Rares sont les défaites où les attaquants ne sont pas mis en cause quand le manque de réalisme est pointé du doigt. Le revers concédé par les Bleus face au Japon (0-1) vendredi au Stade de France suscite ainsi des questions concernant l'association de Karim Benzema et Olivier Giroud à la pointe de l'attaque tricolore. Un duo qui était largement plébiscité durant la période de l'Euro 2012. Laurent Blanc, le sélectionneur de l'époque, ne semblait pas croire autant en cette ligne d'attaque que son successeur, Didier Deschamps. L'ancien entraîneur de l'OM a aligné les deux joueurs d'entrée à trois reprises sur les quatre matches des Bleus qu'il a dirigés jusqu'ici. Pour l'instant, le bilan est mitigé.
La France est en effet restée muette à deux reprises sur ces trois rencontres, face à l'Uruguay (0-0) comme contre le Japon (0-1). Et contre la Biélorussie, malgré la victoire (3-1), aucun des deux attaquants n'a trouvé les filets (3-1). Au-delà de ce constat statistique, la complémentarité des deux joueurs, évidente sur le papier aux yeux de nombreux observateurs, fait également débat. Contre le Japon, le Gunner et le Merengue ont rarement combiné. En tout et pour tout, ils n'ont échangé que trois ballons. Une relation quasi-inexistante qui n'indique pas forcément que les deux hommes ne sont pas complémentaires selon Deschamps. "Ils sont capables de jouer ensemble dans des formules différentes. Ils ont des qualités différentes qui peuvent être associées", estimait ainsi le sélectionneur en conférence de presse.
De là à reconduire une association qui n'a pas fonctionné jusqu'ici, il y a un pas que le sélectionneur n'a pas souhaité franchir. Le sujet de l'association Giroud-Benzema est systématiquement revenu sur le tapis ces derniers mois. Et encore au lendemain de cette défaite face au Japon. Quoi de plus logique tant le contexte du match, face à une défense japonaise très repliée en première période, devait permettre à l'attaque tricolore de se mettre en évidence. Il n'en a rien été. "Qu'est-ce que je peux dire...", soupirait ainsi Deschamps quand il lui a été demandé de donner ses impressions sur son duo d'attaquants de pointe, avant de marquer un temps de réflexion. "Un match amical permet de voir des associations. Cela peut être mieux même s'il y a eu quelques enchaînements. Ce match m'a donné des réponses que je ne vous donnerai pas", a-t-il enchaîné.
Deschamps : "Le problème, c'est tout sauf Karim"
L'efficacité est l'une des clés du problème. Et les deux joueurs connaissent des situations différentes dans ce domaine. A l'heure actuelle, Giroud connait des soucis d'efficacité aussi bien en club qu'en sélection. Karim Benzema, lui, ne trouve plus le chemin du but qu'en Bleu. L'attaquant madrilène fait trembler les filets avec le Real, mais il n'a plus marqué depuis huit matches en équipe de France, où il affiche un rendement inférieur à ce qu'il réalise en club avec 15 buts en 54 sélections. Ses dernières réalisations en Bleu remontent au début du mois de juin, face à l'Estonie en amical (4-0). Quatre mois de disette qui n'inquiètent pas le sélectionneur. "Benzema n'est pas le problème, a insisté Deschamps. Il y a des périodes de réussite, d'autres un peu moins. Il faut une bonne efficacité. On a battu la Biélorussie avec moins d'occasions que face au Japon. Le problème, c'est tout sauf Karim. Il a prouvé qu'il était efficace en club et il travaille pour être plus efficace."
Le positionnement de Benzema chez les Bleus peut aussi expliquer son manque de rendement et celui de son duo avec Giroud. Aligner le Gunner en pointe apparait davantage comme une contrainte que comme un atout pour l'attaquant merengue, habitué à jouer à ce poste au Real, où il est en concurrence avec Gonzalo Higuain. "Moi, je suis avant-centre, c'est devant en pointe que je me sens le mieux. J'ai commencé à gauche, j'ai essayé de permuter, de chercher Giroud. Ca n'a pas été toujours bien fait", a ainsi déploré l'ancien Lyonnais après la défaite face au Japon (0-1), où il était initialement positionné à gauche mais a bénéficié d'une grande liberté de mouvement. Seul en pointe, Benzema n'avait pas vraiment donné satisfaction à l'Euro et son association avec Giroud apparaissait comme une solution pour remédier au problème. C'est beaucoup moins net aujourd'hui.






















