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Deschamps et l'expérience
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Publié 04/09/2012 à 22:25 GMT+2
Vendredi, les Bleus entament les éliminatoires du Mondial avec une expérience internationale plus que relative. Didier Deschamps le regrette.
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Les sélectionneurs sont un peu tous les mêmes. Ils se plaignent toujours des mêmes choses. Comme le temps réduit dont ils disposent à chaque rassemblement. On ne peut leur donner tort à une époque où les clubs ont pris le pouvoir sur le calendrier et où les périodes dévolues aux équipes nationales se réduisent petit à petit à peau de chagrin. Certains patrons de sélections ont cependant un peu plus de problèmes que les autres. Regardez Didier Deschamps. L’ancien capitaine des Bleus a hérité d’une sélection qui n’a qu’un vécu relatif. L’expérience, celle dont Laurent Blanc regrettait qu’elle "ne s’achète pas au supermarché", fait cruellement défaut à une équipe et une génération qui a du mal à prendre de la hauteur.
Pour grandir en équipe nationale, il n’y a pas trente-six solutions. Il faut s’installer. Et pour s’installer, il faut gagner. Cercle vertueux qui peut devenir vicieux. Didier Deschamps est bien placé pour le savoir. Ce sont les résultats qui ont installé la génération 1998-2000 et sa cohorte de joueurs à plus de 80 sélections. Ce n’est pas un hasard si neuf des dix Bleus les plus capés de l’histoire de équipe de France ont été champions du monde et d’Europe (ndlr : seul Sylvain Wiltord, 92 capes, n’a pas été sacré en 1998). De Lilian Thuram (142 capes) à Fabien Barthez (87), tous ont grandi au fil du temps. Dans la difficulté parfois. Dans la victoire surtout.
Leader, une question de caractère aussi
Si le succès donne raison, la défaite donne tort et pousse au changement. Depuis le 9 juillet 2006, les Bleus ont traversé plus de périodes malheureuses poussant à l’éternelle reconstruction et à la mise à l’écart sportive de certains, qui sont parfois revenus plus tard. Un joueur comme Samir Nasri, suspendu pour les deux prochains matches des Bleus, est appelé aux plus hautes responsabilités avec l’équipe de France depuis le début de sa carrière professionnelle. S’il fréquente Clairefontaine depuis 2007, il n’a pas toujours brillé par son assiduité. Pour des raisons souvent sportives, parfois comportementales. A l’arrivée, une Coupe du monde lui est passée sous le nez. L’expérience qui va avec également. Aujourd’hui, Nasri compte 35 sélections. Il devrait en avoir plus de cinquante. Aux yeux de DD, ça fait toute la différence.
A part Franck Ribéry (65 sélections), qui est de tous les combats depuis 2006, et Karim Benzema (50), personne ne dépasse les 50 capes dans cette équipe de France qui débute les éliminatoires de la Coupe du monde, vendredi en Finlande. Et Didier Deschamps ne peut pas prêter l’une des 103 capes qu’il a glanées pour combler ce déficit : "On est encore léger au niveau des sélections. Sur les quatre ou cinq dernières saisons, certains sont venus et sont repartis. A moins de vingt sélections, on ne peut pas vraiment parler d'expérience internationale", juge le sélectionneur, qui reconnait néanmoins partir de bien moins loin que son prédécesseur, Laurent Blanc qui était "parti de zéro".
Si l’expérience s’acquiert au fil du temps, certains Bleus ont néanmoins un vécu en club conséquent. Il n'y a pas que des Sakho, Koscielny, Capoue ou Gomis en équipe de France. Ribéry et Benzema ont vécu pas mal de choses avec le Bayern ou le Real. Hugo Lloris, aussi, commence à connaitre le très haut niveau. Et que dire de Patrice Evra ? Le souci, c’est que l’expérience sur le terrain ne découle pas forcément sur le leadership. "Pour être un leader, il faut une légitimité. Pas évident quand le compteur de sélections est à moins de 40 ou 50. Certains le sont en club. L'être en équipe de France, c'est mieux." Pour être un leader, il faut également en avoir le caractère. Evra l’a. Mais ne peut plus prétendre à ce rôle depuis Knysna. Benzema et Lloris, ça reste à voir. Des joueurs comme Cabaye ou Mavuba ont le profil. Mais à 23 sélections en cumulé, on ne peut que difficilement se hisser au-dessus de la mêlée. Sauf lorsqu’on s’appelle Didier Deschamps. Mais voilà, les Deschamps ne courent pas les rues. Et c’est du bord du terrain qu’il doit transmettre et faire grandir cette équipe.
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