Football - Ligue 1
28/02/2009 - 00:00Blanc: "Trop de nervosité"

Pour Laurent Blanc, l'élimination de Bordeaux par Galatasaray en Coupe de l'UEFA traduit l'excès de nervosité des Girondins. L'entraineur bordelais estime par ailleurs que son équipe n'est pas en mesure de concurrencer Lyon dans la course au titre. Il explique pourquoi.
LAURENT BLANC, quel constat faites-vous au lendemain de cette élimination en Turquie ?
L.B. : Elle est cruelle sur le résultat, sur la façon dont s'est déroulé le match. Mais si on analyse bien, il faut prendre conscience qu'on a marqué trois buts et qu'on en a pris quatre. J'ai revu le match, on a fait preuve de trop de faiblesses dans le domaine défensif, on a laissé trop d'espaces. Les joueurs savent qu'on a été mauvais. Le déroulement du match, qu'on a en mains après 12 secondes, fait qu'on aurait dû être beaucoup plus costaud défensivement. Si on l'avait été, on se serait qualifié. On était pragmatique sur les problèmes récurrents offensifs de Bordeaux, là on s'est aperçu que le problème de l'équipe est de trouver une base défensive solide.
Comment peut-on l'expliquer ?
L.B. : Sincèrement, je pense que Bordeaux fait preuve de trop de nervosité. C'est une chose que je ressens depuis le début de saison. Trop de nervosité individuelle qui se traduit dans le collectif. Quand on a des matches difficiles comme jeudi, il faut faire preuve de sérénité. Cette nervosité individuelle rajoute beaucoup de difficultés pour faire des performances.
A-t-on placé Bordeaux plus haut qu'il ne le mérite ?
L.B. : Je suis l'un ou le mieux placé pour connaître la réelle valeur de mon groupe. Je sais qu'il est capable d'élever son niveau de jeu comme contre Paris (4-0) mais la réelle valeur n'est pas forcément celle qui a joué contre Paris, ni forcément celle qu'on a vue jeudi soir, elle se situe entre les deux. Il y a trop de différences dans la performance individuelle et collective. Si on se lance des défis trop élevés qu'on n'arrive pas à relever, cela amène forcément cette nervosité. Que ce soit à titre individuel ou collectif, on est loin des performances que l'on espérait, il faut en être conscient.
Quel genre de discours devez-vous tenir pour repartir de l'avant ?
L.B. : C'est de dire la vérité à ses joueurs, qu'elle soit bonne ou mauvaise à entendre. On s'épanche beaucoup sur les problèmes de Bordeaux, le coup de moins bien, c'est un fait, une réalité, mais il y a des choses positives à retenir. Malgré le mois de février catastrophique au niveau comptable, on est toujours dans le coup pour jouer les trois premières places, on a la meilleure attaque. Les éléments qui nous ont fait défaut hier sont à prendre en considération. En Coupe d'Europe, avec le manque de concentration, résumé sur le dernier but que l'on prend, qu'est-ce que vous voulez espérer de plus ? Pas espérer vous qualifier ni aller loin dans cette compétition, pas espérer jouer les trois premières places en Championnat. Il faut le dire, même si ce n'est pas un plaisir à entendre.
Par rapport à ce constat, la course au titre reste-t-elle d'actualité ?
L.B. : Non. Je peux le dire sans problème, je ne l'ai jamais pensé. Il ne faut pas mentir aux gens, ni se mentir à soi-même. Dans la vie, la vérité tombe souvent. Il n'y a pas non plus de catastrophisme. Bordeaux est capable d'élever son niveau de jeu et être concurrent direct avec les grosses équipes du Championnat et avec la grosse équipe de L1 qui est Lyon mais sur un Championnat, on n'a pas les moyens.















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