Eurosport
Blanc s'agace déjà
Par
Publié 12/07/2007 à 20:45 GMT+2
Après la défaite de Bordeaux en amical contre Libourne-Saint-Seurin (0-1), Laurent Blanc a tenu à mettre les choses au clair. Enervé par la lenteur du recrutement de ses dirigeants, l'ancien défenseur des Bleus n'a pas caché son mécontentement. Il veut du
Eurosport
Crédit: Eurosport
Laurent Blanc commence déjà à découvrir les difficultés du métier d'entraîneur. Et particulièrement celui d'entraîneur de Bordeaux. Moins d'un mois après sa nomination à la tête des Girondins, le "Président" est déjà sur les nerfs. Et il ne s'en cache pas. Mercredi soir après la défaite de son équipe contre Libourne-Saint-Seurin (0-1), il a même tenu à remettre les choses au clair. Enervé par le nombre restreint de ses futurs titulaires (Ulrich Ramé, Johan Micoud, Alejandro Alonso, Wendel, et l'ancien Lillois Mathieu Chalmé), il s'est emporté à la sortie des vestiaires. "En ce moment, on fait un bon travail physique. J'ai discuté avec Didier Tholot (entraîneur de Libourne-Saint-Seurin), il m'a dit qu'il n'avait pas beaucoup de moyens. Mais je lui ai répondu qu'il avait au moins un groupe sur lequel il va pouvoir compter tout au long de la saison. Moi, ce n'est pas le cas", regrette-t-il.
Bien sûr, Bordeaux n'est pas gâté ces derniers temps. Entre les blessés (Marc Planus, Franck Jurietti, Henrique, Florian Marange, Fernando Cavenaghi), les absents pour raisons personnelles (Jussiê) et ceux retenus en sélection (Fernando et Edixon Perea à la Copa America) ou revenus plus tardivement en raison des éliminatoires de la CAN (Marouane Chamakh et David Jemmali), les Marine et Blanc n'ont pas grand monde à l'entraînement. Laurent Blanc doit donc se décarcasser pour trouver des joueurs lors des matches. Mais en fait, le mal semble plus profond. C'est surtout l'inactivité de ses dirigeants sur le marché des transferts qui agace l'homme aux 97 sélections en équipe de France.
"Un peu d'agacement"
Car depuis le début de l'été, la tendance en Gironde est plus aux départs qu'aux arrivées. C'est simple, alors que sept joueurs ont quitté Bordeaux (Darcheville, Cid, Enakarhire, Dalmat, Faubert, Beto, Mavuba), les signatures ne se bousculent pas. Loin de là. En fait, seul Mathieu Chalmé est venu renforcer un effectif bien maigre. "C'est un message à ceux qui veulent que Bordeaux soit ambitieux, a ajouté le nouvel entraîneur des Girondins. Moi, je le suis beaucoup, je pense que ce groupe a de la qualité mais il faut ajouter des joueurs car il nous en manque pas mal. Si Bordeaux veut avoir les moyens de ses ambitions, il faut recruter cinq joueurs."
Laurent Blanc s'agace ouvertement. Il veut des recrues et met la pression sur ses dirigeants. Et pourtant, il était prévenu. Ricardo, son prédécesseur sur le banc, avait eu le même problème. Pendant deux saisons et malgré la qualification en Ligue des Champions, le Brésilien n'avait cessé de demander à ses dirigeants des renforts pour étoffer son effectif. Mais malgré les nombreuses rumeurs d'arrivées, l'ancien joueur du PSG n'avait pas eu ce qu'il voulait. A son grand regret. Pis encore, depuis plusieurs saisons, un constat s'impose : M6, actionnaire majoritaire du club aquitain, n'a pas pour habitude de casser sa tirelire. Surtout depuis quelques échecs...
Un mois après son arrivée, Laurent Blanc se retrouve déjà face à une situation délicate. L'ancien champion du monde et d'Europe, qui est "à la recherche en priorité d'un défenseur central et d'un milieu défensif pour suppléer le départ de Rio Mavuba, puis deux, voire trois bons joueurs", va devoir trouver les mots justes pour convaincre Jean-Louis Triaud et consorts de lâcher du lest. Pas une mince affaire. Surtout que l'ancien libéro attiré vers l'avant vise haut. Il voudrait Mickael Silvestre, Jean-Alain Boumsong ou Zoumana Camara. Du lourd. Pas vraiment dans les habitudes girondines. Pour autant, les liquidités offertes par les transferts de Mavuba et Faubert ouvrent des voies. "Je sais qu'il faut être patient, c'est une de mes qualités, mais j'avoue qu'il y a un peu d'agacement de ma part" , a-t-il conclu. Entraîneur est décidément un dur métier... Et surtout à Bordeaux.
Publicité
Publicité