Brice Taton inhumé

Brice Taton inhumé
Par AFP

Le 06/10/2009 à 18:46Mis à jour

Le monde du football et les principaux élus toulousains se sont rassemblés mardi aux obsèques de Brice Taton, mortellement blessé par des hooligans serbes en marge d'un match d'Europa League. Tous ont tenu à dénoncer un "crime horrible" et rêver d'un sport et d'un monde sans violence.

Autour de la famille et des proches du disparu, un millier de personnes, joueurs du Toulouse FC, supporters pour beaucoup vêtus de noir, passants anonymes, ont assisté dans le plus grand recueillement à la messe célébrée en la cathédrale Saint-Etienne par l'archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall L'archevêque a notamment salué la présence du préfet Dominique Bur et de l'ambassadeur de Serbie, Dusan Batakovic, qui montre que "nos deux pays sont en deuil". Il a souligné que la Serbie avait décidé un jour de deuil national "en l'honneur de Brice, victime d'une mort brutale" à 28 ans.

Alors que la messe venait de s'ouvrir sur un chant de paix, "Imagine" de John Lennon, les proches du jeune supporter, dont plusieurs blessés lors de l'attaque des hooligans le 17 septembre à Belgrade, ont insisté sur ce message, soulignant le "caractère pacifique" de la victime, "sa droiture, sa joie de vivre..." "Nous sommes scandalisés par ce drame injuste, (...) mais heureux qu'il y ait eu un mouvement, spécialement lors du match TFC-Lorient, pour dire notre attachement à Brice", a déclaré Mgr Le Gall dans son homélie.

"Deuil collectif"

Dimanche, les clubs de supporteurs toulousains -dont les Indians, auxquels appartenait Brice Taton- avaient effectué une marche silencieuse avant le match de Ligue 1, en hommage au jeune homme décédé après douze jours d'agonie. "La violence (...) c'est l'immense problème de notre société, garantir la sécurité c'est l'immense responsabilité du préfet, mais aussi de chacun d'entre nous", a ajouté l'archevêque. Dénonçant au passage la "violence de l'argent", il a prôné "la gratuité": "celle du sport, de la générosité des rapports humains (...) pas la violence gratuite". Il a rendu hommage à cet égard à "la culture du rugby, à côté de celle du TFC, qui nous aident à trouver le vrai sens du sport".

A l'issue de la cérémonie, une quinzaine de joueurs du TFC regroupés autour de leur entraîneur Alain Casanova et de quelques anciens tel le gardien historique du club Christophe Revault, aujourd'hui au Havre, se sont éclipsés dans la discrétion. Le Toulousain Just Fontaine, avant-centre des Bleus en 1958, était là lui aussi. La famille a conduit de son côté le corps du jeune supporteur dans l'intimité vers le cimetière de Cazères dans la campagne haut-garonnaise. De nombreuses gerbes l'accompagnaient, notamment celle des Indians et de Forza Viola, son équipe de football-loisirs.

Dans les centaines de signatures des livres de condoléances figuraient celles de clubs de supporteurs, comme le "kop ciel et marine du Havre". L'ambassadeur de Serbie a souligné devant quelques journalistes "le deuil collectif du peuple serbe et la volonté du président Tadic de sanctions exemplaires contre les coupables de ce crime horrible". Dix personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'affaire. De son côté Jean-Claude Plessis, président du FC Sochaux jusqu'à l'été 2008, a expliqué sa présence en déclarant: "j'ai tellement peur que cela arrive en France, j'ai des enfants qui font des déplacements, c'est tellement fou de voir des gosses se faire bousiller, il faut que cela arrête, ce n'est pas le sport".

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