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Ben Arfa, le funambule
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Publié 11/03/2012 à 15:54 GMT+1
Evoluer sans se renier, telle est la mission dévolue à Hatem Ben Arfa (Newcastle), qui va croiser la route d'Arsenal, lundi soir (21h). Le temps passe et l'international français en est toujours au même point : intermittent du spectacle alors qu’on aimerait de lui de la constance.
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Crédit: Eurosport
Hatem Ben Arfa a de la chance. Il est talentueux. Intrinsèquement, il n'est sans doute pas loin d'être l'un des meilleurs footballeurs français de sa génération. Le talent, ça sert. Ça peut desservir aussi. Dans le cas du Magpie, on se trouve constamment entre les deux options. Certains lui excusent à peu près tout. D'autres ne lui laissent rien passer. Avec l’ancien Lyonnais, le droit à l'oubli et à l'indifférence n'existent pas. Parce que... Hatem Ben Arfa est talentueux. On y revient toujours.
Au milieu de toutes ces considérations se trouve un footballeur tout juste âgé de 25 ans et qui n'a pas encore fini sa mue. "Ce n'est pas la construction du footballeur qui n'est pas terminée, mais celle de l'homme", confiait-il la semaine dernière dans les colonnes de France Football. De Lyon à Newcastle, en passant par Marseille, personne n'avancera le contraire. Depuis le début de sa carrière, l'international français (8 sélections, 2 buts) s'est autant fait remarquer par ses raids ballon au pied que ses ratés à côté du terrain. A sa décharge, ces couacs ont cessé depuis qu'il a traversé la Manche. Pour autant, Ben Arfa n'a pas gagné en constance. Le peut-il ? Le veut-il ?
Par essence, le jeu de Ben Arfa est un football à risques. Lui-même vit pour cela. Provoquer, dribbler et tenter des choses que le commun des mortels n'est pas à-même de réussir, c'est sa conception du foot. Le reste l'ennuie. "Etre sur le terrain pour faire des passes à deux mètres qui ne servent à rien comme certains le font pour ne pas prendre de risques, pfff...", lançait-il dans FF. Le Français essaie pourtant d'évoluer (un peu), de se fondre dans le moule (un peu). Sans grand succès jusqu'ici.
Cinq titularisations en Premier League
A Newcastle, les fans aiment HBA. Alex Pardew adore le joueur. Fin 2010, alors que Ben Arfa se remettait de sa double fracture tibia-péroné et de l'attentat de Nigel de Jong (Manchester City), le manager et le club ont levé l'option d'achat, payé 6 millions d'euros à l'Olympique de Marseille, pour s'attacher les services du Français. Problème, Pardew ne sait toujours pas comment l'utiliser et en faire autre chose qu'un joker dynamiteur intermittent du spectacle.
Cette saison, Hatem Ben Arfa a été titularisé neuf fois avec Newcastle. Cinq fois en Premier League (2 buts). A trois reprises, les Magpies ont... perdu. Pour un nul à Manchester United et une victoire à Blackburn. Cette même équipe des Rovers qu'il avait martyrisée au troisième tour de la Cup, au terme d'un slalom spécial qui avait mis la défense de Blackburn sur les fesses. Ce but avait remis HBA dans la lumière. Il est retourné dans l'ombre.
"Il commence à comprendre ce qu'il faut faire"
A Newcastle, personne ne réussit plus de dribbles que lui (1,73 par match). Alan Pardew ne peut que s'en féliciter. Mais compte tenu des exigences du haut niveau et du football du XXIe siècle, le manager attend - comme les autres techniciens qui ont dirigé le joueur - autre chose. "Vous devez mériter vos titularisations. Vous devez mériter le droit d'être titulaire", a-t-il martelé vendredi, faisant écho à ce qu'il disait récemment. A savoir que HBA et son "incroyable talent" devaient "maintenant se battre pour faire partie de l'équipe".
"S'il est entré à la mi-temps face à Sunderland, c'est parce qu'il avait fait les efforts nécessaires à l'entraînement. (...) Il commence à comprendre ce qu'il faut faire pour jouer à Newcastle", se réjouit Alan Pardew. Au mois de mars, c'est un peu tard. Même si le manager des Magpies pense le contraire, ça l'est également pour espérer rattraper le temps perdu et le wagon bleu qui file vers l'Euro. Dommage. Encore une fois.
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