14 comme le nombre de centres de l'équipe de France face à la Finlande. 0 comme le nombre de ces centres qui ont trouvé preneur. Deux chiffres qui dessinent la principale faiblesse des Bleus, le point sur lequel Didier Deschamps cogite. A Helsinki, la France a construit son succès étriqué (0-1) sur une épine dorsale presque irréprochable ou presque (Lloris - Yanga Mbiwa, Sakho - Mavuba, Diaby). Un axe fort dans l'impact, la récupération et le pressing : "Dans le coeur du jeu, on a été bon", constate Deschamps. Sur les ailes, la chanson n'est pas la même. Entre imprécisions et manque d'initiative, les couloirs ont affiché de grosses lacunes à Helsinki. Et si Deschamps semble avoir trouvé sa colonne vertébrale, il lui reste à trouver la bonne formule sur les côtés.
"On doit améliorer la qualité de nos centres (...). En première intention, dans certaines situations, on doit être capable de faire mieux", notait le sélectionneur samedi à Clairefontaine. Bien sûr, les Bleus manquaient de présence dans la surface adverse mais leurs centres franchissaient trop rarement le premier poteau. La France n'a jamais réussi à prendre de vitesse la Finlande sur les ailes et le but est venu d'une récupération dans l'axe de Benzema qui a lancé Diaby droit devant lui. Deschamps a plusieurs explications à ce déséquilibre.
En attendant Remy...
La première d'entre elles tient en la position de Franck Ribéry. "Il a tendance à être un peu bas sans doute", diagnostique le sélectionneur. "Il est habitué à être dans ce registre au Bayern. Il dézone beaucoup. Plus il sera haut, mieux ce sera pour nous. Il a fait beaucoup de courses parfois inutiles." Son pendant à droite n'est guère plus épargné par DD : "Ménez a participé au jeu, a fait beaucoup d'efforts. Il doit amener de la vitesse. Il n'est pas encore à son meilleur niveau. On aurait pu le voir plus."
Ce poste d'ailier droit est sans doute celui qui pose le plus problème. Depuis l'ère Domenech, où le sélectionneur alternait entre Ribéry et Govou, personne ne s'y est imposé. Briand, Valbuena, Nasri, Ménez, Rémy, Ben Arfa : les prétendants ne manquent pas. L’élu ne s’est pas encore dévoilé. Deschamps doit trouver celui capable de déborder, de délivrer des centres précis mais aussi de suppléer dans l'axe un Karim Benzema qui aime se balader sur les ailes. Loïc Rémy présente le profil le plus approprié : "Il peut jouer aux deux postes. Il faut voir", a simplement commenté Deschamps. En attendant le retour au premier plan du Marseillais, le sélectionneur va devoir trouver des solutions.
Face à des blocs équipes comme la Finlande et la Biélorussie dont l'audace offensive n'est pas la caractéristique première, l'axe est souvent matière à embouteillages. La nécessité d'accélérer le jeu en le contournant pourrait bien pousser Deschamps à changer le casting. En particulier en défense où Christophe Jallet et Gaël Clichy présentent un profil plus offensif que Patrice Evra et surtout Anthony Réveillère, franchement maladroit et timoré à Helsinki. Deschamps a avoué réfléchir à cette possibilité. Même s'il demande avant tout à ses latéraux d'"être de bons défenseurs", Deschamps ne verrait sans doute pas d'un mauvais oeil que ceux-ci délivrent au moins un centre exploitable par rencontre si les milieux ne sont pas en mesure de le faire.



AFP
























