549 minutes de mutisme. 549 minutes à gamberger. Dire que le début de saison de Yoan Gouffran fut décevant relève de l'euphémisme. Premier but face à Metz le 22 septembre après neuf journées et huit titularisations. On a connu éclosion plus spectaculaire parmi l'élite. D'autant qu'à l'image de sa feuille de statistiques, les prestations du milieu offensif caennais restaient plutôt insipides. Peu d'apport dans l'animation offensive, peu d'initiative, du talent par intermittence, ce pur produit du centre de formation caennais ne parvenait pas à prendre le jeu à son compte.
A sa décharge, il n'a jamais rechigné à la tâche, n'hésitant pas à s'acquitter à des tâches défenses plus obscures. "Yoan, il y a beaucoup d'attentes envers lui, ce n'est pas facile à gérer à son âge. Mais il n'a jamais pris personne de haut dans le groupe" , analyse son coéquipier Titi Deroin. "Il ne triche pas, a du talent mais il faut le laisser grandir tranquillement ", renchérit Grégory Leca. Car c'est bien là que se situe le problème.
Qu'un joueur habitué aux joutes de Ligue 2 n'impressionne pas dès ses premiers pas parmi l'élite n'est, en soi, pas surprenant. Mais Gouffran n'était pas vraiment un pensionnaire de L2 comme les autres. Elu meilleur joueur de l'antichambre l'an dernier, l'international Espoirs cristallisait l'intérêt de nombreux observateurs, suscitait l'intérêt de quelques grosses écuries. Arsenal, Paris sont venus sonder les dirigeants du Stade Malherbe. En vain. Et c'est sans doute l'une des raisons de son départ laborieux.
"Quelque chose est cassé"
Car Gouffran souhaitait changer d'air, grandir au sein d'un club plus huppé. "Je suis déçu de l'attitude de Franck Dumas et des dirigeants. Comme j'avais fait une bonne saison, je pensais qu'ils allaient être plus reconnaissants. Ils ne m'ont pas gâché la carrière mais empêcher de franchir un palier", déclarait Gouffran lors de la clôture du mercato. Alors les jambes en Normandie et la tête à Paris ? " Je suis encore au club mais quelque chose est cassé." Alors qu'il impressionnait toujours autant avec les Espoirs, le natif de Villeneuve-Saint-Georges traînait sa misère au stade Michel d'Ornano.
Il aura fallu quelques semaines au jeune prodige pour digérer sa frustration et retrouver l'envie. Avec 15 buts en 37 matches la saison dernière, il avait un rang à tenir. Confirmer, voilà sans doute le plus difficile, Gouffran l'a appris à ses dépens. Il lui faudra patienter jusqu'à la 13e journée pour signer une prestation à la hauteur des attentes qu'il a suscitées pendant l'intersaison.
Un doublé face au Mans pour lancer sa saison ? "On a retrouvé le Yo qu'on connaissait. Et il est complètement concerné par le Stade Malherbe", estime Franck Dumas. Une mise au point qui semble paradoxalement annoncer un départ imminent. Plusieurs sources concordent, Gouffran devrait dès cet hiver rejoindre la capitale, il aurait même déjà paraphé un contrat de trois ans et demi. Un accord autour de 4 millions d'euros aurait été trouvé début novembre, une période qui coïncide avec le retour en forme du Caennais. Simple hasard ? Une assurance de défendre le maillot du PSG dès janvier a pu décupler sa motivation et enterrer sa rancune envers les dirigeants caennais. Quoi qu'il en soit Caen peut se réjouir d'avoir retrouver son principal argument offensif. Reste à savoir pour combien de temps.
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