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Et si Blaise Matuidi était la recrue phare de la Juve ?

Et si Matuidi était la recrue phare de la Juve ?

Le 27/09/2017 à 13:30Mis à jour Le 27/09/2017 à 20:42

LIGUE DES CHAMPIONS - Transféré cet été en provenance du PSG, Blaise Matuidi s’est emparé sans attendre d’une place de titulaire chez les vice-champions d’Europe. L'international tricolore est même la seule nouveauté du onze-type.

Non, ce n’est pas une exagération de la presse française dans le but de survendre un membre des Bleus. Ceux qui suivent les matches de la Juve peuvent témoigner de ses prestations, pour les autres, il y a les moyennes des notes des trois quotidiens sportifs nationaux.

Matuidi figure dans le Top 5 des meilleurs bianconeri avec à chaque fois un score de 6,67 (très bon pour le barème italien), 4e pour la Gazzetta et pour le Corriere dello Sport, 5e pour Tuttosport. Globalement, il est la 4e individualité au rendement le plus élevé derrière le trio Dybala/Pjanic/Cuadrado. Ça, c’est pour le championnat puisqu’un seul match de Ligue des champions a été disputé, c’était au Camp Nou, la Juve a sombré mais "Blaisou" a été un des seuls à sortir la tête de l’eau. De fait, son premier mois sous ses nouvelles couleurs frôle le sans-faute.

Très en avance sur les autres

Sept nouvelles têtes ont débarqué à Vinovo cet été, sept remplaçants sur le papier puisque les titulaires vendus possédaient déjà leur solution de rechange à l’intérieur même de l’effectif, à savoir Benatia/Rugani pour Bonucci et Lichtsteiner/Barzagli pour Dani Alvès. L’objectif était de renforcer un banc de touche jugé trop court la saison passée, et cela a été fait avec six internationaux et un prospect. Tous bonus compris, on atteint le chiffre de 175,8 Millions d’euros. Un bel effort financier.

Fidèle à ses préceptes, Allegri incorpore ses nouvelles recrues au compte-gouttes. Ainsi, il faudra patienter pour juger le réel impact de Douglas Costa et Bernardeschi en lieu et place de Mandzukic et Cuadrado. Concernant les autres, les pépins physiques s’en sont mêlés, De Sciglio est sorti blessé contre le Barça tandis que l’Allemand Höwedes devra attendre encore un mois pour faire ses débuts. Restent Szczesny, vice-Buffon de luxe, et le jeune milieu Bentancur arrivé sur la pointe des pieds, surprenant lors de ses premières apparitions, mais évidemment un peu tendre pour réellement bousculer la hiérarchie. Voilà aussi pourquoi Matuidi catalyse toutes les attentions avec ce statut de recrue au temps de jeu le plus conséquent.

Blaise Matuidi - Juventus Turin 2017

Blaise Matuidi - Juventus Turin 2017Getty Images

Comment a-t-il fait son trou ?

Inutile de nier les circonstances favorables dont il a bénéficié. Le 25 août, Marchisio a été mis au repos pour un gros mois afin d’effectuer un travail de renfort musculaire pour préserver son genou gauche opéré l’an dernier. Peu après, Khedira s'est abîmé la même articulation avec la Mannschaft, son indisponibilité prenant fin mercredi. Il s’agit des deux concurrents directs de Matuidi pour l’une des deux places de milieu devant la défense dans le 4-2-3-1 d’Allegri. A partir de là, le technicien toscan n’avait plus le choix. Or, ce serait omettre que dès de l'ouverture de la Serie A contre Cagliari, et avec tous ses hommes à disposition, le 4-3-3 fut justement essayé lors de la première apparition de l’ancien Parisien (avec une entrée en jeu à la 70e minute).

Le recrutement de Matuidi a immédiatement engendré un débat quant à un possible remaniement tactique. Pour le reste, il a fait parler le terrain comme il sait si bien le faire. De l’intensité, du pressing, des incursions et même de la précision avec 100 % de passes réussies contre la Fiorentina mercredi. Voici le florilège des annotations des journalistes de la Gazzetta dello Sport sur ses sept prestations. "Assurance-vie de Dybala et Pjanic" ; "Air frais dans les poumons bianconeri" ; "Expérience, ruse, timing" ; "L’impression qu’il évolue à la Juventus depuis des années" et même le compliment ultime dans la Botte : "maître tacticien".

Et maintenant, conserver sa place

"Blaise a joué avec tous les entraineurs qu’il a eu et cela veut dire qu’il possède des qualités importantes. Et puis, il a dû prononcer quatre mots depuis son arrivée, mais il court énormément sur le terrain, il se donne. C’est un garçon très intelligent, parce qu’on ne dirait pas, mais pour jouer au foot, il faut avoir un quotient intellectuel très élevé." A chaque conférence de presse, l'entraîneur de la Juve est questionné sur Matuidi, et ses réponses sont un flot d’éloges. Rien d’étonnant dès lors qu’il s’agit d’un joueur "à la Allegri", lequel raffolait des caractéristiques de Boateng (du temps du Milan) et de Vidal.

Bon, le natif de Toulouse ne sera pas transformé en numéro 10 tout-terrain mais son profil de marathonien le placera en bonne position lorsque l’infirmerie se sera vidée. En outre, si Pjanic excelle en ce début de saison, la présence de Matuidi à ses côtés y est pour beaucoup. Grâce à l’hyperactivité de son partenaire du milieu, le Bosnien peut se concentrer sur la construction du jeu, un aspect essentiel depuis le départ de Bonucci, et même la finition. Ce premier mois a mis en exergue une intéressante complémentarité entre ces deux anciens de Ligue 1, et il sera difficile de s’en passer.

Toutefois, qu’adviendra-t-il de Khedira et Marchisio et leur CV monstrueux ? La saison est suffisamment longue afin que chacun trouve à peu près son compte au niveau du temps de jeu, mais pas facile d’appliquer un turn-over efficace au sein d'un compartiment de jeu fondamental. Quatre pour deux voire trois pour un étant donné le profil unique de Pjanic. Les places sont chères pour ces piliers de trois sélections ambitieuses en vue de l’échéance du Mondial 2018. Mais voir Matuidi s’installer définitivement aux côtés de Pjanic et sortir ces deux cadors du onze-type de la Juve est une hypothèse plus que réaliste…et non un fantasme de la presse hexagonale.

Barzagli, Mandzukic et Marchisio (Juventus)

Barzagli, Mandzukic et Marchisio (Juventus)Getty Images

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