"On peut avoir honte"

Eurosport sur Google

Indigent à Reims, Montpellier y a subi sa troisième défaite. René Girard n'a pas mâché ses mots. Et la Ligue des champions se profile...

Eurosport

Crédit: Eurosport

Il faut remonter plus de dix ans en arrière pour voir un champion en titre aussi mal loti après cinq journées, lorsque le FC Nantes, en 2001-2002, avait vécu une fin d'été cauchemardesque. Montpellier est parti sur des bases similaires et aussi inquiétantes. Que le triomphal printemps semble loin aujourd'hui... A Reims, le MHSC a touché le fond en s'inclinant lourdement et logiquement sur la pelouse du promu (3-1). En cinq matches, les Héraultais ont déjà subi autant de défaites (trois) que sur l'ensemble de la phase aller la saison dernière. Les temps ont bien changé. Et l'heure est venue de tirer la sonnette d'alarme. René Girard ne s'en est pas privé.
Mi agacé, mi désabusé, l'entraîneur montpelliérain a prononcé des paroles fortes en Champagne. "Je pèse mes mots, mais on peut avoir honte de nous ce soir", a-t-il lancé dans une colère froide. Après la victoire à Sochaux il y a deux semaines, avant la coupure internationale, il avait voulu croire à un déclic. La rechute n'en est que plus sévère. "C'est le premier soir où je me pose plein de questions", avoue Girard qui, jusqu'ici, n'avait jamais dramatisé. Principale source d'inquiétude, le secteur défensif. En cinq matches, Montpellier n'a jamais réussi à garder sa cage inviolée. Mais la prestation des champions de France dans ce secteur vendredi soir a été affligeante.  "Il faudra revoir les buts qu'on prend. C'est vraiment problématique, on ne peut pas voyager comme ça. On n'a pas le droit de prendre les buts qu'on prend", juge Henri Bédimo, le défenseur héraultais. "On prend des buts de juniors", tranche Girard.
Bédimo: "On va en prendre plein la gueule"
Montpellier s'attendait à vivre une saison forcément plus compliquée que la précédente. Mais personne n'avait imaginé un tel fiasco estival. Ce n'est pas un problème de talent. Le MHSC peut à l'évidence viser bien plus haut. " C'est un début de saison raté, les chiffres parlent.Mais c'est un groupe qui a de la qualité, on ne mérite pas cette place" assure Bédimo. Mais visiblement, entre le doux souvenir du titre 2012 et l'alléchante perspective de la Ligue des champions dans quelques jours, certains ont perdu le sens des réalités. "Des garçons sont trop insuffisants", estime Girard. Les 72 prochaines heures risquent d'être animées du côté de Montpellier. "C'est sûr que cette semaine, on va en prendre plein la gueule, pronostique encore Bédimo. Il faudra l'assumer et faire preuve de beaucoup de caractère". "On va rester entre nous, on va discuter, dit plus sobrement René Girard, visiblement touché: "ça fait partie du métier, mais là, c'est un très mauvais moment."
Les joueurs du président Nicollin, dont il faudra surveiller de près la prochaine tirade, ne vont pourtant pas avoir le temps de gamberger. Mardi, ils seront plongés dans le grand bain européen. Là, contrairement à la Ligue 1, ils n'auront pas de statut, dans une compétition où ils comptent parmi les petits poucets. Évidemment, sur leur niveau actuel, il y a de quoi craindre le pire. "Est-ce que certains pensaient déjà à la Ligue des champions? Non, mais, on en a pris trois, qui peut y penser?Il faut vite qu'on se réveille, parce que sinon, mardi on va tomber de très haut", redoute Girard. Qui sait, l'Europe sera peut-être une bouée ? En 2001, c'est à travers la Ligue des champions que le FC Nantes, à la dérive en championnat, avait su montrer son meilleur visage. C'est tout le mal qu'on souhaite aux Montpelliérains. Même si, au vu du match de vendredi, c'est difficile à croire.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité