Lille, la rançon du succès

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L1, LE CASTING (10/10). Le dernier volet de notre revue des troupes en L1 nous conduit vers Lille. Le champion de France doit gérer son nouveau statut, avec des moyens financiers limités, des retrouvailles avec la Ligue des Champions à anticiper et un effectif pas encore renforcé. Pas simple...

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Crédit: Eurosport

Après l'euphorie, le dur retour à la réalité. Champion, qu'est ce que ça change ? De nouvelles responsabilités, déjà. Rudi Gardia a beau marteler le slogan : "Pas de pression", il ne trompe personne. Un statut à défendre, ce n'est pas rien. Or, le doublé Coupe de France-Championnat n'a pas effacé les réalités économiques auxquelles est confronté le LOSC. Avec ses 75 millions de budget, les Nordistes sont encore loin de Paris, Lyon et Marseille. Et l'attente de son nouveau stade n'arrange pas ses finances. Lille doit apprendre à gérer et à capitaliser ses succès nouveaux. Les Nordistes n'ont pas eu les moyens de retenir deux éléments de leur épine dorsale en fin de contrat : Rami et Cabaye n'ont pas résisté aux sirènes de la Liga et de la Premier League. Pareil pour Gervinho dont le transfert a garni les caisses du champion de France.
Si on doit lire les nouvelles ambitions de Lille dans sa colonne des transferts, il ne faut pas omettre que le champion de France a réussi l'un des gros coups de l'été en conservant Eden Hazard, le joueur le plus convoité de la Ligue 1. Pour le reste, le LOSC n'a pas fait dans l'exotisme et a attiré deux valeurs sûres de la L1 (Payet et Pedretti). Le onze aura sensiblement la même valeur que l'an passé pour un club qui vise avant tout une qualification pour la Ligue des champions pour offrir au grand stade la plus prestigieuse des compétitions.
Une Coupe d'Europe que Lille va redécouvrir cette saison. L'an passé, Rudi Garcia avait bricolé en Ligue Europa et offert beaucoup de temps de jeu à ses seconds couteaux. Cette saison, Lille va engager ses forces vives aussi bien sur le Vieux Continent qu'en Ligue 1 et ça change tout. Lille n'a pas l'effectif de l'OM, de Lyon et, désormais, du PSG. Rudi Garcia est d'ailleurs conscient des limites de son groupe d'un point de vue quantitatif. Mais le LOSC n'a pas le choix, c'est ce qu'on appelle la rançon du succès.
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Où en est l'équipe : Malgré les trois défaites en préparation et la perte du Trophée des Champions, le LOSC semble avancer dans la sérénité, A Nancy samedi, le onze lillois ne devra pas énormément dépareiller du onze type de la saison dernière. Trois retouches comme autant de départs de joueurs majeurs. Cet été,  Lille a fait du poste pour poste pour conserver son identité de jeu. Basa pour Rami, Pedretti pour Cabaye et Payet pour Gervinho. De très bons manieurs de ballon qui devraient s'insérer sans trop de souci dans le projet de jeu lillois. Lille ne bougera pas son 4-3-3 mais l'arrivée du Stéphanois oblige à repenser l'animation offensive. Payet est moins dans la percussion que Gervinho. Même s'il a marqué 12 buts la saison passée, c'est d'abord sa qualité de passe qui fait sa force. A ce titre, il s'inscrit d'avantage dans le registre d'un Obraniak que d'un Gervinho.
Ce qui devrait bouger : Rudi Garcia attend encore du renfort pour pouvoir assumer des ambitions aussi bien européennes que nationales. La priorité, c'est d'abord d'étoffer le secteur offensif avec un milieu ou un attaquant. Le LOSC n'a pas les moyens de faire des folies. Il avait ciblé des joueurs comme Chu-young Park et Mevlut Erding et devra sans doute attendre la fin du mercato pour faire baisser les prix. Lille a également perdu quelques seconds couteaux (Frau, Merson, Vandam, Dumont) et ce n'est pas la seule arrivée de Bonnart qui va combler ces départs. Les champions de France cherchent donc à étoffer un banc qui a largement contribué à les propulser au sommet de la L1 l'an passé.
La stat-clef : 37%. C'est l'implication de Gervinho sur les 68 buts de Lille la saison dernière avec 15 buts et 10 passes décisives. Des statistiques qui donnent la mesure de l'importance de l'Ivoirien dans le système lillois. Son départ vers Arsenal laisse un trou béant. S'il reste sur une très bonne saison chez les Verts, Dimitri Payet, son successeur désigné, n'a ni les mêmes caractéristiques ni la même régularité et il lui arrive très souvent de connaître des trous d'air dans un seul et même exercice.
En un mot : "Le plus important, ça reste le championnat. Bien figurer en Ligue 1 pour s'assurer une place sur le podium, quitte à sortir tôt de la Ligue des champions. Mais on jouera les deux compétitions à fond. Restons humbles, car il y a encore beaucoup de chemin à faire y compris pour être sur le podium de L1", Rudi Gardia (entraineur du LOSC sur Eurosport).
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