Bafétimbi Gomis est loin d'être le premier choix de Didier Deschamps en attaque. Karim Benzema et Olivier Giroud le devancent très nettement dans la hiérarchie. Pourtant, le Lyonnais est le seul joueur offensif (milieu compris) de l'équipe de France à avoir inscrit un but cette saison. Si on ne peut pas encore parler de crise de confiance après seulement un mois de compétition officielle, la disette pose question. En particulier lorsqu'elle guette celui qui doit s'imposer comme le leader du secteur offensif et buteur des Bleus : Karim Benzema.
L'attaquant du Real n'a plus marqué depuis 11 matches. Sa plus longue période sans but depuis ses débuts professionnels. "Evidemment ça me manque. Je ne me pose pas de question, je monte en puissance", a-t-il balayé ce dimanche dans Téléfoot. Trop long pour être anodin ? Son Euro transparent peut avoir entamé sa confiance. "Karim peut être le grand buteur des Bleus", continue de croire Didier Deschamps. Problème, face à la Finlande, il n'a pas eu une occasion de but à se mettre sous la dent. En cause, ses nombreux dézonages qui créent des trous béants dans l'axe de l'attaque tricolore, comme lors du dernier Euro.
Problème de complémentarité
Fatalement, si Benzema s'excentre, il ne peut être à l'origine des débordements ou des centres et à leur réception. "Je n'ai pas envie de le dénaturer. Le laisser en point fixe devant, il n'aime pas. Il veut de la liberté", plaide le sélectionneur des Bleus. D'autant que Benzema n'est pas totalement inefficace en électron libre. Ce que la France perd dans la finition, elle le gagne dans la construction.
L'ancien Lyonnais est ainsi à l'origine des trois derniers buts des Bleus, passeur décisif sur les réalisations de Diaby (en Finlande, 0-1), Ménez et Cabaye (face à l'Ukraine lors de l'Euro, 0-2). En club, c'est également lui qui a offert le troisième but à Higuain le week-end dernier contre Grenade. Pour Deschamps, le problème réside moins dans les déplacements de Benzema que dans l'incapacité de ses partenaires à s'y adapter et à les compenser. Le véritable souci de l'attaque tricolore serait donc le manque de complémentarité des trois joueurs offensifs.
"Les attaquants ont beau faire un bon match, s'ils ne marquent pas..."
"L'animation offensive, ce n'est pas une question de nombre de joueurs offensifs mais de complémentarité dans les déplacements", note Deschamps." Notre jeu penche beaucoup à gauche avec Franck et Karim qui aime aller à gauche. Il faut trouver un juste équilibre." Contrairement à Loïc Rémy par exemple, ni Franck Ribéry ni Jérémy Ménez n'ont une grande expérience d'attaquant axial. Le problème reste donc entier avant d'affronter une équipe de Biélorussie forcément regroupée devant son but ce mardi au Stade de France.
"Je sais faire des appels en profondeur. On me demande d'être plus dans la surface et je vais le faire dès mardi", a promis Karim Benzema dans Téléfoot. S'il est précieux dans le jeu, la France, en manque cruel de buteur, l'attend surtout dans la finition. "Il s'est mis en tête d'être décisif, peut-être qu'il a poussé loin ce raisonnement. Il a certainement sa part de responsabilité mais ça dépend aussi de l'animation qu'il y a derrière lui. Les attaquants ont beau faire un bon match, s'ils ne marquent pas, ils auront toujours une certaine frustration", note justement Deschamps. Celle de Benzema doit commencer à lui peser, son dernier but en compétition officielle sous le maillot bleu commence à dater. C'était il y a un an, en l'Albanie (1-2).

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