient parié sur un éventuel retour du Texan au premier plan. Mais Bjarne Riis a senti le bon coup. Remis en selle (et en confiance) par le Danois, Julich n'en finit plus de faire les beaux jours de la CSC.
Grand artisan de l'excellente saison de son équipe, actuellement deuxième au classement de l'UCI au Pro Tour, Julich est maintenant sorti du tunnel. Avec l'ambition et la faim de victoire qui caractérise les champions. "Je suis extrêmement content, car cette victoire ma rapporte beaucoup de points au classement de l'UCI Pro Tour, mais aussi parce que c'est toujours une grande performance de gagner ici, où le cyclisme est un sport majeur." Désormais 4ème du classement de l'UCI Pro Tour, Julich n'a peut-être pas fini d'être sous les feux des projecteurs.
- Plus d'infos


























