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L’improbable come-back de Defoe, inquiétant pour les Three Lions ?

L’improbable come-back de Defoe, inquiétant pour les Three Lions ?

Le 26/03/2017 à 01:17Mis à jour Le 26/03/2017 à 17:31

QUALIFICATIONS COUPE DU MONDE 2018 - Appelé par surprise après plus de 3 ans d’absence, Jermain Defoe, 34 ans, pourrait retrouver les joies d’une sélection face à la Lituanie ce dimanche (18h). Pour autant, sa convocation a fait réaliser à l’Angleterre que son réservoir d’attaquants disponibles n’était pas forcément sans limite

"Gareth, c’est qui celui-là ?". Voilà la première réaction de Jermain Defoe à la vue du message de Gareth Southgate lui demandant de revenir en équipe d’Angleterre. "C’est marrant car, sur les iPhone, cela s’affiche sur l’écran et on ne voit pas tout le message. J’ai juste vu le prénom. J’ai pensé : "Gareth ? Je ne connais pas de Gareth…" C’est dire si l’attaquant de Sunderland ne s’attendait pas à de nouveau revêtir le maillot des Three Lions.

À 34 ans passé, l’attaquant anglais pensait, un peu comme tout le monde à dire vrai, que ses lettres de noblesse internationales étaient derrière lui. La preuve, sa dernière convocation remontait à novembre 2013 et un match face au Chili. 3 ans et demi plus tard, le revoilà…

" Cela en dit long sur le niveau de notre équipe nationale "

Alors, non, Jermain Defoe n’est pas l’unique responsable de cet improbable come-back en sélection. L’hécatombe qui a touché les attaquants du Royaume (Wayne Rooney, Harry Kane et Daniel Sturridge sont absents) lui a (ré)ouvert les portes de la sélection en grand. Et les options disponibles pour Southgate étaient trop limitées comme l’explique Ben Snowball, journaliste à Eurosport.co.uk : "Il n’y avait pas vraiment d’alternatives. Il aurait pu appeler un pivot comme Andy Carroll mais Southgate veut encourager l’équipe à jouer au foot plutôt que de balancer devant. Une fois ce choix écarté, il ne restait que Defoe".

Pour autant, ne fallait-il pas faire appel à plus jeune, histoire de construire sur le long terme ? " C’est vrai que cela en dit long sur le niveau de notre équipe nationale que Defoe mérite objectivement sa place. C’est le deuxième meilleur buteur anglais en Premier League et il réussit à surnager à Sunderland, qui est quasiment condamné à la relégation".

Le Mondial 2018, une possibilité ?

14 buts en 28 matches, difficile en effet de ne pas considérer Defoe comme une alternative crédible pour les Three Lions. N’en déplaise à Théo Walcott, laissé de côté cette fois-ci. Pour autant, les chances de le voir porter le maillot anglais en Russie l'an prochain semblent minces. Déjà parce que les attaquants de plus de 35 ans en Mondial, ça ne court pas les rues. En 2014, seuls Miroslav Klose et Didier Drogba avait passé cette barrière. Et, ce n’est pas faire injure à Defoe de dire qu’il n’a pas marqué l’histoire autant que ces deux-là.

Surtout, sa présence dans le groupe anglais semble n’être que provisoire. Ben Snowball en est même convaincu, la concurrence sera trop forte pour lui : "La question sera de savoir s’il peut maintenir sa forme l’année prochaine (ailleurs qu’à Sunderland probablement). Mais, même s’il y parvient, Harry Kane, Jamie Vardy, Marcus Rashford, Daniel Sturridge and Danny Welbeck devraient lui barrer la route".

En clair, que les supporters anglais ne paniquent pas. Il faudrait une malédiction sans nom concernant leurs attaquants pour voir Jermain Defoe à Moscou. Surtout, ce n’est clairement pas dans ce secteur de jeu que l’Angleterre a le moins d’avenir. Alors, que les coéquipiers de Joe Hart profitent encore un peu du talent d’un joueur qui semble se bonifier avec l’âge. Car cela devrait rester comme une formidable exception.

Jake Livermore, Dele Alli, Jermain Defoe, Kyle Walker et Eric Dier

Jake Livermore, Dele Alli, Jermain Defoe, Kyle Walker et Eric DierAFP

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