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Formule 1 - GP d'Italie

Vettel, jeune premier

L'exploit jusqu'au bout : de la pole, Sebastian Vettel a survolé la course à Monza pour devenir le plus jeune vainqueur de l'histoire, et offrir aussi à Toro Rosso sa première victoire.

 
Vettel, jeune premier - Formule 1 - GP d'ItalieImago
 

Un Allemand qui triomphe à Monza, au volant d'une mécanique avec des vrais morceaux de Ferrari dedans… Non, ce n'est pas Michael Schumacher mais Sebastian Vettel ! Comme son illustre compatriote, l'espoir de Toro Rosso semble bien parti pour dépoussiérer quelques records... Il avait été le plus jeune à marquer un point, pour son premier Grand Prix, aux Etats-Unis en 2007, le premier aussi à décrocher une pole position, samedi, à Monza. Dimanche, le phénomène a terminé le travail en dominant la 14e des 18 manches du championnat du monde 2008 pour devenir le vainqueur le plus précoce de la catégorie, à 21 ans et 73 jours. Sur une piste détrempée, l'as, garçon bien élevé converti à la francophonie depuis ses années de Formule 3 chez ART, a patronné sans faillir les 53 tours au programme pour devancer à l'arrivée le Finlandais Heikki Kovalainen (McLaren) et le Polonais Robert Kubica (BMW), deux autres pilotes entrés dans le cercle des vainqueurs en Formule 1 cette saison.

"C'est incroyable. Toute la course durant nous n'avons aucun problème !", s'est exclamé Sebastian Vettel. "La voiture a vraiment bien marché, j'ai fait une course fantastique, avec une très bonne stratégie. Le moment où j'ai franchi la ligne d'arrivée, le tour d'honneur, la cérémonie du podium, avec tous ces gens, sont des instants dont me souviendrai toujours. C'est assurément le plus beau jour de ma vie. Je n'oublierai jamais ces images, ces émotions. C'est incroyable. C'est encore tellement mieux que ce que l'on peut imaginer !"

Jamais Heikki Kovalainen, qui l'accompagnait en 1ère ligne, ni aucun autre pilote n'a été une menace pour lui, et n'a encore moins envisagé de le prendre de vitesse. "Nous étions 12 km/h plus rapide en pointe que tout le monde, et l'explication est simple : nous n'avons pas mis autant d'appuis qu'il aurait fallu car nous pensions que ce serait sec aujourd'hui", a-t-il commenté. "Nous sommes restés sur les réglages 'sec'. Ensuite, dans cette course, le départ sous safety car m'a aidé. Et puis, je n'ai eu aucun problème de visibilité. Ce fût la clé, ça m'a aidé à creuser d'entrée un solide écart, de six-sept secondes sur Heikki [Kovalainen]. Puis, j'ai attaqué fort, parfois au-delà des limites car la voiture était tellement difficile au début, en raison de l'eau. C'est devenu plus difficile en milieu de course car il y avait moins d'eau sur la piste et les pilotes se décalaient à droite ou à gauche (pour aller chercher les zones d'humidité). C'était très glissant. Dans le dernier relais, j'avais plus d'autonomie que Heikki en termes de carburant. Il a mis des intermédiaires et mon équipe m'a appelé pour me dire : 'Ok, c'est bon, on peut mettre des intermédiaires'. C'était le bon choix. Pole position, victoire : c'est un week-end parfait".

A l'arrivée, toutes les équipes se sont tournées spontanément vers le stand Toro Rosso pour applaudir l'exploit dans un rare moment dépourvu d'arrière pensée : avec son statut d'écurie modeste, d'équipe B de Red Bull (il est urgent de réviser ce concept), la petite Scuderia de Faenza, qui avait placé ses deux voitures devant les deux Ferrari aux essais, venait en effet d'appeler les officiels à faire retentir l'hymne italien, ce que seule Maranello faisait invariablement depuis 1957 et le retrait de Maserati, auteur d'un dernier coup d'éclat avec Juan Manuel Fangio au Nürburgring.

Heureuse, fière, Toro Rosso pouvait, en la présence exceptionnelle du grand patron Dietrich Mateschitz, savourer son succès sans retenue, malgré le couac survenu au moment du départ du tour de formation sur l'autre STR3 de Sébastien Bourdais, désespérément scotchée sur le 4e emplacement de la grille, et finalement partie avec un tour de retard.

Dans cette course riche en dépassements, Fernando Alonso (Renault) a arraché la 4e place devant un groupe formé par Nick Heidfeld (BMW), Felipe Massa (Ferrari) et Lewis Hamilton (McLaren), qui a taillé dans le peloton pour remonter de sa 15e place initiale. Mark Webber (Red Bull) a pris le dernier point en jeu, le champion du monde 2007 Kimi Räikkönen (Ferrari) échouant au 9e rang à l'issue d'une course inégale.

Au classement du championnat du monde, les positions se sont resserrées puisque Lewis Hamilton ne possède plus qu'un point d'avance sur Felipe Massa. Robert Kubica, qui s'est plaint ce week-end d'être à peu près le dernier à croire au titre chez BMW, s'est rapproché à 14 longueurs du leader britannique alors que Kimi Räikkönen est rejeté à 21 points.

Le suspense règne aussi chez les Constructeurs avec trois écuries en 17 points : Ferrari (134), Ferrari (129) et BMW (117). Et Toyota partage désormais sa 4e place avec Renault. La sensation est que Toro Rosso, 6e, a doublé Red Bull : 27 points contre 26.

 
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