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Susic, le Pastore de papa
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Publié 11/10/2011 à 10:49 GMT+2
Joueur emblématique du Paris Saint-Germain durant les années 80, Safet Susic est de passage du côté de la capitale alors que la Bosnie joue sa qualification à l'Euro face à la France (21h). Numéro 10 de génie, Susic avait à peu près tout. Comme un certain Javier Pastore.
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Crédit: Eurosport
L'histoire aurait pu être encore plus belle. Plus troublante. Imaginez ce France - Bosnie au Parc des Princes. Safet Susic dans son jardin, face aux Bleus. Un peu comme Diego Maradona défiant l'Italie à Naples en demi-finale de la Coupe du monde 1990. Susic aurait été un peu chez lui. Dans une maison qu'il a désertée depuis vingt ans. Mais qui n'a pas si changé que ça et où son nom a toujours une signification. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs ? Joueur du Paris Saint-Germain entre 1982 et la fin de la saison 1991, celui qui était alors international yougoslave a incarné le club de la capitale de l'ère Borelli. Comme Javier Pastore sera peut-être le visage du PSG version Qatari.
Safet Susic à Paris, c'est un titre de champion de France. Le premier du club (1986). Une Coupe de France (1983). 343 matches disputés (ndlr : seul Jean-Marc Pilorget en a joué plus), 85 buts et des pelletés de passes décisives. Derrière ces chiffres, il y a bien plus. Un amour indéfectible pour un footballeur qui a été de tous les combats. Jamais blessé, jamais suspendu, Susic a incarné une certaine idée du football. Qui a vu jouer Safet Susic n'a pu oublier ce port altier, ce meneur de jeu au geste juste conduisant le ballon torse bombé, tête haute à un train de sénateur.
L'Italie s'est "privée" de Susic
Le plus savoureux dans tout ça, c'est que Safet Susic n'était finalement pas destiné à jouer au Paris Saint-Germain. Lorsqu'il évoluait à Sarajevo, le milieu de terrain rêvait de passer de l'autre côté du rideau de fer pour rallier l'Italie et sa Serie A. Deux clubs étaient d'ailleurs sur les rangs : le Torino et l'Inter. A l'époque, Susic était tellement intéressé par les propositions piémontaise et lombarde qu'il avait signé un pré-contrat... avec les deux clubs. La ligue italienne n'a pas aimé. Tellement peu qu'elle a suspendu le joueur de toute activité en Italie durant un an. Du coup, Susic a atterri au PSG.
Safet Susic a été le premier très grand numéro 10 du club. Bientôt suivi par les Valdo, Raï, Ronaldinho et, désormais Javier Pastore, lointain successeur du meilleur joueur bosnien de tous les temps. Agé aujourd'hui de 56 ans, Safet Susic voit-il en l'Argentin un Susic du XXIe siècle ? "Il est beaucoup plus grand que moi", élude celui qui se qualifie de "plus français des Bosniens". A part ça ? Un point commun que le public du Parc des Princes n'a pas mis longtemps à cerner : le talent. Susic comme Pastore ont ce petit quelque chose qui fait la différence et vous propulse dans une autre sphère.
D'ailleurs, avec l'Argentin aux manettes, Safet Susic - qui a toujours une maison dans les Yvelines et avait postulé pour succéder à Paul Le Guen en 2009 - voit bien le Paris Saint-Germain se hisser tout en haut de la hiérarchie nationale. Même s'il n'a plus fréquenté les travées du Parc des Princes depuis un bon bout de temps, le sélectionneur de la Bosnie-Herzégovine est à la page. "Ça marche très bien. Ce n'est pas une surprise. Je leur souhaited'être champions.J'espère qu'ils vont tenir jusqu'au bout. Ils ont fait un super recrutement, avec un des meilleurs jeunes joueurs du monde." Celui-ci sera peut-être un jour aussi célèbre et adulé que Safet Susic. Peut-être.
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