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Sneijder, l'Oranje amer
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Publié 07/12/2010 à 12:49 GMT+1
Vainqueur potentiel, Wesley Sneijder ne figure même pas parmi les trois finalistes pour le Ballon d'Or 2010. Un scandale ? Auteur d'un triplé historique avec l'Inter et finaliste de la Coupe du monde, le Néerlandais n'a en effet pas grand chose à envier à Xavi, Iniesta et Messi. Explications.
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Une Ligue des Champions, un Championnat, un Coupe nationale et une finale de Coupe du monde... Ce n'est pas le palmarès de Xavi, Andrés Iniesta ou Lionel Messi. C'est celui de Wesley Sneijder. Pourtant, comme Diego Forlan, ce dernier n'est pas parvenu à se faire une place au milieu des Barcelonais parmi les trois finalistes en lice pour le Ballon d'Or 2010. Une décision qui en a surpris plus d'un. "C'est logique et surprenant à la fois car j'imaginais voirForlan ou Sneijder dans le tiercé final. Mais ce choix est mérité", nous a ainsi confié Jean-Pierre Papin, lauréat en 1991. Du côté de l'Inter, on a pris moins de précautions. "C'est absurde, a ainsi estimé le capitaine des Nerazzurri, l'Argentin Javier Zanetti. Wesley est un joueur fantastique et si nous avons fait le triplé la saison dernière, c'est aussi grâce à lui". Après Diego Milito, ignoré du suffrage, on peut se demander s'il n'y pas une cabale contre les Milanais...
Pour Sneijder, la pilule est dure à avaler. D'autant qu'il ne s'y attendait pas malgré les fuites de la Gazzetta dello Sport. "J'ai entendu que je ne serais pas sur le podium pour le Ballon d'Or, mais ça sonne étrange pour moi, s'étonnait-il avant l'annonce des trois derniers joueurs en lice. Comment ça pourrait être possible alors que j'ai remporté la Serie A, la Coupe d'Italie et la Ligue des Champions. Et puis j'ai été finaliste à la Coupe du monde et terminé meilleur buteur". Le Néerlandais doit savoir qu'il n'est pas prêt de rééditer ce genre de saison. Avec un titre de meilleur passeur de la C1 (6 passes dont celle pour le premier but de Milito en finale) et de meilleur buteur du Mondial (à égalité avec Villa, Forlan et Müller avec 5 buts), Sneijder a porté à bout de bras l'Inter et les Pays-Bas. Qu'aurait-il pu faire de plus ? "J'ai fait la meilleure saison de ma carrière. Et ce n'est peut-être pas fini avec le Mondial des clubs", disait-il encore dans L'Equipe. Cet échec personnel l'a profondément marqué. Au point que Rafael Benitez ne l'a pas retenu pour le déplacement chez le Werder Brême, mardi soir.
Iniesta a fait sa "pire saison"
Alors faut-il crier au scandale ? Xavi a eu un rôle prépondérant dans le succès du Barça et de la Roja. Iniesta, bien que sortant de son propre aveu de la "pire saison de (sa carrière), a marqué le but en finale de la Coupe du monde. Sur la saison, Sneijder a fait mieux mais, contrairement aux deux Espagnols, il a manqué le rendez-vous le plus important de l'année. "Cela signifie que tout se rapporte à la Coupe du monde et que quelqu'un comme Gareth Bale ne remportera jamais le Ballon d'Or", prédisait le recalé. Bastian Schweinsteiger avait d'ailleurs insisté sur l'importance du rendez-vous sud-africain : "C'est Wesley Sneijder qui le mérite. C'est le joueur qui m'a fait la plus forte impression. S'il avait été champion du monde après avoir gagné la Ligue des champions, il l'aurait eu à coup sûr". Son échec en Coupe du monde aura donc pesé plus lourd dans la balance que tout ses succès avec l'Inter. Injuste, sans doute...
"C'est une décision profondément injuste, s'est ainsi emporté le président de l'Inter, Massimo Moratti. Sneijder a fait bien plus que Messi la saison dernière, il a été protagoniste d'une année phénoménale, il a remporté tout ce que l'on peut remporter. C'est lui qui mérite le Ballon d'Or". Car le débat tourne aujourd'hui autour d'un duel entre Sneijder et Messi. Sur le plan du talent pur, il n'y a pas photo. L'Argentin l'a encore prouvé, notamment cet automne. Au moment où cela compte, serait-on tenté de dire. Or, dans l'attribution du Ballon d'Or, le palmarès est un critère primordial. Ça n'est pas un hasard si on retrouvait 7 Espagnols parmi les 23 nominés. Et sur ce plan, Messi n'arrive pas à la cheville du maitre à jouer néerlandais, certes moins en vue en cette fin d'année. En 2010, Leo n'aura gagné "que" la Liga. Pour le reste, il a atteint la demi-finale de la Ligue des Champions et s'est arrêté en quart de finale du Mondial avec l'Argentine.
Sneijder, l'anti-Messi
C'est donc du côté de critères plus subjectifs qu'il faut chercher l'explication. Et l'on sent peut-être là la patte de la FIFA, partenaire depuis cet été de France Football pour l'attribution du fameux trophée. Messi est une figure incontournable du football mondial. Une idole même à laquelle il est difficile d'enlever l'étiquette de meilleur joueur du monde. Et il permet de toucher l'Amérique du Sud alors que la présence de Sneijder aurait offert un podium 100 % européen. Reste également la prime aux joueurs offensifs quand le Néerlandais fait d'abord briller les autres et évolue dans des équipes réputées défensives et peu aimées du public. Pourtant, l'Inter Milan version Mourinho aura marqué trois buts contre Chelsea, encore trois contre le Barça et deux contre le Bayern... Mais l'image affreuse des Oranje en finale du Mondial face à l'Espagne reste difficile à effacer. Sneijder n'est pas l'anti-Christ. C'est juste l'anti-Messi.
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