C'est une vieille rengaine que Didier Deschamps aime rappeler conférence de presse après conférence de presse : le jeu de l'équipe de France penche à gauche. Un constat qui s'explique facilement : Ribéry aimante le jeu offensif des Bleus. A droite, personne ne s'est imposé depuis Raymond Domenech qui y avait installé... Franck Ribéry. Jusqu’à ce que le Munichois décide de se déporter sur la gauche. Depuis, ils sont nombreux à s'être cassé les dents sur le poste. Et si Benzema s'est montré plutôt bon face à la Biélorussie, cette solution semble provisoire. Le Madrilène, qui doit devenir "le buteur des Bleus", selon les mots de Deschamps, semble destiné à l'axe. Derrière, la problématique est légèrement différente mais le constat est le même : depuis la blessure de Sagna, qui occupait le poste plus par défaut de concurrence que par ses prestations incontestables, personne ne se dégage. Le couloir droit est en chantier.
DES ABSENTS QUI N'ONT PAS FORCEMENT TORT
MATHIEU DEBUCHY / LOÏC REMY
En pleine possession de leurs moyens, les deux hommes semblent avoir un léger temps d'avance sur la concurrence. Mathieu Debuchy, rare satisfaction de l'Euro, présente des garanties aussi bien dans les tâches défensives qu'offensives. Depuis un an, il est le plus régulier des latéraux droits français. Avant de se blesser le 13 mai dernier, Loïc Rémy, que Deschmaps connait parfaitement pour l'avoir entrainé à l'OM, semblait le mieux placé pour occuper l'aile droite lors de l'Euro. Ses dernières sorties en bleu ont été convaincantes (unique buteur face aux Etats-Unis notamment). Son gros point fort reste sa capacité à pouvoir évoluer dans l'axe quand Benzema dézone. Il semble être le milieu offensif le plus complémentaire du Madrilène. C'est le critère qui le place en pole à ce poste.
ONT-ILS LAISSE PASSER LEUR CHANCE ?
ANTHONY REVEILLERE / JEREMY MENEZ
En l'absence de Debuchy et Rémy, Réveillère et Ménez ont démarré dans le couloir droit à Helsinki. Les deux n'en ont pas profité. L'un fut transparent en attaque, l'autre maladroit en défense. Sanction immédiate : ils ont laissé leur place face à la Biélorussie. Hormis Diaby blessé, ils sont les seuls à ne pas avoir enchainé les deux rencontres. Ménez l'avoue lui-même, il est désormais moins à l'aise sur un couloir qu'en tant que second attaquant, poste qu'il occupe au PSG. "Je n'ai pas trop de repères, ce n'est pas évident", a-t-il avoué ce mercredi. Ménez n'est jamais aussi fort que lorsqu'il bénéficie d'une liberté totale. Or, avec un Benzema qui se promène sur tout le front de l'attaque, Ménez n'a pas le profil adéquat. Rarement flamboyant, Anthony Réveillère fait le job généralement en bleu. Mais sa prestation à Helsinki couplée à la bonne tenue de Jallet face à la Biélorussie l'ont sans doute fait reculer dans la hiérarchie des défenseurs droits.
DE PARFAITS SECONDS COUTEAUX
CHRISTOPHE JALLET / MATHIEU VALBUENA
Propre et buteur pour sa deuxième sélection, Christophe Jallet a marqué des points mardi. S'il est rarement titulaire, Valbuena n'a jamais déçu en bleu en témoigne sa prestation aboutie en Allemagne (0-2). Les deux hommes épousent le portrait robot des doublures idéales : joueur de devoir, à l'humeur toujours égale, qui ne fait pas de vague sur le banc. Derrière Debuchy et Rémy, ils forment une paire de remplaçants qui pourrait séduire Deschamps.
LES POINTS D'INTERROGATION
Blessé depuis le 5 mai dernier, Bacary Sagna accumule les coups durs depuis plus d'un an. Sa longue indisponibilité a laissé l'occasion à Mathieu Debuchy de faire ses preuves et le Londonien est désormais soumis à une vraie concurrence à son poste. Ses carences offensives font tâche face à un Debuchy très porté vers l'avant. Pour Hatem Ben Arfa, la problématique est différente. Pour sa première liste, Deschamps avait justifié l'absence de Ben Arfa en raison de son "attitude" et de son "comportement" à l'Euro. Décevant sur le terrain, il avait fait parler de lui pour son comportement dans le vestiaire, contestant notamment l'autorité de Laurent Blanc. L'arrivée de Deschamps n'est pas forcément un bon signe pour HBA. "Je n'ai plus envie de travailler avec ce coach (ndlr : Deschamps). C'est un problème de confiance. Je ne sens pas de sincérité avec lui. Quand il me parle, j'ai toujours l'impression qu'il a une idée derrière la tête", assénait Ben Arfa avant de quitter l'OM. La relation entre les deux hommes n'a jamais été simple et il n'est pas certain que DD lui redonne sa confiance de sitôt.
DEUX CAS A PART
Tout deux ont occupé l'aile droite cette année chez les Bleus. L'un plutôt à bon escient (Benzema, passeur décisif face à la Biélorussie), l'autre s'est montré moins à l'aise à l'Euro. Mais l'avenir de Benzema en équipe de France s'écrit incontestablement dans l'axe. C'est lui le buteur auquel Deschamps veut donner les clés de l'attaque. Quant à Nasri, son retour n'est pas encore acté même si sa suspension est désormais derrière lui. Deschamps a fait de l'exemplarité son credo et le retour de Nasri en bleu ne se fera qu'à certaines conditions.



DPPI
























