Francis Gillot a prévenu : cette saison, il n'est pas dit que Bordeaux pérennisera son 3-5-2. Mis en place cet hiver, ce schéma a pourtant amorcé la spectaculaire remontée des Girondins. Gillot ne veut s'enfermer dans un système qui a fait ses preuves. L'ancien entraîneur sochalien est un adepte du jeu léché. Qui a su mettre son romantisme entre parenthèses, au nom du pragmatisme. Les fondations sont aujourd'hui solides. La construction doit maintenant avancer. Bordeaux sera amené à évoluer avec trois défenseurs centraux, ou dans un 4-2-3-1 plus classique. Quelle que soit l'option retenue, les Girondins devront étoffer leurs points forts pour briguer une nouvelle place européenne. Leurs points forts ? Une attaque plutôt efficace, emmenée par Yoan Gouffran, un jeu qui utilise au mieux la largeur du terrain, et une défense qui s'est forgée un équilibre. Cet équilibre, Gillot n'entend évidemment pas le bouleverser. C'est pourtant le prix à payer pour franchir un cap.
. L'EFFICACITÉ S'APPELLE GOUFFRAN
Offensivement, les Girondins possèdent un potentiel intéressant. L'an passé, l'attaque bordelaise était la sixième de Ligue 1. Elle a marqué 53 fois en 38 matches, pour une efficacité flatteuse : 1 but tous les 8,7 tirs. Mieux, aucune équipe ne dégainait aussi vite. Quatre des cinq réalisations les plus rapides ont été girondines. Pour améliorer ses statistiques, les Marine et Blanc savent précisément ce qu'ils doivent faire. Le programme tient en deux points : 1. Ils doivent d'abord à cadrer davantage. En 2011-2012, seules 36,7% de leurs frappes l'étaient. Soit le dixième bilan des vingt clubs de l'élite ; 2. Ils doivent devenir moins dépendants de Yoan Gouffran. L'ancien Caennais, auteur de 14 buts (dont 8 à l'extérieur !) et 3 passes décisives, était de loin le joueur le plus efficace. A lui seul, il était impliqué dans 32% des réalisations bordelaises. Heureusement pour Francis Gillot, Ludovic Obraniak n'a pas tardé à trouver ses repères. En six mois, l'ancien Lillois (6 buts et 5 passes) s'est déjà rendu précieux. Pour ne pas dire indispensable.
. ÇA JOUE VITE SUR LES CÔTÉS
C'est, incontestablement, l'un des bienfaits du 3-5-2 mis en place à la trêve : le Bordeaux version Gillot utilise allègrement la largeur du terrain. Avec une moyenne de 17,7 centres par rencontre (dont 19,4% réussis), il est l'une quatre meilleures équipes de Ligue 1 en la matière. Logique : Benoît Trémoulinas et Mariano sont deux latéraux très offensifs. Le Français est même le joueur effectuant le plus de centres, avec une moyenne de 5,3 par match. Arrivé cet hiver, le Brésilien (4,3 par rencontre) s'est également fait une place dans le Top 10. Rien d'étonnant, dans ces conditions, à ce que 68% des buts bordelais aient été inscrits dans la surface adverse. En revanche, Bordeaux n'est pas un modèle de maîtrise collective. Ses statistiques dessinent les contours d'une équipe moyenne dans la conservation du ballon, seulement 9e de L1 en termes de ballons joués et de passes par rencontre. A la récupération, les Girondins préfèrent se projeter, sans attendre, vers l'avant. En chiffres, cela donne une possession de 47,7% dans le camp adverse. Seuls Marseille et Rennes font mieux. Cela explique aussi pourquoi l'attaque bordelaise est l'une des trois plus prolifiques à l'extérieur.
. DÉFENSIVEMENT, C'EST DEVENU COSTAUD
A trois derrière, Bordeaux a trouvé un équilibre qui lui faisait défaut au début de l'ère Gillot. En décembre, la défense girondine n'était que la dixième de Ligue 1. En mai, elle s'est hissée parmi l'une des cinq moins perméables de Ligue 1 (41 buts encaissés en 38 matches). Aussi solide que celles de Marseille et de Paris. Nettement plus robuste que celle de Lyon (51 buts concédés). Les performances de Cédric Carrasso y sont évidemment pour quelque chose. Mais en chiffres, elles n'ont pas été assez décisives pour justifier à elles-seules cette solidité retrouvée : la saison dernière, le gardien numéro 3 des Bleus n'avait même sa place dans le Top 10 des portiers les plus actifs au nombre de parades. Si Bordeaux peut être considérée comme une équipe rigoureuse à l'aube de l'exercice 2012-2013, c'est avant tout parce qu'elle sait maîtriser ses nerfs. L'an passé, elle n'a commis que 15,3 fautes par match et n'a écopé que de 68 avertissements (64 cartons jaunes et 4 rouges). Ce bilan en fait l'une des cinq équipes françaises les moins sanctionnées.
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