Montpellier était en feu

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Quelque 30 000 Montpelliérains ont célébré le premier titre de champion du MHSC. Et érigé le président Louis Nicollin en héros.

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Une traversée de la ville en bus ralentie par un public fou de joie, puis la foule en délire sur la Place de la Comédie malgré le crachin: lundi, Montpellier a fêté comme il se doit le premier titre de champion de France de Ligue 1 décroché par le MHSC. Avec une heure de retard sur le programme des festivités, tant le bus à impériale a eu du mal à progresser, Mapou Yanga-Mbiwa, le jeune capitaine de l'équipe, a levé lundi le trophée "Hexagol" remis par le président de la Ligue de football professionnel devant quelque 30 000 personnes selon la police.
Un à un, tous les joueurs ont ensuite reçu une réplique de la récompense sur un podium installé devant l'Opéra-Comédie, face à leurs supporteurs pas refroidis par le crachin qui s'est abattu toute la journée sur la préfecture héraultaise. "On est les champions", "allez Montpellier" ou "ici c'est la Paillade", du nom du quartier d'origine du club montpelliérain, avaient longuement chanté les supporters pour patienter. "On a des joueurs extraordinaires qui chantent, dansent, communient avec les supporters. C'est rare. Il y a avait eu Lille l'an passé, c'était une bande de copains. Cette fois, c'est nous", a constaté le président du club, Louis Nicollin, dans un court entretien avec l'AFP.
Coiffure en iroquois aux couleurs du club, comme il l'avait promis en cas de titre il y a quelques semaines, "Loulou" est aux anges même si ce sacre "arrive en seconde position" dans sa vie: "La naissance de mes enfants, c'est quand même plus important que le football." Et Nicollin de remercier l'ensemble des élus locaux et régionaux, dont la maire socialiste de la ville, Hélène Mandroux, qui, pour l'occasion, avait reporté d'une semaine le conseil municipal prévu lundi soir. Nicollin a surtout eu une pensée émue pour son copain Bernard Gasset, cofondateur du club aujourd'hui décédé, et l'ancien président de région Georges Frêche.
"Une statue" pour Loulou
Alors que le gratin local s'est pressé dans l'Opéra, la fête a d'abord été celle des supporters agglutinés sur la place de la Comédie, sur les balcons, sur les poteaux lumineux ou la fontaine des Trois Grâces. "C'est le plus beau jour de ma vie", livre sans retenue Bouba, 34 ans, vice-président de l'association de La Butte La Paillade, de retour d'Auxerre. "On a dormi deux heures et on est là pour faire la fête", ajoute ce leader des supporters, qui avoue n'y avoir cru qu'au "coup de sifflet final".
"On attendait ça depuis notre naissance", affirment en choeur Marjolaine Leclerc et Marion Ollier, 21 ans, maquillées aux couleurs du club. "C'est magique. On ne verra ça qu'une fois dans notre vie", renchérit Enzo Jackell, 20 ans, maillot de Mapou Yanga-MBiwa sur les épaules. "C'est un titre mérité. C'est la victoire de jeunes chiens qui en voulaient qui avaient la niaque", félicite Renée De Bruin, néerlandaise depuis 21 ans à Montpellier où elle supporte le club. "Mais ils sont restés simples et ce titre ne leur est pas monté à la tête."
Ce succès, les supporters l'attribuent à tous les joueurs, ainsi qu'à l'entraîneur René Girard et son staff. Mais surtout à son emblématique président, auquel ils veulent ériger une statue à installer sur la place des Grands-Hommes, où trônent déjà Jaurès, Roosevelt, Churchill, De Gaulle et Lénine. "On doit lui faire une statue", lancent Marjolaine et Marion. "A poser à côté de celle de Georges Frêche", ajoute Enzo. "On lui doit plus qu'une statue, conclut Bouba. Le football pro sans lui n'existerait pas. Dans l'histoire de Montpellier, on se rappellera de Georges Frêche et de Loulou.".
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