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Lens, c'est insupportable
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Publié 16/12/2010 à 16:06 GMT+1
Une place de relégable, des joueurs qui craquent, des supporters en grève... telle est la situation inquiétante de Lens avant un match crucial face à Caen, samedi. Le mal est désormais profond. Mais Gervais Martel, s'il estime que "l'union aurait été bénéfique", veut toujours y croire.
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Cette fois, rien ne va plus. Lens traverse une crise profonde. Sportive, d'abord. Après un nouveau revers à Lorient (3-0), le huitième de la saison, le club artésien pointe à une 19e place inquiétante. Avec 30 buts encaissés, seul Arles-Avignon affiche une plus mauvaise défense. Un bilan qui n'a jamais été aussi catastrophique depuis la saison 1988-89. Cette année là, le RCL était descendu. Et c'est la menace qui plane une nouvelle fois au-dessus de la tête de Gervais Martel et ses troupes. En coulisses, la situation se dégrade également à vu d'oeil. Selon France Football, Jean-Guy Wallemme et Jacques Santini ne se parleraient plus. Du côté des joueurs, ce n'est guère mieux. Excédé par les provocations des supporters à l'issue du match, samedi, Vedran Runje est sorti du bus pour s'expliquer. S'en est suivi un échange d'insultes au cours duquel le Croate a clairement franchi la limite : "Va n... ta mère, ça fait trois ans que je me casse le cul pour vous, fils de p..., vous n'êtes pas des supporters, vous êtes nuls". Une nouvelle égratignure dans l'image déjà ternie des Sang et Or.
Preuve de l'urgence de la situation, Gervais Martel a lui-même convoqué la presse cette semaine. Une sorte de réunion de crise motivée par le "besoin de retrouver la sérénité". Le président avait même sommé Demont et Runje, les deux joueurs les plus souvent pointés du doigt, d'être présents pour calmer les tensions. Revenant sur l'incident, le portier lensois a refusé de s'excuser mais s'est défendu : "Il y a toujours trois ou quatre mecs bourrés qui viennent foutre la merde. Nous sommes 19e donc critiquables. Mais il ne faut pas s'attaquer aux hommes. Donc je me défends". "Il doit comprendre que l’énervement n’apporte rien. Les discours doivent être réfléchis et mesurés", lui a demandé Martel qui, sans le condamner totalement, a annoncé des sanctions : "Il y a eu des sanctions. Je n’ai jamais cautionné ce qu’il s’est passé mais j’ai une entreprise à gérer. Je ne vous dirais pas de quelles sanctions il s’agit mais elles sont un peu spéciales".
"L'union aurait été bénéfique"
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"C'est toujours regrettable d'en arriver là", a renchéri Yohan Demont. Après plusieurs épisodes houleux (une altercation avec Kovacevic puis un coup de poing dans un mur suite à une vive explication avec Jemaa), le latéral droit a quant à lui été accusé d'avoir jeté son brassard. "Jamais je ne l’ai jeté ! Ce brassard, je le porte avec fierté", a juré le capitaine du RCL en l'absence d'Adil Hermach. Il en appelle donc au calme. "Le souci est d’entendre plus d’insultes que de chants. C’est embêtant pour les joueurs mais aussi pour l’image du club d’autant plus qu’il ne s’agit que d’une minorité un peu énervée", a-t-il regretté. "Bien entendu nous comprenons l’agacement au regard de nos résultats", a-t-il ajouté. Mais "avoir le public à dos représente un handicap. Subir le poids de tout un stade, ce n’est pas non plus l’idéal. Il y a trois ans (saison soldée par la rétrogradation en L2), nous avons déjà vécu cela avec un groupe expérimenté. Il y avait eu des olas contre nous, des sifflets. Mais cela n’amène rien", a estimé le joueur lensois.
Visiblement, Demont a été entendu. Mais sans doute pas comme il l'espérait. Les supporters ont en effet appelé au boycott samedi au stade Félix Bollaert contre Caen (18e), un rendez-vous capital pour le maintien que Lens pourrait disputer sans son principal soutien. Le meilleur public de France en a marre et il l'a fait savoir. "Yohan Demont a déclaré cette semaine qu'il préférait un stade qui ne chante pas plutôt qu'un stade qui le siffle. Il sera rassuré, aucun de nos sifflets ne viendra entacher sa énième piètre prestation", lui ont répondu les supporters dans un communiqué signé par six associations. Le point d'orgue d'un désamour grandissant. Face à Auxerre (1-1), déjà, ils n'étaient que 27 147 dans les travées de Bollaert. Un seuil jamais atteint depuis douze ans. Interrogé sur cette grève annoncée, Gervais Martel a assuré respecter "la décision des supporters". "Ne pas aller au match, c'est excessif. Mais on est en démocratie", a-t-il toutefois estimé. "Il y a chez certains des notions de manque de fierté, de résultats, et de l’agacement. Mais je ne veux pas de fracture entre supporters", a-t-il encore affirmé avant de reconnaître que "l'union aurait été bénéfique".
Un mercato actif ?
Gervais Martel a donc brandi son bâton de pèlerin pour défendre son club avec toute la sincérité qui le caractérise. "On croit tous que le maintien est réalisable si nous corrigeons notre trajectoire", est persuadé le dirigeant nordiste. "J’ai déjà vécu des périodes plus difficiles que celle-ci où nous sommes 19e ex-aequo, assure-t-il. Mais ne vous inquiétez pas, on ne s’appuie pas sur une canne blanche à se dire qu’il fera jour demain. Je ne suis pas en train de faire ma méthode Coué mais je veux qu’on s’en sorte et on va s’en sortir. On va tous s’accrocher comme on l’a fait à la guillotine en 2008". Mais il prévient : "Maintenant, parler ne suffit pas. On veut des actes". Le président pourrait montrer l'exemple l'hiver prochain pour tenter de renouveler un effectif usé et quasiment inchangé depuis quatre ans. "On ne va pas rester les bras croisés. C'est vrai qu'on est en train de réfléchir à des modifications d'effectif", a-t-il dévoilé sur RMC. En attendant, on espère que la solution viendra du terrain. "L’adversaire, samedi, c’est Caen. Il ne faut pas se tromper d’objectif", a rappelé Wallemme.
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