Après la Coupe le chantier

Eurosport sur Google

Marseille mise sa saison sur la finale de Coupe de la Ligue samedi. Lyon veut être sûr d'accrocher l'Europe. Mais quel que soit le vainqueur, la situation des deux clubs pour la saison prochaine s'annonce déjà compliquée.

Eurosport

Crédit: Eurosport

L'OMBRE D'UNE ABSENCE EN C1
Pour la première fois depuis cinq ans, Marseille ne participera pas à la Ligue des champions. Une désillusion pour le club phocéen qui n'a plus que la Coupe de la Ligue pour accrocher une qualification en Ligue Europa. Didier Deschamps de plus en plus contesté, une série de 12 matches sans victoire (dont onze défaites), des supporters en grève, un Vélodrome en rénovation et à triste mine, autant dire que Marseille a besoin de cette troisième victoire en coupe de la Ligue pour sauver les apparences. Une dérive qui n'est pas sans rappeler celle de Bordeaux, redevenu une équipe moyenne de L1 depuis son titre en 2009.
Si le constat du côté de Lyon est moins alarmant, il est pour l'instant difficile de considérer cette saison comme réussie. Si l'OL est quatrième en championnat et toujours à l'affût d'une place qualificative pour la Ligue des champions, dont ils disputent au moins le barrage sans discontinuer depuis 1999, il a en revanche essuyé une douloureuse élimination de la C1, en huitièmes de finale par l'APOEL Nicosie. Des six premiers, Lyon est l'équipe qui compte le plus de défaite (10) en championnat. Les Gones courent après un trophée depuis 2008.
DESCHAMPS ET GARDE : STOP OU ENCORE ?
Didier Deschamps est maitre de son avenir à Marseille, quel que soit le résultat samedi. Sous contrat jusqu'en 2014, il a encore toute la confiance de son président Vincent Labrune, malgré un vestiaire de moins en moins uni autour de son entraîneur, et le coût d'un éventuel licenciement est au-delà des forces de Margarita Louis-Dreyfus, qui n'en peut plus de renflouer les caisses. A la tête d'une équipe qui pourrait tout simplement ne viser que la première moitié de tableau la saison prochaine, aura-t-il cependant envie de continuer ?
La confiance de son président, Rémi Garde l'a. Jean-Michel Aulas a émis son souhait de prolonger son jeune entraîneur dont le contrat se termine cet été. "C’est lui qui prendra la décision, elle ne dépend pas de notre fin de saison, a avoué Aulas dans les colonnes du Progrès. On va se voir à la fin du mois. Je ne lui mets pas de pression. Je trouve qu’il fait un très bon parcours et ce serait dommage pour le club et pour lui car il a gagné en maturité, qu’il ne poursuive pas". L'idée d'un entraîneur de renommée internationale n'est plus dans l'air, et l'OL ne semble tout de même pas en avoir la capacité salariale.
DES FINANCES LIMITEES
Le fond du problème pour les deux Olympique réside bien dans cette grande question : quel sera leur pouvoir financier pour la saison prochaine ? En manque de liquidités, Marseille a fait savoir par la voix de Vincent Labrune que le club pourra compter sur un apport de 35 millions d'euros (dont 15 millions provenant des revenus de la Ligue des champions) afin d'éponger les pertes et de préparer décemment la saison 2012-2013. Pour cela, il faudra également réduire une masse salariale trop élevée et non conforme aux statuts des joueurs de l'équipe. L'exemple le plus frappant étant celui d'André-Pierre Gignac, acheté 18 millions d'euros à Toulouse pour un salaire de 320 000 euros bruts mensuel, dont les performances n'ont jamais convaincu.
Après sept titres de champion de France et des résultats financiers positifs, l'OL est également à la peine depuis 2008. Le club a annoncé un déficit record pour la saison 2009-2010 (35,6 millions d'euros), suivi d'un exercice 2010-2011 également inquiétant (28 millions de pertes). Des résultats principalement plombés par des investissements énormes effectués en 2009 et 2010, notamment sur Yoann Gourcuff (22 millions d'euros). Côté en bourse, le groupe OL a subit de plein fouet la crise économique et a vu son action perdre 5 fois sa valeur initiale depuis 2007. Des résultats qui ont forcément eu un impact sur la politique économique du club qui s'attache désormais à réduire sa masse salariale.
DES EFFECTIFS A MODIFIER
Pour s'en sortir sur le plan économique, Marseille et Lyon doivent vendre. André Ayew, Mathieu Valbuena et Loïc Rémy seront convoités cet été. En faisant le ménage, l'OM devra tout de même faire à attention à ne pas déséquilibrer son équipe qui doit surtout retrouver une défense de haut niveau. En laissant partir ses trois meilleurs éléments offensifs, l'OM prendrait un énorme risque. En revanche, Gignac, Kaboré ou encore Diarra, dont les salaires sont de plus en plus difficiles à supporter, pourraient aller voir ailleurs.
Lyon, de son côté, peut espérer de bonnes rentrées de liquidités avec la vente de joueurs tels que Kallstrom, Cissokho ou encore Michel Bastos. C'est aussi le cas de Lloris, même si l'intérêt sportif commande évidemment de le conserver. Signe de tout ne va pas si mal à Lyon, Lisandro Lopez, indispensable, s'est même déclaré pour une prolongation de son bail dans le Rhône. L'OL devrait compter encore et toujours sur son vivier de jeunes talents issus du centre de formation, Grenier et Lacazette en étant la parfaite illustration. L'interrogation majeure concerne le cas de Yohann Gourcuff, que Lyon semble vouloir conserver sans pour autant attendre beaucoup de son meneur de jeu.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité