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Ligue des champions - Real-Naples : avec un Cristiano Ronaldo moins tranchant que d'ordinaire

Pour conserver sa couronne, le Real aura besoin du vrai Ronaldo

Le 16/02/2017 à 00:07

LIGUE DES CHAMPIONS - Cantonné à un rôle de passeur, Cristiano Ronaldo a participé timidement au succès du Real Madrid sur Naples mercredi (3-1), en 8e de finale aller. Le Portugais, tendre dans ses offensives, demeure assez loin de son meilleur niveau.

Cela fait donc désormais 523 minutes de mutisme. Mercredi soir, Cristiano Ronaldo a fait grandir une statistique peu flatteuse et surtout assez improbable le concernant. Voilà quasiment 9 heures que le Portugais n’a pas réussi à marquer sur la scène européenne.

On est loin de la situation alarmante pour le Real Madrid, qui s’était logiquement qualifié pour les huitièmes de finale et qui vient de prendre une option pour les quarts après le premier match contre Naples (3-1) en Espagne. Pour autant, l’état de forme de sa grande vedette a de quoi poser des questions eu égard à ses ambitions en C1. Conserver ce titre de champion d’Europe (ce qu’aucune équipe n’a réussi à faire depuis l’AC Milan en 1989 et 1990) passera forcément par des meilleures performances de "CR7".

Un nouveau rôle, vraiment ?

Sur le pré de Santiago-Bernabéu, Ronaldo a démarré assez fort et a enfilé le costume de passeur avec trois excellents services pour un Karim Benzema inefficace (1re, 12e, 42e). Il s’est également fendu d’une accélération décisive en début de seconde période pour le but du 2-1 de Toni Kroos (49e). Avec ces quatre actions, il serait tentant de faire de Ronaldo un nouveau joueur, plus collectif, moins attiré par le but. Ce serait occulter les difficultés qu’il a rencontrées face à l’équipe italienne.

Toujours bloqué à deux buts cette saison en C1, Cristiano Ronaldo ne s’est pas vraiment montré percutant sur le front offensif. Ses courses ont globalement manqué de tranchant et sa cinquième passe décisive découle d’ailleurs de son unique rush réussi du match. Pour corroborer l’idée qu’il n’y a pas eu de métamorphose, "CR7" ne s’est pas mué en maître à jouer face au Napoli ni en ouvreur de brèches par des passes verticales. Il apparaît plus probable que l’attaquant de 32 ans a intelligemment adapté son jeu à un état de forme en baisse.

Un appétit en baisse ?

Nombreux clubs moins huppés et moins riches ne se formaliseraient pas vraiment de cet état de fait. Pour le Real, pour Ronaldo, c’est un brin préoccupant. Si le club aux 11 Ligue des champions ne peut compter sur un "CR7" dynamiteur, dribbleur, dangereux dans ses frappes et investi dans le pressing, il aura forcément du mal lors de ses prochaines échéances européennes, à commencer dans trois semaines au Stade San Paolo.

Et que dire de l’attitude du Portugais dans la zone de vérité, lui que l’on sait d’ordinaire sans pitié pour ses adversaires. Par trois fois, Ronaldo a révélé une certaine fébrilité en manquant le cadre à bout portant (28e, 66e) ou en choisissant un décalage vers Marcelo malgré une position préférentielle (85e). Cette dernière situation illustre d’ailleurs assez bien la problématique actuelle du Real Madrid, club qui s’appuie depuis longtemps sur un attaquant très gourmand (et souvent inspiré) face aux buts.

Cristiano Ronaldo, l'attaquant vedette du Real Madrid.

Cristiano Ronaldo, l'attaquant vedette du Real Madrid. AFP

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