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Le paradoxe Ibrahimovic
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Publié 10/06/2008 à 09:15 GMT+2
Malgré son immense talent, Zlatan Ibrahimovic vit une période difficile sous le maillot suédois où il n'a plus marqué depuis le 12 octobre 2005. Le Suédois est loin de son rendement à l'Inter Milan où il enchaine les prouesses. Un souci national à l'heure
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Crédit: Eurosport
Son histoire a un air d'une tragédie grecque. Pas un seul petit but depuis deux et demi. 15 longs matches ! On dirait les chiffres d'un buteur de seconde zone. Et pourtant, ce sont bien les statistiques de Zlatan Ibrahimovic en équipe de Suède. Si brillant avec l'Inter Milan où il est l'un des grands artisans des deux derniers Scudetti remportés par le club nerazzurro, "Ibracadabra", comme le surnomme la presse italienne, est loin de ce rendement sous le maillot de la Suède. Il n'est même que l'ombre de lui même. Sur les pelouses de Serie A, "Ibra" subjugue pourtant l'Italie à toutes ses apparitions: ses dribbles et ses passements de jambes, son efficacité devant le but (17 buts cette saison) font le bonheur des fans du Calcio.
En sélection, la donne est bien différente. Ibra est en panne sèche. Le dernier de ses 18 buts en 50 sélections remonte au 12 octobre 2005. Une éternité pour un joueur de cette trempe. Ce paradoxe hante tous les supporters vikings. Car tout le monde le sait bien : les performances de la Suède à l'Euro 2008 dépendront presque uniquement de lui. Mais voilà, Ibrahimovic reste une énigme pour le peuple suédois. "Il trouve des solutions que personne d'autre ne trouve. Parfois, il me surprend tellement qu'il faut que je regarde les images pour comprendre ce qu'il a fait", plaide le sélectionneur suédois.
Pas le Killer de l'Inter
Le constat est pourtant criant. Dès qu'il revêt le maillot jaune et bleu, Ibra semble paralysé. Incapable d'être le fameux "Killer" de l'Inter. "Vous ne pouvez pas comparer: en Championnat d'Italie, il dispute beaucoup plus de matches et il joue dans un club qui, la plupart du temps, archi-domine la rencontre, alors qu'avec la sélection, il y a moins de matches et on est plus rarement en position de force", détaille le technicien suédois, désormais sous le charme après l'avoir pourtant exclu de la sélection à l'automne 2006 pour avoir fait la fête dans une discothèque de Göteborg,
De son côté, Ibrahimovic ne s'emballe pas. Malgré cette terrible disette, il garde les pieds sur terre. Et joue même profil bas : "Bien sûr que je veux marquer, mais un joueur ne peut pas gagner un match à lui seul. Je ne suis qu'un des cinq attaquants retenus pour l'Euro 2008, on verra bien qui débutera contre la Grèce" mardi, a-t-il glissé, faussement inquiet. Il n'empêche : le sujet est devenu un souci national. Et tout le monde cherche la solution : "Il faut le rendre encore plus important dans notre dispositif, l'impliquer le plus possible dans notre jeu", avance Lagerbäck.
Il veut Larsson
Aussi brillant qu'arrogant, Ibrahimovic a lui son idée. Comme souvent, il ne passe pas par quatre chemins et avance clairement ses préférences : pour lui, il doit jouer avec Henrik Larsson à la pointe de l'attaque pour retrouver son efficacité : "Henrik et moi, nous avons une relation spéciale et nous avons souvent joué ensemble. Il m'aide beaucoup et il peut m'aider pendant le tournoi si nous jouons ensemble", lance-t-il. Les Elmander, Rosenberg et autres attaquants de la sélection apprécieront...
Mais Ibrahimovic est comme ça. Il a un caractère bien trempé et il faut faire avec. Après avoir raté son Mondial 2006, "Il Genio" (le génie, un autre de ses nombreux surnoms) portera encore les espoirs de tout un peuple. Malgré des problèmes au genou et un manque de compétition, celui qui pourrait devenir le joueur le mieux payé de la planète football (12 millions d'euros par an) n'aura pas vraiment le droit à l'erreur. Il devra vite être performant à l'Euro. Et ce dès le premier match face à la redoutable défense des Grecs. Histoire de mettre un terme un terme à cette tragédie...
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