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Okpara prend dix ans
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Publié 22/02/2008 à 18:40 GMT+1
L'ancien footballeur, le Nigérian Godwin Okpara et son épouse ont été condamnés à 10 et 15 années de prison pour viols, torture et asservissement de leur fille adoptive.
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L'ancien footballeur nigérian Godwin Okpara et son épouse Linda ont été condamnés vendredi à 10 et 15 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises d'appel des Hauts-de-Seine pour viols, torture et asservissement de leur fille adoptive. L'ex-joueur du Paris Saint-Germain (PSG), 35 ans, a de nouveau été reconnu coupable de viols répétés entre 2002 et 2005, mais il voit sa peine réduite de 13 à 10 ans de réclusion criminelle. Son épouse, 42 ans, qui comparaissait pour viol et actes de torture et de barbarie, ne voit pas sa peine modifiée. Les deux accusés, qui auront clamé leur innocence tout au long des deux procès, ont également été reconnus coupables d'avoir soumis leur fille adoptive "à des conditions d'hébergement et de travail indignes", dans leur propriété familiale de Chatou où ils vivaient avec leurs quatre autres enfants.
La tante de Linda Okpara, considérée comme la grand-mère de la famille, a écopé de 4 ans de prison, dont 18 mois ferme, pour "abstention volontaire d'empêcher un crime". Arrivée libre au procès en appel, elle en est repartie détenue vendredi soir. Les trois accusés n'ont pas réagi à l'énoncé du verdict. Seule l'une des avocates de Linda Okpara, Me Nathalie Zorome, visiblement très en colère, a indiqué qu'un pourvoi en cassation serait engagé, en ajoutant cette phrase en anglais à l'adresse de la partie civile: "It's not finished!" (ce n'est pas fini!). Un peu plus tôt, l'avocat général, Rémi Crosson du Cormier, avait requis quinze et seize ans de réclusion contre l'ancien footballeur et son épouse.
"Nous nous excusons"
"M. Okpara s'est servi de Melisa (le prénom a été modifié, ndlr) à tous les points de vue. Il vous a montré sa lâcheté, une lâcheté qu'il a maintenue jusqu'au bout des débats" , avait-il lancé, fustigeant les "dénégations, les faux-fuyants adoptés" par les accusés. "On vous ressort des relations sexuelles qu'elle a eues avec Un Tel ou Un Tel (...) Ce qui est sûr, c'est que celui qui n'avait pas le droit d'avoir des relations sexuelles avec elle, c'était lui", avait-il aussi déclaré pour répondre aux avocats du couple Okpara, qui ont interrogé la jeune fille sur ses premières relations sexuelles, vers l'âge de 13-14 ans. Godwin Okpara n'a, comme au premier procès, reconnu qu'une seule relation sexuelle avec la jeune fille, en affirmant qu'elle en avait pris l'initiative.
Ce jour-là, en février 2005, il avait été surpris par son épouse. Selon Melisa, à la suite de cette découverte, Mme Okpara, femme régulièrement trompée par son mari, l'avait torturée, lui rasant la tête, écrasant une cigarette sur sa joue, et lui faisant subir des sévices sexuels d'une rare cruauté. La jeune fille, arrivée en France en 2000, a également fait le récit d'un quotidien d'esclave moderne. Privée d'école, elle passait ses journées à s'occuper de toutes les tâches ménagères. La nuit, elle couchait au sous-sol, sur un matelas posé à terre, détrempé d'humidité, a-t-elle raconté.
Tout au long du procès, les quatre avocats du couple Okpara ont mis en doute les accusations de la jeune fille, avant de plaider l'acquittement vendredi. Comme pour nuancer son traumatisme, une avocate a fait valoir qu'elle avait eu un petit ami depuis les faits. Des photos la montrant souriante à l'époque des faits ont également été remises lors des débats. Pour défendre le joueur, son avocat, Me Felix Ayinda Mah, a remarqué qu'à partir de 2001, il avait quitté le PSG pour aller jouer en Belgique, au Standard de Liège, et qu'il ne revenait que pour les week-ends dans la maison de Chatou. A l'issue des plaidoiries, Godwin Okpara a pris une dernière fois la parole en Anglais, demeurant sibyllin: "Quoi que ma famille ait pu te faire et quoi que tu dises que je t'ai fait, nous nous excusons".
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