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Debuchy monte d'un cran
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Publié 27/10/2011 à 15:28 GMT+2
Formé comme milieu défensif, Mathieu Debuchy est devenu un latéral droit très offensif avec Lille, qui va à Valenciennes ce soir. Claude Puel, à l'origine de son repositionnement il y a huit ans, nous explique comment le défenseur du LOSC s'est imposé à un poste auquel il n'était pas prédestiné.
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Le couloir droit est son jardin. Mathieu Debuchy s'y sent comme un poisson dans l'eau. Il presse, harcèle, déborde, accélère, centre. Et marque : déjà trois buts en Ligue 1 cette saison, dont un sur penalty. Le Lillois est un latéral offensif. Très offensif. Dimanche, depuis les tribunes du Stadium Nord, l'intuition s'est muée en évidence. Face à Lyon (3-1), Debuchy a passé l'essentiel de son temps dans le camp de l'OL. Comme face à l'Inter (0-1), trois jours plus tôt, comme toujours en fait, Florent Balmont assurait ses arrières. "Mathieu n'est pourtant pas un vrai ailier droit", nous explique Claude Puel.
L'ancien entraîneur de Lille n'est pas étranger à l'éclosion de Debuchy. En 2003, c'est lui qui l'a repositionné sur le côté, alors que le natif de Fretin avait été formé comme milieu défensif. "Il n'avait pas assez d'impact pour ce poste, souligne Puel. Il se perdait un peu." Debuchy s'exile donc à droite. Un cran plus haut. "En le replaçant comme milieu droit, je savais que ça l'aiderait à franchir un cap. Il a été obligé de jouer au ballon. D'étoffer son volume de jeu. Avec le temps, il est devenu un très bon joueur." Puis le temps est venu de passer encore à autre chose : "Il plafonnait pour le très haut niveau."
"On aurait dit qu'il jouait son vingtième match en Bleu"
C'est pour cette raison que Puel, en le laissant à droite, l'a fait redescendre d'un cran. "Mathieu est plus à l'aise quand il a le jeu face à lui." Rudi Garcia l'a bien compris. Il l'a donc stabilisé au poste de latéral droit. Quand l'actuel coach des Dogues évoque Debuchy, il parle "d'un garçon qui a pris conscience de son potentiel et qui bosse dur au quotidien". "Il a beaucoup travaillé sa qualité de centre, reprend Puel. Au départ, il ne savait pas centrer. On l'a fait énormément travailler. Tellement qu'une fois, il a fini l'entraînement sur une jambe."
Aujourd'hui, Debuchy récolte le salaire de la sueur. Il est devenu un rouage essentiel de l'attaque lilloise. Mais aussi un combattant, "qui met la tête là où d'autres ne mettraient pas le pied" (Puel). En mars 2006, il a payé cet engagement au prix fort. Lors d'un choc avec le Strasbourgeois Abou Mosalem Farag, Debuchy se blesse au genou droit. Rupture des ligaments croisés. Sept mois d'arrêt. Cinq ans et demi plus tard, il compte 195 matches et huit saisons en L1. Et une cape en équipe de France, honorée le 7 octobre, face à l'Albanie (3-0). "Pour sa première sélection, il a dégagé beaucoup d'assurance, note Puel, qui assistait au match en qualité de consultant. Il n'a pas tremblé. On aurait dit qu'il jouait son vingtième match en Bleu."
L'expérience internationale de Debuchy est, pour l'heure, sans commune mesure avec celles, plus fournies, de Bacary Sagna et d'Anthony Réveillère. Mais à 26 ans, le Dogue a des raisons de croire qu'il sera à l'Euro en juin prochain. "Les trois options sont crédibles, affirme Puel. Réveillère a une participation offensive plus limitée que celle de Mathieu, mais ce qu'il fait est toujours très propre et il va plus vite. Sagna, lui, a la puissance athlétique en plus." Sauf que le Gunner, victime d'une fracture au péroné, est absent pour trois mois. Entre-temps, l'équipe de France se sera jaugée face à la Belgique (le 11 novembre) et les Etats-Unis (le 15). Pour Debuchy, ces deux rencontres amicales seront autant d'occasions à saisir.
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