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Avant Naples-Inter - L'Inter n'est pas là par hasard : Mancini avait parfaitement préparé son coup

L'Inter n'est pas là par hasard : Mancini avait parfaitement préparé son coup

Mis à jourLe 30/11/2015 à 00:01

Publiéle 30/11/2015 à 00:01

Mis à jourLe 30/11/2015 à 00:01

Publiéle 30/11/2015 à 00:01

SERIE A - Au tiers du championnat, l’Inter est seule en tête du championnat avant d’affronter son dauphin le Napoli. Cette première place, elle le doit avant tout à son entraîneur qui a su lister les priorités pour reconstruire une équipe en perdition.

"Revenir à l’Inter ne faisait pas partie de mes plans. D’autant qu’il est risqué de signer dans un club où vous avez fait de très bonnes choses." Roberto Mancini a fait part de ses doutes à la télévision ce week-end. Jusqu’en juin dernier, il devait sûrement se mordre les doigts du risque entrepris.

13 victoires, 11 nuls, 11 défaites, une élimination en quarts de la Coupe d’Italie, une autre en 8e de finale de Ligue Europa et une 8e place en championnat, tel était son triste bilan pour la saison 2014-15 malgré une grosse campagne hivernale de transferts. Cet été, le natif de Jesi (qui a fêté ses 51 ans il y a quelques jours) a décidé d’appuyer sur le bouton reset. Une révolution décidée avec sa direction qui lui fait confiance les yeux fermés.

Un rôle à l’anglaise dans un fonctionnement à l’italienne

C’est l’héritage de son expérience de trois ans et demi à Manchester City. Le pays des managers qui gèrent le recrutement en première ligne. Quelque chose d’inconcevable en Italie, nation où les directeurs sportifs sont de véritables stars. Adriano Galliani à l'AC Milan, Giuseppe Marotta à la Juventus, Walter Sabatini à la Roma, etc. A l’Inter, il y a bien Piero Ausilio qui occupe ce poste de monsieur mercato mais les concertations avec l’entraineur y sont plus importantes qu’ailleurs.

Mieux encore, Roberto Mancini décroche son téléphone pour convaincre les potentielles recrues de partager son projet. C’est ainsi que Yaya Touré a été fortement tenté de rejoindre Milan avant de finalement rester en Angleterre, mais d’autres comme Felipe Melo ou Jovetic ont bel et bien cédé aux avances du Mancio. Une force de conviction dont était dépourvu son prédécesseur, Walter Mazzarri, et son appeal extrêmement limité.

Roberto Mancini (Inter Milan)
Roberto Mancini (Inter Milan) - Panoramic

Malgré des comptes dans le rouge écarlate, le président indonésien Erick Thohir a décidé d’assister les envies et exigences de son entraineur en s’engageant à payer rubis sur ongle des dizaines de millions d’euros. Les formules alambiquées permettant de diluer les paiements ne réussiront pas à contourner le fair-play financier de l’UEFA. Pour que ce coup de poker soit gagnant, il faut absolument une qualification pour la prochaine Ligue des champions. Et c’est bien parti.

Des fondations solides pour entamer la reconstruction

Même délicate, la saison du retour fut très utile pour prendre le pouls et hiérarchiser les priorités. La première, trouver des joueurs crédibles et autoritaires pour cimenter une assise défensive aux abois (59 buts encaissés en 52 matches) et en manque d’assurance. Mancini exige des leaders, des "gueules", l’opposé d’Andrea Ranocchia néo-capitaine jouant la boule au ventre. Il obtient ainsi une défense axiale toute neuve et qui arrive tout droit d’Espagne. L’expérience de Miranda débauché à l’Atlético, équipe la plus solide d’Europe, et la jeunesse de Jeison Murillo, référence à son poste lors de la dernière Copa America font mouche.

Devant eux, il a fallu aussi construire des remparts solides. Mancini a fait venir Felipe Melo, excellent avec Galatasaray et qui avait encore largement son mot à dire dans un des meilleurs championnats d’Europe. Un peu trop dur sur l’homme mais doté d’une grinta contagieuse, voilà un parfait exemple pour un Geoffrey Kondogbia timide jusqu’à maintenant mais dont les qualités défensives ne sont plus à démontrer. Et si on ajoute Medel, dont le surnom, Pitbull, parle de lui-même, vous comprenez pourquoi cette équipe de l’Inter est un roc infranchissable. 7 buts encaissés en 13 journées, dont 4 en une fois contre la Fiorentina et 9 clean sheet. Pour couronner le tout, Samir Handanovic a retrouvé ce niveau qui a fait de lui l’un des tout meilleurs portiers du monde il y a deux saisons.

2015-16 Serie A, Inter, Miranda (foto da www.inter.it)
2015-16 Serie A, Inter, Miranda (foto da www.inter.it) - From Official Website

Et l’attaque ? Ça viendra….

Pourtant, cet excellent début de saison n’a pas empêché les nombreuses critiques à l’encontre d'une équipe coupable de produire un jeu de piètre qualité. Étonnant et un poil sévère quand on sait combien le pragmatisme est loué de l’autre côté des Alpes. C’est un fait, l'Inter ne brille pas par son esthétisme et a remporté 7 de ses 9 victoires sur le score de 1-0, mais méfiez-vous des apparences, elle est l'équipe qui provoque le moins de fautes. Des muscles certes mais utilisés intelligemment.

Mancini reste à fidèle à lui-même, un coach donnant volontiers la priorité aux résultats plutôt qu'au spectacle malgré des effectifs souvent bien fournis en joueurs de talent. Une intention qui lui a souvent réussi au regard de son palmarès, par ailleurs bien plus fourni que sa réputation ne laisse à penser.

L’histoire de la Serie A a aussi régulièrement démontré que la solidité défensive faisait la différence. Le scudetto n’est pas un objectif officiellement déclaré, mais il pourra le devenir lorsque l’animation offensive sera mieux huilée. Le dernier succès en date, un 4-0 contre Frosinone, est la preuve d’un potentiel offensif bien présent, qu'il soit slave (Perisic, Ljacic, Jovetic), argentin (Icardi, co-meilleur buteur du dernier championnat, et Palacio) ou français (le revenant Biabiany).

Contrairement à la Roma, le Napoli, la Fiorentina ou la Juventus, l’Inter n’a pas d’engagement européen à honorer et a tout son temps pour peaufiner les derniers réglages. Non vraiment, plus les semaines passent, et plus Mancini peut se satisfaire de ce choix de carrière risqué.

Jovetic
Jovetic - Imago
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