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Ligue des champions - Avant son match à Lisbonne, Dortmund a-t-il une tête de champion d'Europe ?

Ultra offensif en C1, Dortmund a-t-il une tête de champion d'Europe ?

Le 14/02/2017 à 07:27Mis à jour Le 15/02/2017 à 16:58

LIGUE DES CHAMPIONS - Avant d'entamer la phase éliminatoire de la C1, le Borussia Dortmund avance fort d'un sacré parcours réalisé lors de la phase de poules. Premier devant le Real Madrid, le club allemand est favori face au Benfica Lisbonne en 8e, à 20h45. Mais où situer exactement l'équipe très offensive de Tuchel cette saison ?

Bayern Munich, FC Barcelone, Real Madrid, Atlético Madrid : les prétendants ne manquent pas pour le titre final cette saison en Ligue des champions. Les trois premiers se sont d'ailleurs partagés les quatre derniers titres, tandis que le dernier cité a disputé deux finales lors des trois dernières éditions. Composer avec la gloutonnerie de ces mastodontes plus ou moins récents n'est pas chose aisée. Pour autant, le football proposé par le Borussia Dortmund cette saison sur la scène européenne pourrait lui donner de l'appétit.

Un potentiel offensif collectif exceptionnel

Avant de rencontrer le Benfica Lisbonne en huitième de finale (20h45), le BvB a réalisé des prestations remarquées en C1. Brillant offensivement, le collectif entraîné par Thomas Tuchel a battu le record de buts lors d'une phase de poules. Franchement audacieux dans le jeu, avec un pressing très haut et des attaques en nombre, le BvB a été récompensé avec 21 buts en 6 matches, soit 3,5 buts par match.

Le club allemand peut en outre se satisfaire d'avoir pu compter sur l'efficacité de tout son groupe dans cet exercice, 14 joueurs différents ayant trouvé le chemin des filets en C1. A titre de comparaison, ils sont 12 à avoir marqué en Bundesliga, en trois fois plus de rencontres. Il est souvent délicat de faire dire des choses aux statistiques mais, en tentant une interprétation, on peut penser que celles-ci témoignent d'une large mobilisation de l'effectif de Tuchel en coupe d'Europe. Dans cette compétition, les Borussen se sont sûrement davantage investis et épanouis qu'en championnat (4e, à 15 points du Bayern).

Les deux nuls face au Real : la victoire de l'enthousiasme

Logiquement, une telle puissance offensive affichée lors de la première phase a de quoi faire rêver les supporters du club de la Ruhr. Au-delà de cet aspect chiffré, c'est l'enthousiasme affiché par les Ousmane Dembélé, Julian Weigl et autre Christian Pulisic qui a sauté aux yeux. Un état d'esprit qui fut certainement déterminant pour tenir tête non pas une mais deux fois au Real Madrid, le champion d'Europe en titre (2-2 à chaque fois).

Deux résultats qui n'ont rien d'anecdotiques tant leur issue découle d'une volonté féroce de terminer devant les Espagnols au classement. Surmotivés et inspirés, les joueurs de Dortmund ont proposé avec leurs homologues merengue deux parties fort séduisantes et ont prouvé qu'ils pouvaient grandement élever leur niveau de jeu selon le contexte. L'exploit est par ailleurs de taille puisque le Real Madrid est plutôt avare dès lors qu'il faut laisser la première place d'un classement européen. Sur les sept dernières années, il n'a fait cette concession qu'une seule fois, en 2012-2013. Cette saison-là, l'équipe qui l'avait devancé n'était autre que le Borussia Dortmund, futur finaliste de l'épreuve.

Aubameyang devant Sergio Ramos.

Aubameyang devant Sergio Ramos. Imago

Entre problématiques budgétaires et inexpérience

Nombreux voyants sont au vert pour la formation d'outre-Rhin cette saison en Ligue des champions. D'autres, en revanche, viennent rappeler qu'il lui sera logiquement compliqué d'aller chercher un deuxième sacre dans cette compétition après celui de 1997. Sans surprise, l'aspect financier est certainement ce qui peut le plus refroidir les ardeurs des Borussen. Même si certains contre-exemples existent en football (le titre de champion d'Angleterre de Leicester la saison passée en est un bon), la puissance économique d'un club détermine souvent ses résultats.

A ce titre, le Borussia Dortmund est très loin de ses concurrents. "Notre chiffre d'affaires est d'environ 200 millions inférieur à celui des cinq ou six plus grands clubs d'Europe", expliquait ces derniers jours Michael Zorc, le directeur sportif du BvB. Dans ces conditions, difficile d'empêcher les départs de Mario Götze, Shinji Kagawa et autre Nuri Sahin (depuis revenus "à la maison" après des passages compliqués à Munich, Manchester et Madrid) ou encore ceux pour l'instant sans retour de Robert Lewandowski, Mats Hummels, Ilkay Gündogan et Henrikh Mhkitaryan.

Dénicher les joueurs d'avenir, les faire mûrir puis se résigner à les voir partir : voilà la stratégie adoptée par les dirigeants allemands à l'échelle européenne. Alors que la phase éliminatoire démarre ce mardi, l'expérience manque cruellement aux Borussen et surtout l'expérience en commun. Julian Weigl, Roman Bürki et Gonzalo Castro n'en sont qu'à leur deuxième saison dans la Ruhr, et c'est déjà une de plus que pour Marc Bartra, Christian Pulisic, Ousmane Dembélé, Raphaël Guerreiro et André Schürrle. Cette absence d'histoire en commun, combinée à un potentiel manque de repères et de sang-froid, pourrait bien freiner la fougueuse équipe allemande cette saison en C1. C'est en tout cas ce que les mastodontes précités espèrent certainement…

La jeunesse de Dortmund.

La jeunesse de Dortmund. Imago

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