L'année des Bleus est enfin terminée, ouf ! Une année 2008 qui aura ressemblé à un long chemin de croix au détour d'un Euro catastrophique. La France du foot n'a pourtant de cesse d'encenser ses joueurs et de dire que les Bleus ont du talent à revendre, des solutions de rechange à chaque poste. Le dernier match de la saison, au stade de France face à la modeste équipe d'Uruguay, aura offert un affligeant spectacle.
Un match international en plein mois de novembre n'arrangeait personne. De là à prendre les choses de haut, il y a un gouffre où l'ensemble des joueurs de l'équipe de France s'est plongé sans sourciller. Parler d'ennui mercredi soir dans l'enceinte de Saint-Denis n'a rien d'illogique. Ce qui l'est plus, c'est d'entendre le discours stéréotypé du sélectionneur national lâchant que "l'équipe était en progression"...
Mais de quelle progression veut donc parler Raymond Domenech ? De celle de ne pas prendre de but face à une équipe qui n'a plus fait de résultats internationaux depuis une victoire en 1995 en Copa America ! A force de voir jouer les Bleus, on en vient à se contenter de sourire face à l'enthousiasme d'un Steve Savidan, tout heureux de fêter sa première cape.
Du plaisir ! Quel plaisir ?
Reste qu'on se demande bien où sont les fameuses résolutions du conseil fédéral qui imposait un style attractif et plaisant au sélectionneur. Le match de mercredi soir ne peut cacher une évidence. L'équipe de France n'a aucun projet de jeu et s'enorgueillir de battre la Tunisie (3-1) et d'accrocher le nul face à l'Uruguay (0-0) n'a rien de reluisant. Le sélectionneur n'a rien changé à son mode de fonctionnement antérieur malgré les effets d'annonce.
Sur le dernier match de l'année, ses choix ont encore étonné à défaut de détonner. Il existe dans la méthode Domenech une irascible envie de faire réagir médias et supporters. Que le football français n'ait pas la mémoire courte est une chose mais on se demande si l'idée de faire jouer des joueurs sur la retenue (Vieira, Anelka, Henry pour ne citer qu'eux) est la meilleure manière de redorer l'image d'une équipe qui n'a aucun repère.
Le danger est bien là avec ces Bleus. Sans ligne directrice claire, sans fond de jeu malgré l'éclosion de Gourcuff, Raymond Domenech continue de naviguer dans un brouillard pouvant le mener jusqu'à une pétole inquiétante. Puisque les mois à venir l'ont bizarrement conforté dans sa position, on en vient à espérer que les talents conjugués de la jeune génération viennent gommer les manquements actuels. Le seul maître à bord est connu et a épuisé de nombreux jokers. Aura t-il la capacité de redorer l'image des Bleus? Le doute s'intensifie de manière inquiétante...



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