DE L'ALLANT ET DE L'ENVIE
Les absents ont souvent tort. Mardi soir, c'était le cas. Dans un Stade de France rempli à 60% et toujours aussi imprévisible dans ses réactions, les Bleus ont livré plutôt une partie agréable. On était loin de la perfection, c'est une évidence que personne ne niera. Mais les Français ont fait preuve d'allant et joué le jeu, à l’image d’un Karim Benzema exilé à droite mais volontaire et concerné. Ça ne suffira pas toujours à satisfaire le public et les suiveurs mais à ce moment de l'ère Deschamps, c'est déjà pas mal. "Jouer au Stade de France, ce n'est pas facile. Mais la ligne de conduite collective est là. Les joueurs ont eu envie de faire les efforts ensemble, s'est réjoui Didier Deschamps. Ça doit être un fil conducteur. Après, même si tout n'a pas été super bien fait, on marque trois buts. Le faire à un niveau international, c’est important."
LE CHANTIER AVANCE
A l'issue de ses deux premiers matches officiels, Didier Deschamps peut être satisfait et globalement rasséréné. S'il est difficile d'avoir des certitudes sur les hommes et une organisation sur une période aussi réduite, le sélectionneur national peut se dire qu'il n'a pas perdu de temps. Du Havre au Stade de France, Deschamps a testé des formules (4-4-2, 4-3-3) et des hommes. Mais a toujours paru avancer dans sa réflexion et dans ses actes. Ou su rectifier le tir après chaque sortie. Ce fut le cas entre la Finlande et la Biélorussie où il a remis Ribéry sur les rails. Sa charnière centrale, de circonstance dans un premier temps, a globalement tenu la route et, si Yanga Mbiwa sera suspendu à Madrid, DD peut se dire qu'il a peut-être trouvé quelque chose. Dans l'entrejeu, la triplette Mavuba, Cabaye et Diaby, out mardi mais convaincant à Helsinki, a marqué de gros points. Devant, Ribéry est redevenu Ribéry. Reste à (re)faire marquer Karim Benzema.
LES "NOUVEAUX" BIEN INTEGRES
Entrer dans un groupe n'est jamais évident. Surtout en équipe de France. Mais les petits nouveaux estampillés Deschamps ont été vite adoptés par les anciens. Que ce soit Rio Mavuba, qui avait été ignoré depuis cinq ans, Etienne Capoue ou encore Christophe Jallet, pour ne citer qu'eux, aucun n'a eu à se plaindre de l'accueil du groupe. Ça se voit sur le terrain où, mis à part Capoue, un peu timide, tous ont évolué comme s'ils faisaient partie des meubles. "J'avais un peu d'appréhension mais il est très facile de rentrer dans le groupe, il y a une très bonne ambiance, on est bien accueilli", juge Jallet. Même son de cloche dans la bouche de Rio Mavuba : "C’est super, il y a un bonne atmosphère, faudra voir quand ça sera plus compliqué. Mais pour l’instant, il n'y a pas de couac, on est tous solidaires."
UN CARTON BIEN PLEIN
C'est un peu la conséquence logique de tout ce qui a été précédemment avancé. Deux matches, deux victoires. L'équipe de France est en tête de son groupe et n'a pas laissé de plumes en route. Dans un groupe à cinq où l'Espagne est le favori évident, c'est tout sauf un détail et cela permet d'engranger de la confiance. Avant d'aller défier les champions du monde et d'Europe à Madrid le mois prochain, c'était un minimum mais essentiel. Passer les Pyrénées avec une besace remplie de points offre aux joueurs de l'équipe de France et à leur sélectionneur un peu de confiance. "C'est mieux d'y aller avec six points...", a confirmé Didier Deschamps en conférence de presse. Pas sûr que cela suffise à faire peur aux Ibères. Mais c'est déjà ça.
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