La touche Ricardo

Eurosport sur Google

Cinq mois après son arrivée dans un club de Bordeaux démoralisé, Ricardo a ravivé la flamme d'un groupe finalement peu chamboulé, au point de lui faire jouer, sans éclat ni bruit, les premiers rôles en Ligue 1, avec une incontestable marge de progression.

Eurosport

Crédit: Eurosport

"Je n'ai jamais dit qu'on serait extraordinaire. Mais qu'on serait bon, ça, oui", c'est l'antienne du manageur brésilien à chaque interrogation sur le réel potentiel des Girondins. Qui, de bouts de matches en performances mitigées, se retrouvent solides 2e. Avec un label "peut mieux faire". Il y a six mois, Bordeaux jouait le maintien lors de la dernière journée, avec une succession de prestations psychotiques indignes d'un groupe pétri de talent à défaut d'expérience (Mavuba, Chamakh, Faubert, Planus) à qui tout semblait promis, et qui faillit tout perdre.
"Il s'agissait de redonner la confiance à des bons joueurs, leur faire retrouver leurs bonnes habitudes. Un bon joueur sans confiance ne fait pas grand chose", explique Ricardo, qui ne sent pas pour autant qu'il dit sortir de son "rôle d'entraîneur" pour devenir "psy". Des entretiens individuels, collectifs, un 2e stage de pré-saison en Italie "car on avait besoin de rester ensemble", des premiers résultats qui aident, et la confiance revient. "A la fin de saison, ils voulaient tous partir. Là, ils sont heureux, je crois ", ajoute-t-il avec une mise en garde: "aujourd'hui ça va, mais il faudra garder la confiance dans nos moments difficiles".
"C'est banal"
Les joueurs parlent de son "charisme", de " la discipline, la rigueur" (David Jemmali) qu'il a amenée, d'un surcroît de "lucidité, de réalisme" (Kodjo Afanou). Lui demande "rigueur, travail et bonne ambiance". Et prévient: "Je ne suis pas là pour être l'ami des joueurs. Se faire des amis c'est facile. Faire une bonne équipe, c'est plus difficile". Parallèlement à son écoute du groupe, Ricardo a avalé des heures de vidéo des Girondins, misé sur des investissements "immédiats " (Cheyrou, Smicer, Fernando, Denilson), et d'autres qu'il pressent "magnifiques" pour Bordeaux à terme (Perea, Alonso, Henrique), avec un idée fixe: l'équilibre.
"Je suis gêné à quel point c'est banal, mais ce que je recherche c'est l'équilibre, entre la défense et marquer des buts ", plaide l'ancien défenseur du Brésil (65 sélections) et du Paris SG, aujourd'hui entraîneur de la meilleure défense de L1. "J'adore le football très offensif. Mais une équipe équilibrée va gagner plus de matches, même sur des petits scores". Si les Girondins 2005/06 ont fait preuve d'équilibre, c'est par moments, par secteurs de jeu, par tranches de matches.
Ricardo le sait et demande du temps: "C'est difficile de former une équipe en quatre mois, même dans les clubs aux gros investissements. C'est plutôt huit, dix mois, voire un an". Pour l'heure, lui suffit la satisfaction "d'avoir gardé le groupe et changé les mentalités". Et l'ambition de progresser par touches, par petits pas, pour "devenir toujours plus forts", en position de dauphin discret. "Rester comme cela nous va très bien. Je n'ai pas envie de faire du bruit ".
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité