Eurosport
La divine surprise
Par
Publié 23/10/2004 à 11:00 GMT+2
Tout près de la relégation au printemps dernier, Everton s'attendait à vivre une saison difficile, surtout après le départ de la fierté locale, Wayne Rooney. Pourtant, à la surprise générale, les Toffees occupent la troisième place de la Premiership après
Eurosport
Crédit: Eurosport
Qu'Arsenal caracole en tête avec huit victoires en neuf matches et une série de 49 matches sans défaite, quoi de plus logique. Que Chelsea endosse le rôle du dauphin affamé avec son effectif de stars et son entraîneur vedette apparaît également comme une évidence. C'est là, derrière ce duo d'enfer, que la Premiership perd la tête. Sur la troisième marche du podium, on ne trouve pas Manchester, ni Liverpool ni même Newcastle, mais Everton. Une véritable surprise du chef.
Le club cher aux Beatles talonne même Chelsea pour la deuxième place et compte quatre longueurs d'avance sur Bolton, quatrième, après avoir remporté six de ses neuf premiers matches. Personne n'aurait misé sur une telle réussite en Angleterre il y a encore deux mois. 17e de l'exercice 2003-2004, Everton a frôlé le purgatoire, avant un été meurtrier pour les supporters, qui ont mal digéré le départ de Wayne Rooney, leur prodige, leur idole. Tout le monde voyait alors les Toffees condamnés à descendre.
"Nous n'avons rien volé"
Sous le flot des critiques, David Moyes a tenu bon, rappelant que Rooney n'avait pas toujours été titulaire la saison passée. Un état de fait que les supporters du club n'ont pas toujours compris, surtout en voyant l'impact du gamin en sélection. Mais Moyes n'a jamais voulu sacrifier son groupe sur l'autel d'un talent individuel, aussi phénoménal soit-il.
Rooney parti, Moyes peut désormais imposer ses idées. Visiblement, elles marchent. Ne cherchez pas de stars ici, il n'y en a pas. Un gardien de presque 40 ans, Nigel Martyn, ancienne gloire de Leeds. Une défense solide, physique et dure au mal, à l'image de Pistone, Stubbs ou Weir. Un milieu travailleur, symbolisé par l'Irlandais Kilbane et le Danois Gravesen, et une attaque plus combative que géniale, menée par Kevin Campbell et Marcus Bent. Les noms ne sont pas ronflants, mais l'alchimie est parfaite.
Aujourd'hui, ceux qui taillaient des croupières à David Moyes au coeur de l'été lui dressent des louanges l'automne venue. Entre-temps, il est vrai que le Scottish a été désigné manager du mois de septembre et que sa bande s'est installée dans les hauteurs du classement. Quelques critiques s'élèvent encore pour regretter le manque de flamboyance du jeu d'Everton. Moyes balaie l'argument. "Nous n'avons rien volé. Regardez les six matches que nous avons gagnés, nous méritions tous de les remporter", assure-t-il.
Des provisions pour l'hiver
Everton pourrait jouer les faux modestes et afficher une prudence à la Guy Roux. Mais sans fanfaronner, les Toffees se prennent au jeu. "Nous avions certains objectifs en début de saisons, reprend Moyes. Ceux-ci sont peut-être en train de changer. Cela prouve simplement le chemin que nous avons accompli en trois mois". Pour le coach, rien n'indique que son club s'apprête à rentrer dans le rang. "Mes joueurs évoluent désormais avec une grande confiance. Tout devient alors plus facile. Je crois vraiment que nous pouvons conserver cette dynamique positive", estime Moyes.
Passés du désespoir à l'ivresse en l'espace de quelques semaines, les habitués de Goodison Park sentent confusément que le club n'a jamais été aussi proche de son glorieux passé, celui qui l'avait porté au sommet de l'Europe en 1985, lors d'une campagne victorieuse en Coupe des Coupes. C'était quelques jours avant le Heysel et le drame provoqué par les hooligans des voisins de Liverpool. Paradoxalement, la crainte des fans de voir la belle histoire s'arrêter trop tôt est tout aussi grande. Comme si le rêve était trop beau et que quelqu'un s'apprêtait à rallumer la lumière.
Chaque week-end apporte son amorce de réponse. Samedi, à l'heure du déjeuner, Everton se déplace à Norwich, toujours en quête de sa première victoire cette saison. En cas de succès, Gravesen et Cie se hisseraient à la deuxième place, devant Chelsea, au moins pour quelques heures. A plus long terme, le manque de profondeur de l'effectif sera évidemment problématique. Mais Moyes a la parade. Cet hiver, il a promis d'utiliser une partie de l'argent du transfert de Rooney pour consolider son groupe. Suffisant pour entretenir le rêve? Goodison Park veut y croire.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité