La rupture Paulo Bento

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Le renouveau incarné par Paulo Bento au Portugal, c'est la suite de notre série sur les grandes nations européennes, neuf mois après le Mondial. Sa méthode et son style de jeu contrastent avec l'ère Queiroz. La Selecçao a retrouvé le sourire. Mais elle cherche toujours un gardien et un buteur.

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Crédit: Eurosport

Le Portugal retrouve le sourire. Il l'avait perdu en Afrique du Sud, au terme d'un Mondial tristounet achevé sur une courte défaite face au futur champion du monde espagnol (1-0) en 8e de finale. Et encore un peu plus après un surprenant match nul concédé à domicile face à Chypre (4-4) à l'entame de sa campagne de qualifications pour l'Euro 2012. En froid avec son vestiaire et sa fédération, Carlos Queiroz a fini par payer l'addition et laisser sa place à Paulo Bento. L'ancien joueur du Sporting a littéralement changé le visage de la Selecçao.
La rupture est flagrante à plusieurs niveaux. Elle est très nette dans le rapport entre les joueurs et le sélectionneur. Suivant ses principes, Queiroz avait créé une certaine distance entre lui et son groupe, et ce n'est peut-être pas étranger aux problèmes relationnels du vestiaire portugais durant la dernière Coupe du monde. Paulo Bento a une démarche différente, basée sur l'échange et la responsabilisation des joueurs. Pour avoir joué au Sporting, il en connait certains, Cristiano Ronaldo et Nani notamment. Avec lui, le groupe est plus épanoui et souriant. Il adhère aussi davantage à son style. Paulo Bento a pris le contrepied de Queiroz, clairement un adepte de la rigueur défensive là où son successeur privilégie l'utilisation du ballon et l'animation offensive. Cette identité de jeu correspond davantage au profil de la sélection portugaise.
Une animation offensive... mais toujours pas de finisseur
Cela se voit sur le terrain, à l'image de la démonstration face à l'Espagne (4-0) en amical le 17 novembre dernier. Le Portugal a trouvé une animation offensive redoutable, articulée autour d'un trio de joueurs créatifs au milieu (Raul Meireles, Joao Moutinho et Carlos Martins) et deux ailiers qui figurent parmi les meilleures individualités au monde (Nani et Cristiano Ronaldo). Les latéraux (José Bosingwa ou Joao Pereira et Fabio Coentrao) sont d'excellents contre-attaquants, protégés par une défense centrale des plus dissuasives (Ricardo Carvalho et Pepe ou Bruno Alves). L'ensemble serait parfait si la Selecçao n'était pas handicapée par ses deux soucis chroniques : le gardien et le buteur. Eduardo n'a pas confirmé son bon Mondial, tandis qu'Hugo Almeida et Helder Postiga ne présentent pas toutes les caractéristiques du buteur capable d'évoluer seul à la pointe de ce système.
Ce sont les deux seuls postes où le Portugal ne dispose pas de joueurs de classe mondiale. Mais ils sont déterminants, et ce manque d'impact aux extrémités du terrain pourrait continuer de plomber une sélection qui flirte régulièrement avec la consécration internationale, sans jamais l'atteindre, depuis le début du millénaire. Malheureusement pour les Portugais, la relève existe mais elle ne concerne pas vraiment ces deux postes. Elle se situe davantage en défense avec Carriço (22 ans, Sporting) et Roderick (19 ans, Benfica), ou dans la créativité avec Diogo Salomão (22 ans, Sporting). Pour trouver le grand gardien ou le buteur de classe mondiale, il faudra vraisemblablement attendre encore. Cela pourrait être rédhibitoire en 2012. Au moins, le Portugal a retrouvé le sourire. C'est déjà ça.
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