Les relations entre les joueurs de l'équipe de France et les journalistes qui la suivent ont le mérite d'être franches, par les temps qui courent. Ainsi en a-t-il été ce samedi, lendemain de France - Japon (0-1), lorsque la presse a mis sur le tapis une question brutale : ces joueurs, tout bien pesé, ont-ils le niveau international ? A cette question, Jérémy Ménez a répondu en suggérant de s'adresser à ceux qui seraient concernés aux yeux des reporters. Le résultat n'a pas traîné, Ménez lui-même a eu droit à la question qui fâche. Son replacement défensif, son manque de simplicité... Rien ne lui a été épargné.
Sur cette capacité à compliquer lui-même des actions qu'il avait auparavant boostées par sa propre créativité, le joueur du PSG a répondu, avec ce regard fermé qui le caractérise, qu'il ne partageait "pas du tout" ce constat, le tout et en faisant ostensiblement claquer sa langue sur son palais en signe de contestation. "C'est mon rôle, j'essaie de donner de bons ballons. Parfois ça marche, parfois ça ne marche pas. Les reproches ne m'atteignent pas du tout", a-t-il affirmé. Pour une raison simple : "Les reproches à mon encontre sont injustifiées. Mon jeu, c'est de prendre des risques. Il y a forcément un peu de déchet. Sinon, je serais Ballon d'Or !" Après cette phrase déjà employée, en substance, par Hatem Ben Arfa, Ménez a assuré que ses entraîneurs étaient satisfaits de son rendement dans le huis clos du vestiaire.
Ménez concède qu'il lui manque " un peu de régularité "
Jérémy Ménez, 2 buts en 18 sélections, a bien concédé qu'il lui manquait "peut-être un peu de régularité" en équipe de France par rapport à son parcours avec le PSG, pour brandir instantanément des circonstances atténuantes : "J'en ai parlé avec le coach : je joue devant à Paris et à droite chez les Bleus. Ce n'est pas facile." Le joueur formé à Sochaux nie que sa génération ait à composer avec une pression trop forte pour elle, celle de l'étoile sur le maillot, conséquence du titre suprême de 1998. "Cela fait dix ans que la France n'a rien gagné (NDLR : douze ans pour l'Euro, neuf ans pour la Coupe des confédérations). On n'y pense pas trop. Et il y avait quand même Zidane à l'époque, il faisait la différence", dit-il sans se rendre compte qu'il légitimise ainsi le débat sur le niveau "ordinaire" des joueurs.
"Tout le monde donne le maximum sur le terrain", rassure Ménez pour conclure. "Parfois, ça ne marche pas comme on le souhaite mais ça ne veut pas dire qu'on ne se donne pas à fond." Jérémy Ménez, en concurrence avec Mathieu Valbuena, se dit d'ailleurs prêt à souffrir sans le ballon en Espagne, à courir et à défendre, en sachant pertinemment que cette déclaration d'intention s'oppose à l'image qu'il a toujours dégagée. "Avec les joueurs qu'on a devant, on peut espérer marquer." Nul doute qu'il s'inclut dans la short-list.





























