Un monde d'écart

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Il n'y a pas eu de match à Santiago Bernabeu, lors du premier Clasico de la saison. Totalement dominateur, le FC Barcelone, emmené par un immense Ronaldinho, a humilié un Real pathétique, en s'imposant 3-0 sur la pelouse de son ennemi juré. A l'issue de c

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Crédit: Eurosport

LIGA - 12e JOURNEE
REAL MADRID - BARCELONE: 0-3Buts: Eto'o (15e), Ronaldinho (60e, 77e)
Si certains avaient encore un doute, ce Clasico l'a sans doute levé. Oui, Ronaldinho mérite 100 fois de décrocher le Ballon d'Or. Le Brésilien a encore joué les magiciens samedi soir, éclaboussant de toute sa classe une rencontre à sens unique. Son doublé en seconde période est venu parachever son oeuvre, ou plutôt son chef d'oeuvre. Même la foule de Bernabeu, pourtant consternée par la tournure des évènements, a trouvé la force de l'applaudir. C'est dire...
Il serait toutefois injuste de résumer la supériorité catalane au seul génie de Ronaldinho, si grand fut-il. Car c'est bien en équipe que le Barça est venu s'imposer à Madrid, dominant de bout en bout un Real anémique, sans corps et sans âme. C'est bien simple, les Merengue sont dépourvus de tout ce qui fait la force de son grand rival: une animation offensive cohérente, une maîtrise collective de tous les instants et une organisation sans faille.
Du grand art
Il n'a pas fallu un quart d'heure pour comprendre que le Real allait passer une sale soirée. Samuel Eto'O adressait un premier avertissement, son extérieur du droit ratant la cible d'un rien (10e). Cinq minutes plus tard, le Camerounais mettait dans le mille, après un bon travail préparatoire de Messi (0-1, 15e). Il était, déjà, évident que le Real ne trouverait pas les ressources pour revenir.
Incapables de servir ses attaquants, Ronaldo et Robinho étant complètement coupés de leur milieu de terrain, les Merengue sombraient. Transparent, à court de compétition, Zidane n'avait pas la flamme. Sans un grand Casillas, l'addition eut été plus salée avant même la fin de la première période. Messi (30e), puis Eto'O (45e) rataient ainsi le but du K.O. juste avant la pause.
A la reprise, Messi, encore lui, butait à nouveau sur Casillas (46e). L'échéance était simplement retardée. La poisse collait aux crampons madrilènes. En deux minutes, le Real allait perdre son capitaine, Raul, sorti sur blessure, et ses dernières illusions, Ronaldinho ayant mystifié le pauvre Ivan Helguera (0-2, 60e). Feintes de corps, crochets et conclusion parfaite, du très grand art.
Quatre points et un monde
Malgré une timide réaction, symbolisée par sa première frappe cadrée de la soirée, après plus d'une heure de jeu (!), le Real n'y était plus depuis belle lurette. Pour revenir dans un match comme celui-ci, face à un Barça si sûr de sa force, il eut fallu une révolution. Madrid n'avait même pas le coeur à la révolte. A l'orée du dernier quart d'heure, Ronaldinho posait la cerise sur le gâteau, après un nouveau festival (0-3, 77e).
Au terme de cette rencontre qui fera date, d'un côté comme de l'autre, quatre points séparent les deux clubs au classement. Mais c'est bien un monde qui distingue aujourd'hui ces deux équipes. Entre la plénitude atteinte par le Barça, illuminée par un Ronaldinho au sommet de son art, et un Real englué dans une crise identitaire, avec des stars en panne sèche qui n'ont de galactique que le surnom, il n'y a plus la photo. Ce n'est certes que la vérité du moment, mais elle est bien cruelle pour la Casa Blanca.
FC SEVILLE - BETIS SEVILLE: 1-0But: Maresca (49e s.p.)
GETAFE - OSASUNA: 0-0
VILLARREAL - SARAGOSSE: 0-0
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