Un duel inégal

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Placés parmi les favoris pour la montée, Nantes et Le Mans s'affrontent dès ce soir (20h30) lors de la 1ère journée de L2. Si les Manceaux affichent clairement leurs ambitions, les Canaris rêvent surtout de sérénité mais aussi d'élite. Etat des lieux des forces et faiblesses des deux prétendants.

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BUDGET
Avec ses 23 millions d'euros, Le Mans FC (la nouvelle appellation du MUC 72) dispose du plus gros budget du championnat. Et de loin. Les Sarthois ne peuvent donc pas se cacher. "Nous connaissons les enjeux liés au nouveau stade, le MMArena. Nous sommes prêts pour disputer 38 batailles et ferons tout pour donner le meilleur à chaque rencontre et ne pas rester en Ligue 2", a déjà annoncé Didier Ovono, promu capitaine. En novembre, le club dans sa nouvelle enceinte et ses 25.000 places. Un contrat de "naming" qui lui rapportera 1 millions d'euro par an pendant dix ans. Autant dire que les Manceaux auront la pression pour quitter la L2 au plus vite. La situation du FC Nantes est loin d'être aussi idyllique. Sa stagnation en deuxième division a fait passer le budget du club de 40 à 18 millions d'euros. Soit le deuxième total tout de même. Mais, placés sous encadrement de la masse salariale et contrôle de recrutement par la DNCG, les Canaris doivent encore dégraisser leur effectif pour se donner un peu d'air.
Bilan : Avantage Le Mans
EFFECTIF
A l'heure actuelle, Le Mans possède une longueur d'avance. Si la descente et la diminution de la masse salariale ont fait fuir certains joueurs, comme Anthony Le Tallec (Auxerre), Modibo Maïga (Sochaux), Paulo Andre (Corinthians), Geder (libre), Hérold Goulon (libre) ou Olivier Thomert (Alicante), l'équipe présente encore plusieurs éléments taillés pour l'élite. Mais Arnaud Cormier sait que la situation pourrait ne pas durer. Corchia (Bayern), Cerdan (Nancy) ou encore Baal (Lille) pourraient faire prochainement leurs valises. "Si certains doivent partir, autant qu'ils soient performants en août", espère l'entraîneur. Côté nantais aussi, les choses devraient encore bouger. Après avoir entamé un large dégraissage, le FCNA a attiré quelques gros poissons dans ses filets (Bruno Cheyrou, Omar Benzerga, Aurélien Capoue, Damien Tixier, Vivian Matheus). Mais les départs pourraient encore se succéder (Ndy Assembé, Zerka, Abdoun, Capoue ou encore Pierre). "On repart presque de zéro", estime Cheyrou.
Bilan : Avantage Le Mans
EXPERIENCE
Ça peut paraître être une évidence mais la Ligue 2 n'a rien à voir avec la Ligue 1. Peut-encore plus cette saison, où il est difficile de détacher nettement de véritables favoris parmi les sept ou huit équipes capables de jouer la montée. Présent dans l'élite depuis cinq saisons, Le Mans peut-t-il payer son manque d'expérience à l'étage inférieur ? "Nous sommes un groupe qui va découvrir la Ligue 2 et nous savons déjà que cela ne sera pas une partie de plaisir, sait Ovono. Nous devrons nous accrocher. Nous savons qu’en tant que relégué de Ligue 1 nous serons attendus dans tous les stades ou nous irons jouer". A part Frédéric Thomas ou Guillaume Loriot, rares sont ceux à avoir cette culture du combat en L2. Pour y remédier, Le Mans est allé chercher dans les étages inférieurs Joeffrey Cuffaut (Beauvais) ou encore Jonathan Béhé (Cassis-Carnoux). Malgré un retour en première division en 2008, les Nantais sont eux habitués aux joutes de la L2, qu'il s'agisse de Darbion, Djordjevic, Martins Perreira ou Tixier. Pour les Canaris, il n'y aura pas de surprise et pas de temps d'adaptation.
Bilan : Avantage Nantes
ÉTAT D'ESPRIT
Les deux équipes ont un point en commun : elles sortent d'une saison difficile. Mais les plaies à panser ne sont pas les mêmes. Pour Le Mans, il s'agira de digérer au plus vite la relégation. A en croire Arnaud Cormier, la cicatrisation est en bonne voie. "Le plus difficile a été de remettre tout le monde face au challenge qui nous attendait. Il a fallu digérer la déception, surtout les joueurs qui n'avaient pas l'ambition de rester en L1, explique-t-il. Une descente n'est pas catastrophique dans la vie d'un joueur, s'il y a remontée immédiate". Celle-ci est pourtant loin d'être assurée. Pour avoir fanfaronné en début d'exercice avant de finir quinzième à deux points du premier relégable, Nantes en bien placé pour le savoir. Cette fois, on ne l'y reprendra pas. C'est promis. "Il y a une différence entre ambition et prétention. Il est temps de raisonner avec humilité", jure Baptiste Gentili. Les Nantais se présentent avec un nouvel état d'esprit. "C'était notre premier chantier, le groupe est beaucoup plus sain qu'il y a trois mois", affirme l'entraîneur. Pour assainir l'atmosphère, il a fait le ménage et prié les cas difficiles de plier bagages (Klasnic, De Freitas, Darcheville, Shereni ou Alonzo). "On a besoin de fraîcheur pour repartir. La saison dernière, j'ai hérité d'un groupe qui avait perdu tous ses repères et cela crée des problèmes. Quand vous avez trois entraîneurs dans la saison (Rohr, Furlan puis Gentili) et autant de monde dans le vestiaire, il y a peu de chance que cela fonctionne", explique-t-il.
Bilan : Egalité
AMBITIONS
Sans doute plus encore que Boulogne-sur-Mer ou Grenoble, Le Mans fait partie des favoris à la montée en raison de son statut de relégué. Le club espère que la Ligue 2 ne sera qu'une parenthèse. "Nous n’avons pas le droit de terminer à la 4e place cette saison", a clairement annoncé Ovono. Le Mans FC a toutes les armes pour y parvenir. En 2005, il était déjà remonté immédiatement après être descendu. Mais Arnaud Cormier prévient : "Depuis un an et demi, on est dans une spirale négative, la confiance nous manque. Et ce n'est plus facile à l'échelon du dessous". En revanche, après une montée (2008), une descente (2009) et un sauvetage in extremis (2010), Nantes est obligé d'avancer masqué. "Je considère que nous sommes en reconstruction", met ainsi en garde Gentili. Mais, victime de son passé, l'octuple champion de France fera une nouvelle fois partie des têtes d'affiche. "On est à Nantes. On connaît le passé de ce club qui n'a rien à faire en L2. Alors, on se doit d'être ambitieux. Pour cela, il faut tirer un trait sur ce qui s'est passé et essayer de redonner un élan. L'occasion nous est donnée de redorer ce blason et de repartir sur de nouvelles bases", espère Gentili. "Si on part bien, c'est une équipe qui peut surprendre", finit-il par glisser.
Bilan : Avantage Le Mans
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