Jouer la Coupe du monde 2022 en hiver? L'idée n'est pas nouvelle. Elle avait surgi dès l'élection du Qatar comme pays hôte de la compétition en décembre 2010. Sepp Blatter, président de la FIFA, avait alors confié qu'il était préférable de jouer dans un "climat agréable" aussi bien pour les joueurs que les spectateurs plutôt que couvrir et de climatiser les stades. Michel Platini vient d'en remettre une couche dans une interview au London Evening Standard. Et le président de l'UEFA va même plus loin, suggérant l'arrêt des compétitions européennes en pleine saison pour disputer l'épreuve de novembre à décembre... en 2021.
"J'espère qu'elle se tiendra en hiver, explique Platini. Il faut aller au Qatar à la meilleure période pour tous les participants. Vous avez vu en Afrique du Sud? Il faisait froid et personne ne sortait. Il fallait rester à l'hôtel." Son idée? Disputer l'épreuve entre le 2 novembre et le 20 décembre l'année précédente, ce qui serait une première dans l'histoire de la compétition. "En janvier (2022), c'est difficile, ajoute-t-il, car il y aura les Jeux olympiques (en février dans un lieu à déterminer, NDLR). Si on s'arrête à cette période, on terminera la saison en juin au lieu de mai."
L'Emir du Qatar avait promis l'hiver à Platini
La perspective de couper la saison n'effraie pas celui qui est à l'origine de plusieurs réformes dans les compétitions européennes. "En dix ans, on peut se décider pour reporter la saison d'un mois. Ce n'est pas un problème. C'est pour le bien de la Coupe du monde, la compétition la plus importante au monde." Platini révèle d'ailleurs dans cette interview qu'il avait voté pour le Qatar car l'Emir lui avait promis qu'elle se tiendrait en hiver en raison des fortes températures l'été. "Je lui ai dit que je voterai pour le Qatar mais que je préférais que ce soit en hiver. Il voulait mon vote. Il a dit 'oui bien sûr'. Maintenant il a changé d'avis."
Le projet s'annonce complexe. Même si Platini et Blatter semblent sur la même longueur d'onde, il leur faudra déjà convaincre les organisateurs de décaler l'épreuve. Mais c'est sans doute le plus simple. Les clubs européens, qui ne voient jamais d'un bon oeil le départ de leurs internationaux, seront bien plus réticents à couper leur saison en plein élan. Comment gérer cette trêve? Les joueurs qui reviendraient blessés? Et quid des supporters dont les déplacements pourraient être moins simples à cette période de l'année qu'en été? Platini a dix ans pour apporter des solutions. Enfin un peu moins...




























