Eurosport
"Ce sera un défi"
Par
Publié 23/04/2009 à 16:45 GMT+2
Adrian Newey avoue avoir conçu la Red Bull pour fonctionner sans double diffuseur. Et greffer ce dispositif ne l'arrange pas du tout...
Eurosport
Crédit: Eurosport
Quelles sont vos impressions après cette victoire en Chine ?
Adrian Newey : Se réveiller le lundi fort d'un doublé donne toujours le sourire. Le résultat procure une super confiance à tout le monde à l'usine. Nous savons que nous pouvons aligner une voiture capable de finir 1 et 2, de surcroit en partant de la tête de grille, donc sans avoir bénéficié de problèmes d'autres. C'est une super récompense pour tout le travail fourni, pas juste nous mais aussi par Renault et nos autres partenaires techniques.
D'où avez-vous suivi la course ?
A.N. : De ma cuisine, chez moi, une partie du temps avec ma femme Marigold. Mais, à un moment, elle a trouvé ça trop stressant et elle s'en est allée dans une autre pièce. Plus tard, ma fille m'a rejoint. Des voisins sont venus dans les dernières minutes du Grand Prix, malgré l'heure matinale, et nous avons arrosé ça. Ça aurait été sympa d'être en Chine, mais je suis très content pour toutes les personnes qui méritent ce résultat.
Compte tenu des problèmes rencontrés plus tôt dans le week-end, étiez-vous inquiet que les voitures ne voient pas le drapeau à damier ?
A.N. : Nous étions relativement confiants et nous avons résolu ce qui s'apparentait un lot de pièces de transmission défaillantes. Mais il est impossible de tenir la fiabilité pour acquise. La dernière demi-heure de course a paru durer une éternité !
Comment la RB5 a-t-elle évolué depuis le début de la saison ?
A.N. : Nous avons modifié le diffuseur et l'aileron avant pour le test pré-Melbourne, ce qui a représenté un bon pas en avant. Puis, pour la Chine, nous avons introduit de nouvelles pièces, qui nous ont apporté un petit gain. Sur le sec, en qualification, nous étions derrière les Brawn en Australie et en Malaisie mais plus près en Chine, en considérant la charge d'essence. Notre set-up en Chine était quasiment le même qu'en Malaisie, le reste de la performance doit donc tenir au circuit.
Le résultat en Chine s'est fait sans double diffuseur. Est-ce moins important que ce que les gens pensaient ?
A.N. : Un double diffuseur offre indéniablement de la performance. Tout dépend de la façon dont on interprète le règlement et qu'on l'adapte à la voiture. Certaines équipes en ont plus tiré parti mais pour chaque d'elles ça vaut le coût de l'avoir.
Quand apparaitra-t-il sur la RB5 ?
A.N. : Etant donné le design de la RB5, ce n'est pas la chose la plus facile de le greffer. Nous travaillons dessus en même temps que sur le développement général de l'auto et il faut veiller à ne pas régresser dans un autre domaine. La Red Bull a un élément unique avec sa suspension à tirants (les autres monoplaces ont un système classique de poussoirs), ce qui est une bonne solution lorsque l'on n'a pas de double diffuseur. La faire fonctionner avec un double diffuseur sera plus difficile. Ce sera un défi. Nous n'aurons pas de double diffuseur avant le Grand Prix de Monaco.
Qu'avez-vous retenu des trois premières courses ?
A.N. : Le plus gros changement est l'ordre de la grille comparé aux dernières saisons. Les gros teams comme Ferrari, BMW et McLaren sont en retrait mais ils ne le resteront pas. Je pense que c'est rafraichissant et bénéfique pour la Formule 1. Ça suscite plus d'intérêt de voir des pilotes et équipes différents devant.
Les teams à gros budgets vont-ils vous doubler ?
A.N. : J'espère que non ! Avec un gros changement de règlement, c'est une opportunité pour les équipes ayant moins de ressources, mais qui sont plus intelligentes car elles résonnent en termes d'impact du règlement, et parviennent à des solutions plus intelligentes et une meilleure voiture.
Sur le même sujet
Publicité
Publicité