Corgnet, l'insouciant

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Anonyme amateur il y a encore deux ans, Benjamin Corgnet fait aujourd’hui partie des bons joueurs de Ligue 1. Le milieu de terrain de Dijon pourrait même rejoindre l’Angleterre, où il compte quelques partisans, dans les prochains mois. Rencontre avant le match face à Auxerre ce soir (19h).

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Crédit: Eurosport

Sa marionnette n’est encore qu’une prophétie, mais son bref passage aux Guignols de l’Info il y a une petite quinzaine de jours est le signe d’une petite notoriété naissante. La séquence, qui mettait en scène un Nicolas Anelka tentant - sans convaincre personne - que son exil chinois n’était motivé que par le challenge sportif, s’était terminée par simple une question posée par PPDA. "Connaissez-vous Benjamin Corgnet ? Non ? C’est pourtant un des meilleurs joueurs de Ligue 1."
L’allusion "a beaucoup amusé" l’intéressé. Être à 24 ans un des joueurs de Ligue 1 dont on parle le plus en ce moment, du moins quand il ne se passe rien au Paris-SG où à Marseille, cela n’a a priori rien de révolutionnaire. Cela le devient si on se rappelle que Corgnet évoluait encore en CFA2 lors de la saison 2009-2010 avec Chasselay. Et qu’an an plus tôt, le Mosellan passait ses dimanches sur les terrains de Division d’Honneur avec Millery-Vourles, un club de la Ligue du Rhône. "J’étais étudiant en BTS optique. Il y a deux ans, à peu près à la même époque, j’étais venu à Dijon (Ndlr : alors en Ligue 2) pour effectuer en essai", se souvient-il. Corgnet avait atterri à Dijon pour trois jours après que Patrice Carteron, l’entraîneur du DFCO, eut écouté les conseils de Ghislain Anselmini, l’ancien joueur de l’OL. "Ghislain était mon coéquipier à Chasselay, et il connaissait Carteron."
Le diplôme avant le contrat pro
En soixante-douze heures, celui-ci comprend qu’il tient peut-être un joueur prometteur. Et Carteron s’empresse de lui proposer un contrat professionnel. "Mais j’ai refusé, car je voulais d’abord terminer mes études et obtenir mon diplôme. C’était prioritaire, puisque je n’imaginais pas devenir footballeur. J’étais content de venir faire un essai dans un club pro, mais dans mon esprit, j’allais devenir opticien et continuer à jouer en CFA." Son diplôme obtenu et les idées plus claires, Corgnet signe en juin 2010 son premier contrat à 2 500 euros par mois, appartement en prime. "Je m’étais dit que même si ça ne marchait pas, j’avais mon diplôme, et que je pouvais devenir opticien." Ses premières performances en Ligue 2 vont définitivement l’installer dans son nouveau monde. Son contrat est prolongé et revalorisé, et Corgnet participe activement à l’accession du DFCO en Ligue 1. "Patrice Carteron m’a rapidement fait confiance. Pour moi, les choses étaient peut-être plus faciles dans le sens où je suis arrivé à Dijon avec mon diplôme et sans pression particulière. J’étais complètement libéré." Installé longtemps devant la défense, il demande même à son entraîneur de le faire glisser à un poste de numéro 10. Une expérience vite interrompue par Carteron.
C’est pourtant dans ce rôle que Corgnet s’est hissé parmi les bonnes surprises de cette première moitié de saison, inscrivant même six buts. "J’ai débuté le championnat en milieu défensif, et c’est lors de la seconde mi-temps de la rencontre à Evian-Thonon-Gaillard (1-0, le 27 août) que j’ai joué plus haut. Je pense avoir plus d’influence en jouant en 10, derrière l’attaquant. En Ligue 2, où il y a moins d’espaces, où les lignes sont plus resserrées, je n’étais pas vraiment à l’aise dans ce rôle. Là, j’ai plus de liberté. Enfin, un peu moins depuis quelques matches", admet-il, parfaitement conscient que sa réputation de perforateur de défenses s’est largement propagée. Et pour un joueur au parcours atypique, jamais passé par un centre de formation, l’adaptation à un niveau qu’il aurait jamais imaginé atteindre il y a encore deux ans s’est faite jusqu’à maintenant sans réelle difficulté. "Sincèrement, je pensais que j’aurais plus de mal. Depuis que je suis pro, j’ai amélioré mon alimentation, je fais plus attention à la récupération, mais je pense avoir conservé cette insouciance. Je suis toujours aussi heureux de me lever pour venir à l’entraînement."
Un faible pour l’Angleterre et l’Allemagne
Cette distance qui accompagne son évolution ne se dément pas à l’évocation des rumeurs sur son possible départ de Dijon vers l’Angleterre, lui qui assure "également beaucoup apprécier le championnat d’Allemagne." Suivant les jours, ce sont Chelsea, Liverpool, Newcastle, Blackburn ou Aston Villa qui s’intéresseraient à celui qui a désormais comme agent Jean-Pierre Bernès. "Je ne suis pas pressé de partir. Mon souhait, c’est de terminer la saison avec Dijon, car j’ai encore beaucoup à apprendre." Sauf que Corgnet a une valeur marchande estimée selon les sources à 9 millions d’euros, et que rien n’interdit de penser que le DFCO, en cas d’offre jugée satisfaisante, consente à laisser partir dès cet hiver son milieu de terrain. Et aussi à condition de trouver une solution de rechange. Corgnet n’est pas encore parti…
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