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Ligue 1 - Courbis-Montanier : Communication, timing, image : Rennes a tout faux

Communication, timing, image : Rennes a tout faux

Mis à jourLe 20/01/2016 à 20:16

Publiéle 20/01/2016 à 18:31

Mis à jourLe 20/01/2016 à 20:16

Publiéle 20/01/2016 à 18:31

Article de Martin Mosnier

LIGUE 1 - Huit jours après avoir promis que l'arrivée de Rolland Courbis ne fragiliserait pas Philippe Montanier, René Ruello, le président de Rennes, a fini par remplacer le second par le premier. Si le choix sportif se défend, le timing de cette décision renvoie l'image d'une gigantesque farce. Le SRFC aurait pu s'en passer.

C’est arrivé beaucoup plus vite que je ne l’imaginais et voilà qui ajoute un peu de cynisme à l’histoire. Rolland Courbis est le nouvel entraîneur du Stade Rennais, huit jours seulement après avoir été nommé conseiller du président René Ruello. Ce même René Ruello qui affirmait le 12 janvier dernier que jamais ô grand jamais Courbis ne prendrait la place de Philippe Montanier.

La direction a donc tenu huit petits jours avant de faire sauter son coach mais on sentait que cela la démangeait. Sinon à quoi bon appeler Courbis dans un rôle aux contours qui n’était pas défini ? L’organigramme de Rennes débordait bien avant l'arrivée de Courbis et le président avait déjà son chargé de mission (Mickaël Silvestre).

Rolland Courbis, le 12 décembre 2015
Rolland Courbis, le 12 décembre 2015 - AFP

L’arrivée de Courbis sonnait comme un avertissement à peine masqué pour Philippe Montanier. Et pourtant, les déclarations des uns et des autres avaient fini par me faire douter. Jugez plutôt :

  • Courbis en fin de semaine dernière : "J’étais surpris, puis j’ai compris que c’était sérieux et surtout pas pour remplacer Philippe Montanier (…) Je ne vais pas faire à Philippe ce que je n’aimerais pas qu’on me fasse. À savoir interférer, être lourd, pesant, me retrouver dans le vestiaire, dans les causeries."
  • René Ruello, le 12 janvier dernier : "Ou les résultats s'améliorent et la position de Philippe est confortée. Ou cela va dans l'autre sens. Dans ce cas-là, comme Rolland Courbis y aura participé, je ne vois pas pourquoi je changerais Philippe pour Courbis."

Troublant n’est-ce pas ? Ce n’était donc que de la poudre aux yeux. Le plan était sans doute prévu depuis quelques temps déjà. Bien sûr l'élimination en Coupe de France face à Bourg-en-Bresse (1-3) est un vrai coup dur. Mais se dire qu'elle seule a subitement envoyé valser toutes les belles paroles de la semaine dernière est une douce illusion.

Un immense jeu de dupes

Je ne discute pas le licenciement de Philippe Montanier. Après tout, il n'a jamais vraiment mis la main sur ce fameux projet de jeu. Sous sa direction, Rennes n'a ni progressé dans le jeu ni agrandi son palmarès mais avait plutôt tendance à tourner en rond. Rolland Courbis le remplace, pourquoi pas après tout. Ce sont les conditions de cette promotion qui m'interpellent.

Pourquoi remercier Montanier aujourd'hui ? Rennes n'a plus perdu en championnat depuis le 3 décembre, est sixième, à trois points du podium et reste en L1 sur une victoire pleine de panache sur le terrain de Troyes (2-4). Le spectacle proposé par la direction ressemble à s'y méprendre à un immense jeu de dupes. Comme si les dés étaient pipés d'avance et que Rennes attendait le moindre faux-pas pour faire sauter son coach.

La conférence de presse de René Ruello, d'une minute montre en main, n'a rien arrangé du tout. Pas d'explication et une gêne à peine masquée :

D'un strict point de vue de la communication et de l'image, Rennes a tout faux. Le vrai problème, c'est que Courbis débarque dans un contexte pour le moins délicat qui ne facilitera pas sa tâche. Son image en a pris un coup alors qu’il n’est pas le premier responsable. Pourquoi ne pas avoir joué carte sur table dès la reprise en nommant Courbis sur le banc ? Pourquoi avoir attendu huit jours ? La semaine rennaise fut une gigantesque farce. Avec son dindon : Philippe Montanier.

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