C'était la surprise du chef. A Lille, Marco Verratti n'était pas attendu dans un rôle de titulaire. Avec la présence de Thiago Motta, l'habituelle sentinelle devant la défense parisienne, et l'éventualité de voir Javier Pastore redescendre d'un cran, le petit milieu italien ne semblait pas avoir sa place dans le onze de départ de Carlo Ancelotti. L'entraîneur parisien en a décidé autrement. Il a même décalé Thiago Motta dans un rôle de relayeur, une première depuis l'arrivée de l'ancien Interiste dans la capitale, pour faire évoluer l'ancien joueur de Pescara à son poste de prédilection, en numéro 6. Et Verratti n'est pas passé inaperçu. Y compris auprès de l'arbitre de la rencontre, M. Buquet.
Ce retour de Verratti dans le onze de départ, après deux matches débutés sur le banc à Ajaccio et face à Bordeaux, aurait pu tourner court. L'Italien a connu une première période parfois délicate, au cours de laquelle il a récupéré pas mal de ballons mais aussi commis quelques fautes. L'une d'elle lui a d'ailleurs valu un avertissement assez tôt dans le match (34e). Malgré cette épée de Damoclès, le Transalpin n'a pas revu son agressivité à la baisse. Et il n'est pas passé loin de la correctionnelle sur plusieurs interventions. Cela n'a pas échappé à Carlo Ancelotti, qui l'a sorti au cours de la seconde période pour le remplacer par Adrien Rabiot. "Marco Verratti est jeune. Je l'ai remplacé parce qu'il avait pris un carton jaune. Il a joué en confiance, parfois trop. A son poste, une perte de balle et c'est la contre-attaque", a expliqué l'entraîneur parisien en conférence de presse.
Sirigu : "Il a une forte personnalité"
Ancelotti a parfois eu des sueurs froides en voyant son compatriote à l'oeuvre, mais il n'en oublie pas pour autant tout ce que Verratti a pu apporter dans le jeu de son équipe. L'Italien de 19 ans est plein de fougue, il est parfois à la limite de la régularité, même dans son comportement par rapport à l'arbitre ou l'adversaire. Mais c'est aussi, surtout même, un remarquable joueur de ballon. A son poste, ceux qui sont dotés de telles qualités techniques sont rares. A Lille, Verratti s'est aussi fait remarquer par des gestes de grande classe, des passes lumineuses et des dribbles bien sentis. Si la relation entre le milieu et l'attaque du PSG a été nettement meilleure à Lille que face à Bordeaux et Ajaccio, c'est en partie grâce à lui. "Il a été efficace sur les possessions", soulignait Ancelotti à l'issue d'une rencontre où l'ancien joueur de Pescara a clairement marqué des points par rapport à une concurrence très forte au milieu du terrain.
Verratti a montré qu'il était capable de l'affronter. Malgré son jeune âge, il semble évoluer comme un vieux briscard, parfois même avec un peu de vice, qui caractérise des joueurs plutôt expérimentés. Du haut de ses 19 ans, l'international italien a déjà du répondant. Il n'a probablement pas fini d'étonner. "C'est un joueur qui surprend tout le monde, reconnait Salvatore Sirigu, son coéquipier en club comme en sélection. Mais je le connais depuis longtemps. On parle de lui en Italie depuis qu'il a 16-17 ans. Même s'il a joué dans des divisions inférieures, il a déjà gagné des championnats et c'est important pour un joueur de son âge. Il démontre toujours une forte personnalité. C'est important pour nous, ça donne de la sécurité et de la confiance." Verratti n'est pas étranger à cette combativité retrouvée au Grand Stade de Lille par le PSG. Il s'est fait remarquer dans tous les sens du terme. Ce n'est probablement pas fini.
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