La nostalgie se développe avec le temps. Il en faut un peu pour que naissent les regrets. A Montpellier comme ailleurs. Mardi soir, les spectateurs de la Mosson, dont le club patine après une saison de rêve, seront sans doute mélancoliques quand ils verront Olivier Giroud débarquer sur la pelouse. Ou sur le banc de touche, sur lequel il passe une partie des matches depuis son arrivée à Arsenal. Titularisé à deux reprises et entré en cours de jeu autant de fois en Premier League, notamment samedi lors de l'orgie offensive des Gunners face à Southampton (6-1), l'international français connait des débuts délicats sous les ordres d'Arsène Wenger. Parce qu'il n'a pas encore marqué. Parce qu'il passe derrière Robin van Persie. Parce que la Premier League n'est pas la Ligue 1.
"Je découvre un autre style de football. Il y a plus d'intensité. Je m'adapte progressivement mais je ne me fais pas de souci. Les occasions sont là. Il juste que je me relâche plus à l'instant T, simplement", jugeait-il mardi dernier dans les travées du Stade de France, quelques minutes après la victoire face à la Biélorussie (3-1), contre qui il avait débuté en pointe. "Le fait de revenir en équipe de France et d'être aligné d'entrée me donne plus envie encore de d'être performant en club", reconnaissait-il. Du haut de ses 192 centimètres et de ses 25 ans, Olivier Giroud découvre le grand monde et n'en est pas encore à paniquer.
"Plus ça dure, plus ça obsède"
"Ça se passe très bien, assure-t-il quand il est question de son intégration à Arsenal. Il y a beaucoup de bons mecs ici et le coach me fait confiance. A moi d'enchaîner les matches, d'être le meilleur possible et de claquer des buts." Arsène Wenger attend également cela. Mais sans impatience. Lorsqu'on est aux commandes du même club depuis seize ans, la gestion du temps se fait différemment. On évite de confondre temps médiatique et temps footballistique. L'idée force est simple et claire : Il n'y a pas le feu. "La réussite d'un buteur est cyclique. Quand on est entraineur, on dit : 'ne t'obsède pas avec ça'. Mais plus ça dure, plus ça obsède, reconnait Wenger. Il ne faut pas lui mettre la pression. Il a souvent mis un peu de temps dans les clubs où il est arrivé."
Laissé sur le banc samedi car Wenger le sentait "sous pression", Olivier Giroud a vu Gervinho occuper l'axe et réussir un doublé face à Southampton. Wenger a beaucoup aimé. De là à ce que le manager des Gunners fasse de l'Ivoirien sa pointe sur le long terme, il n'y a qu'un pas que personne ne franchira encore. Même constat pour Lukas Podolski, qui a également joué dans l'axe avec les Gunners. Pour le moment, Arsène Wenger fait des tests et varie les plaisirs en attendant de trouver la formule idoine. Ou l'homme idoine. Celui-ci sera peut-être Olivier Giroud. A une condition, toujours la même : que les filets tremblent.
Après être né à Montpellier, Olivier Giroud aimerait bien lancer sa nouvelle vie anglaise dans l’Hérault, où il disputera, comme le MHSC, sa première partie de Ligue des champions. Le gâteau, ce serait une victoire assortie d'un premier but avec Arsenal. La cerise, ce serait une réception avec les égards que le meilleur buteur de L1 en titre mérite. "Ah ça, on verra, sourit l'ancien Montpelliérain. Mais je ne maitrise pas tout. J'espère qu'il y aura un bon accueil quand même. Après, le plus important n'est pas là, c'est de gagner avec Arsenal. Le reste n'est que détail." Giroud n’a pas encore le temps d’être nostalgique.
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