Barton a encore frappé

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A l'origine de l'expulsion de Gervinho samedi, Joey Barton traîne derrière lui l'image d'un bad boy plutôt justifiée : face à Arsenal, le rugueux milieu défensif de Newcastle n'en était pas à son coup d'essai.

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Crédit: Eurosport

Gervinho était pourtant prévenu. Mais l'attaquant ivoirien est tombé dans le panneau. Samedi, le vice de Joey Barton a eu raison de ses nerfs. 75e minute : secoué par le rugueux milieu de terrain de Newcastle, le Gunner réplique. Une gifle, et Barton s'écroule. Carton rouge pour l'ancien Lillois. Arsenal joue le dernier quart d'heure à dix. Le tableau d'affichage reste désespérément vierge. Et Arsène Wenger enrage contre Barton. "Vous savez aussi bien que moi qu'il n'a pas été frappé aussi fort pour rester à terre pendant deux minutes, fulmine l'Alsacien en conférence de presse. Je pense avoir plus vu que l'arbitre. C'était soit deux jaunes, soit deux rouges. Je crois nous avons était sévèrement punis aujourd'hui."
Apostrophé sur le Net, Barton ne s'est pas dégonflé face aux innombrables messages qui ont garni son compte Twitter. L'un d'eux était signé Jack Wilshere, son alter ego londonien, qui plus est partenaire en sélection. Barton a répondu. L'échange a pris un air de bagarre de recré. Le voici :
- Wilshere : "Je pense que Joey Barton était dans le faux aujourd'hui. Il n'aurait pas dû se comporter et agresser Gervinho de la sorte."- Barton : "Une agression ?"- Wilshere : "C'est une forme d'agression, mon ami, qui ne devrait pas se passer sur un terrain de football." - Barton : "Et Song alors ? Tu l'as oublié, ça ?"
Samedi, le Magpie n'a effectivement pas été épargné par Alexander Song. Le Camerounais lui a marché sur le mollet, au terme d'un duel musclé. L'arbitre a fermé les yeux. Il les a ouverts seize minutes plus tard, face à Gervinho.
Diaby et Nasri le connaissent déjà
En février dernier, Barton avait déjà fait craquer un Gunner. Arsenal menait 4-0 à la pause. Jusqu'à ce qu'Abou Diaby "perde son sang-froid" et rejoigne prématurément les vestiaires. Score final ? 4-4. Wenger ne peut s'empêcher d'établir "un lien entre cet incident (de samedi) et l'expulsion de Diaby la saison dernière". "Les deux fois, il s'en est sorti avec un carton jaune." Barton n'en était déjà pas à son coup d'essai. Déjà, en septembre 2008, Samir Nasri avait fait connaissance avec le bad boy du foot anglais. La présentation était du genre... musclée.
Barton, bad Boy ? Really ? Jugez-vous même : le natif d'Huyton est capable d'écraser un cigare dans l'œil d'un coéquipier, de fracasser un partenaire à l'entraînement (n'est-ce pas Ousmane Dabo ?), de passer à tabac un chauffeur de taxi ou un jeune employé d’un fastfood de Liverpool, à 5 h 30 du matin. En 2008, il a même passé soixante-dix-sept jours derrière les barreaux. Aux yeux de Fabio Capello, il est "un bon joueur", mais trop "dangereux" pour être rappelé en sélection d'Angleterre.
"Persona non grata" à Newcastle
Son club le juge tellement incontrôlable qu'il souhaite s'en débarrasser un an avant le terme de son contrat, au risque de ne pas toucher la moindre indemnité de transfert. Réaction de Barton, toujours sur Twitter, son autre terrain d'expression favori: "Quelque part dans les hautes sphères de Newcastle United, ils ont décidé que je suis persona non grata. En plus de cela, je n'ai plus aucune valeur marchande mais l'honneur de porter ces bandes noires et blanches surpasse cet affront. Un jour, le board saura peut-être ce que veulent dire l'honneur et la fierté."
Cette étiquette de bad boy est tenace. Elle n'est pas totalement justifiée : à 28 ans, l'ancien joueur de Manchester City n'a récolté que quatre cartons rouges durant sa carrière. Aucun depuis son tacle assassin sur Xabi Alonso, en 2009. Son engagement et son comportement "borderline" alimentent les polémiques outre-Manche. Et engendrent un scepticisme évident chez les nouveux Magpies. Yohan Cabaye s'est "posé beaucoup de questions en arrivant". Mais il a appris à connaître son voisin de vestiaire. "Il a tout de suite été sympa avec moi, racontait l'ancien Lillois samedi, dans L'Equipe. Il m’a très bien intégré et a dit que si j’avais besoin de quoi que ce soit, je pouvais le lui demander. Après, sur le terrain, il est à 100 %, comme tous les Anglais, ici. A l’entraînement, c’est parfois tendu." Sur les pelouses de Premier League aussi.
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